Réflexions sur les réflexions de m. De Chateaubriand
Plus la réputation d'un homme est grande et justement établie, plus les erreurs d'un tel homme peuvent avoir de fâcheuses conséquences , lorsqu'il traite surtout de matières graves et intéressant toute une nation ; parce qu'on se dispense assez ordinairement d'examiner le travail de ceux auxquels on accorde aveuglément sa confiance: et certes, il est peu de personnes qui aient un droit aussi exclusif à celte confiance, que M. de Chateaubriand, qui a donné
de si belles preuves d'un taTcnt distingué et d'un véritable amour pour le bien.
Je dois donc, avant tout) déclarer que )'ai , pour l'auteur du Génie du Christianisme, la plus profonde vénération } que je lui rends Ta justice de croire que l'écrit qu'il vient de publier a été fait dans de bonnes intentions; que je n'ai point celle de le critiquer, mais seulement de relever quelques erreurs qui m'ont paru d'un intérêt majeur, et qui loi seront échappées, sans doute, dans la précipitation. Je ne vise point à l'effet en écrivant ces remarques sur un ouvrage, d'ailleurs très-sagement conçu; puisque je demeure sous le voile de l'anonyme , et que je ne veux' point blâmer totalement ce qtii a reçu l'approbation du meilleur et du plus éclairé
vif
desltois; mais je m'estimerais infiniment heureux si ce bon père , toujours occupé du bonheur de ses enfans, trouvait judicieuses et dictées par l'amour de l'ordre, les lignes que je vais tracer; ce serait une bien douce récompense : heureux si je pouvais l'obtenir !