‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 68 sur 183 · TROISIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

TROISIÈME RÉFLEXION

Sur les vertus uécessaires pour s'approcher de Jésus- Christ à l'exeniple de la Ghananée, de la Samaritaine et de la Madeleine.

pprenez-moi, par le trouble de mon esprit et le brisement de mon cœur, quelle doit être ma douleur d'avoir tant de fois offensé un Dieu si puissant et si bon, et dans quelle pureté de corps et de cœur je dois être pour recevoir ce divin hôte.

Le moyen de vous offrir un sacrifice pur et qui soit agréable à vos yeux, avec un esprit tout rempli des vanités du monde et un cœur tout occupé de sa passion ?

Le moyen de vous loger sans profanation dans la même demeure d'où à peine ai-je

chassé pour un moment vos plus cruels ennemis?

Enfin , le moyen qu'une pécheresse puisse se présenter sans pénitence et sansamour à la participation des méiltes de Jésus-Clmst crucifié pour elle, si, au lieu de s'unir avec lui par une communion sainte, elle ne veut commettre un sacrilège épouvantable • ?

Inspirez-moi donc un éloignement ferme de tout péché, des résolutions soh'des de m'abstenir de tout ce qui^eut vous déplaire, et des désirs passionnés de vous aimer uniquement.

Donnez-moi ce cœur contrit et humilié dont vous ne rejetez jamais les gémissemens ; je veux dire, Seigneur, inspirez-moi par votre sainte grâce ces mêmes dispositions avec lesquelles la pauvre Ghananée se vint prosterner à vos pieds.

I Otte phrase est inintelligible. Nous la reproatiisons textuellement d'après la i^e édition.

Regardez-moi quelquefois, en m'approchant de vous, comme cette humble étrangère ; j'entends , Seigneur , comme une pauvre chienne qui s'estime trop heureuse de ramasser les miettes qui tombent de la table où vous festinez vos élus.

Regardez avec pitié cette pauvre pécheresse qui, encore tout enflammée du feu de ses convoitises, vous demande, comme la Samaritaine, une goutte de cette eau vive avec laquelle vous étanchâtes tout d'un coup dans son âme la source et la soif du péché.

Mais surtout regardez- moi sans cesse comme Madeleine, et faites que, comme cette sainte pénitente, j'arrose vos pieds de mes larmes, et qu'en tâchant de vous aimer beaucoup, j'essaye d'effacer la multitude de mes crimes.

Au nom de ces trois saintes femmes que l'on peut dire être encore des témoins vivans de vos miséricordes envers nous, et qui nous apprennent quelles doivent être réciproquement nos espérances en votre

bonté, accordez-moi. Seigneur, avant que de m approcher de votre table sacrée et de participer à vos divins mystères, une foi vive, humble et constante, dans laquelle sont renfermés Taccomplissement de votre loi, et les fondemens inébranlables de mon salut.

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