‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 67 sur 183 · DEUXIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RÉFLEXION

Demander à Dieu la fermeté dans ses résolutions, et un cœur purifié pour s'approcher de hii.

endez-moi, ô mon Dieu ! la santé de mon àme, et faites que je vous demande par-dessus toutes choses cette joie sainte que la vicissitude de tout ce qui se passe ici*bas ne sauroit ébranler ; je veux dire la joie de me voir délivrée de l'esclavage du péché et de me voir dans Tordre de votre divine providence et dans le chemin de mon salut. Mais, en même temps, confirmez dans mon cœur l'esprit de votre grâce;

j'entends cet esprit principal et principe de toutes vertus, cet esprit de force et de ferveur qui , après nous avoir rendu l'innocence , nous fait persévérer jusques à la fin dans la voie de vos comman démens.

Car, hélas! que deviendront toutes les promesses que je vous ai faites dans la peur et dans le danger, si votre miséricorde ne les fixe et ne les soutient dans mon âme, lorsque, pour me les. faire oublier, tant d'ennemis visibles et invisibles viendront me tenter par tout ce que la nature a de plus flatteur et de plus étonnant?

Seigneur, qui secourez le pauvre et qui prenez plaisir que nous venions à vous avec un cœur ouvert et plein de confiance, vous découvrir nous-mêmes nos misères et nos foiblesses et puiser dans la source de vos grâces la force et les médecines qui leur sont propres pour les guérir, trouvez bon que je vous ouvre les plus secrets replis de mon intérieur, et que, comme à ce miraculeux médecin dont les cures sont immau-

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qoables et qui même nous préserve souvent des maladies les plus contagieuses, je tous demande les remèdes et les préservatifs qui me sont nécessaires pour la sanctification de mon âme.

Alais faites, ô mon Dieu ! que je ne vous les demande pas avec un esprit et des dispositions contraires et rebelles à leur force et à leur vertu.

Préparez vous-même mon corps, mon esprit et mon âme, par la douce onction de votre grâce, à la visite de son maître et de son Dieu , avant d'y verser ce divin émétique qui doit produire sa guérison.

Car le moyen de m' approcher du Saint des Saints sans préparation, et de passer, tout d'un coup et sans conversion, du commerce des pécheurs à celui du Seigneur?

Faites-moi donc. Seigneur, connoître ma misère et mon néant, votre grandeur et votre charité, avant que de venir à ce divin banquet qui me doit être un festin de vie ou de mort.

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