PREMIÈRE RÉFLEXION
Des motifs qui ont provoque la publication de cette brochure.
J'ai cru devoir d'abord rendre compte des motifs qui m'ont déterminé à écrire ces observations, et faire connaîlre mon dessein, afin d'éviter le reproche qu'on aurait pu me faire, sans cela, de n'avoir eu d'autre
Lui que deme singulariser; en nre déclarant en opposition avec un ouvrage qui a déjà obtenu, en grande partie, le suffrage du public. Effacer ce que cet ouvrage, qui est cependant irès-conriliatoïre, conserve encore d'hyperbolique; donner des raisons et non des mois ; démontrer que quelquefois malgré elles, et pour ainsi dire, à' ïïnsu de leur volonté, les personnes les plus modérées sont entraînées vers le passé; prouver que cela est arrivé à M. de Chateaubriand lui-même; démontrer la nccossiléd'unot/Z'/i total, comme le Roi, qui avait tant et de si justes fujcis de récriminations, en a donné le premier l'exemple; tieber de convaincre les Français, quclqu'opinion qu'ils aient pu avoir autrefois; de quel qu'espèce qu'ail été la lièvre dont ils furent saisis dans ces instans de délire révolutionnaire dont nous avons été si miraculeusement délivrés, qu'il n'y aura de Mai bonheur pour eux que lorsqu'ils au-' ront perdu entièrement le souvenir du passé, qu'ils se rallieront autour du trône, et qu«
leurs nouveaux rapports dateront de ce-' grand jour du Jubilé politique; tel est le but que je me suis proposé.
On pourra, je le sais, rne faire le reproche que je fais moi-même aux autres de parler du passé, et me dire, avec une .apparence de raison : * Mais, pourquoi tous occupez-vous encore du passé, vous qui desirez tant qu'on l'oublie? - Je répondrai a ce raisonnement spécieux au premier aspect, en di.-ant : » Je mets le dernier appareil sur la blessure pour la cicatriser. »
On pourra ajouter : « Vous réveillez les.
choses que vous voulez assoupir, et vous perpétues, ainsi la mésintelligence et les contestations? ■ Je dirai à ceux-ci que mon ouvrage n'étant que le complément , le remplissage d'un autre ouvrage qui a produit beaucoup de bien dans l'opinion publique , je l'ai cm nécessaire pour l'explication de tout ce qui avait été omis sur cette matière, OU mal interprété J qu'enfin, on n'a jamais pu, ni en politique, ni en morale, empêcher les fâcheux effets de
l'enthousiasme et de l'en a géra ti on ; puis, comme je n'ai point écrit pour les enthousiastes elles exagérateurs, je me consolerai facilement de ne les avoir pas convertis; parce qu'on sait bien qu'il n'y a pas de plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.