SUR
A OPÉRER DANS LE SYSTÈME d'eNSEIGNEMENï ACTUELLEMENT EN USAGE DANS LES ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION PUBLIQUE DE LA VILLE DE NEUCUATEL ;
Par H.-E. GAULLIEUR, Fils, Avocat.
Les lois de l'éducation doivent ^re relatives aux principes du gouvernement.
Montesij. JEspr, des Lois, Liv. IV.
NEUCHATEL (Sui.e).
IMPRIMERIE DVEUGÈNE FAUCHE,
M DCCC XXIXi
Les lois de IVducation doivent elre relatives aux principes du gouvernement.
Montesq. Espr. des Lois, Liv. IV.
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La ville de Neuchâtel élève en ce moment un bâtiment magnifique, destiné à ses établissements d'éducation. Probablement les magistrats qui ont voté cette réforme dans notre instruction publique ont également préparé de grandes améliorations dans la partie intellectuelle et morale de notre système d'enseignement ; car entre une réforme , même partielle , dans les études , subordonnée à la condition de conserver les anciens bâtiments de notre collège, et l'importation des anciens abus dans le nouveau sanctuaire qu'on leur destine, les gens sensés et les amis du bien public n'hésiteront pas. Quoi qu'il en soit, c'est le moment, ou jamais,
d'entreprendre le grand œuvre des réformes et même des innovations. Déjà une commission est nommée pour cet objet.
Elle accueillera, dît-on, avec reconnaissance les vues qui lui seront soumises pour l'accomplissement de sa mission. C'est donc avec la confiance qu'inspire toujours le noble but d'être utile à sa patrie , que je viens soumettre à mes concitoyens les réflexions qu'a fait naître en moi la comparaison souvent réitérée de notre mode d'enseignement avec les systèmes étrangers que j'ai été à même d'étudier. Elevé en grande partie à Neuchâtel, je ne parlerai qu'avec connaissance de cause :
Ballotté sur ces mers, j'en connais les écueils.
Je n'ai ni le temps ni les moyens de donner à cet écrit une application suffisante pour faire un bon ouvrage sur un sujet qui, depuis si long-temps, fait l'étude des publicistes et des moralistes les plus distingués; cependant j'ai cru y apercevoir quelques idées utiles, et, m'oubliant moi-même, je n'ai voulu voir que le bien public.
Comme parmi nous l'instruction publique jouit d'une grande liberté, je ne serai point obligé de remonter aux premiers principes et aux développements que demanderait mon sujet , traité pour des pays moins heureux que nous sous ce rapport. Si le temps me l'avait permis , je me serais attaché à démontrer :
I .® Comment , les institutions humaines et la civilisation ayant changé , l'instruction publique ne doit pas rester stationnaire ;
2." Quels sont les \ices de notre mode actuel d'enseignement ;
3." Quelles sont les sciences qui , dans Tétat actuel de la civilisation , doivent faire partie d'un cours d'instruction ;