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Réflexions sur quelques mesures administratives concernant la police des inhumations

Ce principe inconnu dans sa nalure , mais appréciable dans ses phénomènes, la vie , (que le savant Bichat a definie : a L’ensemble des fonctions qui résistent à la mort, ® nous offre le spectacle d’une lutte incessante d’action de la part des corps extérieurs , et de réaction de la part de l’organisme: d’une part, tendance à la destruction, de l’autre, tendance à la conservati n. Après des efforts plus ou moins longtemps soutenus pour maintenir cet équilibre si nécessaire à l’existence, il arrive un moment où les rouages de l’admirable machine du corps humain viennent à manquer, soit par les effets de l’âge, soit par une cause accidentelle, et ('et équilibre se trouvant rompu , la vie s’éteint par gradation où instantanément. De là , la mort naturelle dite sénile, et la mort accidentelle ou par cause de maladie.

C’est un fait constaté par les physiologistes et les médecins, que la cessation de la vie dans nos organes commence

* Extrait tics Annale* Médico-Légales Belges.

toujours par les fonctions de relation, et que les fonctions organiques , placées sous la dépendance des premières , cessent ensuite et meurent les dernières. Alors, un autre ordre de phénomènes s’empare du corps privé du principe vital , c’est la décomposition des liquides et des solides , cette dissolution qu’on a appelée putréfaction , et qui, ainsi que nous le verrons par la suite, est regardée , avec juste raison , comme le signe le plus certain de la mort.

La succession des phénomènes dont nous venons de présenter une esquisse rapide, quelque triste qu’elle soit aux yeux de l’homme qui contemple la fragilité de son espèce, est digne au plus haut degré de la méditation de l’homme de science. En effet, quoi de plus beau , déplus grand , d<‘ plus admirable, que le mécanisme de la vie depuis l’état embryonnaire jusqu’au moment solennel où l'homme, subis saut la loi commune, paye à la nature son dernier tribut! Et alors que la vie a complètement cessé , l’étude des différentes phases par lesquelles le cadavre se réduit en poussière , est encore digne de fixer notre attention. C’est surtout sous le point de vue médico-légal et de l’hygiène publique, que cette étude est de la plus haute importance.

Notre intention n’est pas d’embrasser dans son ensemble cette vaste et intéressante question; nous voulons seulement nous occuper de ce qui est relatif à la police des inhumations, sujet qui a, de tout temps, éveillé la sollicitude des peuples , mais qui a acquis dans ces dernières années un intérêt nouveau par les récits, vrais ou apocryphes, de morts apparentes et de personnes enterrées vivantes, que les journaux politiques se complaisent a enregistrer dans leurs colonnes. L’opinion publique s’est émue à la lecture de ces faits , à l’idée douloureuse des tortures qu’ont dù endurer les victimes d’une fatale méprise , déposées dans un tombeau alors qu’elles vivaient encore. Le respect dû a la dépouille mortelle , le devoir de lui accorder la sépulture , et par-dessus tout, un sentiment bien naturel dicté par l’humanité, ont engagé les magistrats, que la chose concerne, en Allemagne et en Fiance surtout, à prendre des mesures administratives ayant pour but d’empêcher qu il ne soit procédé à l’inhumation avant que le décès n’ait été bien et dûment constaté. Dans quelques villes de Belgique , on

que le gouvernement prit des mesures générales à cet , égard et en cas d’affirmative, de lui soumettre un projet de règlement sur la police des inhumations. En attendant que l’honorable Compagnie décide ce point important de police médicale, nous nous permettrons quelques réflexions qui nous sont suggérées par les recherches que nous avons faites à ce su jet, et auxquelles nous avons été conduit par la nature tles fonctions que nous a confiées dans la ville de Bruxelles le magistrat chargé de l’élal-civil.

Nous nous estimerons heureux si nous pouvons contribuer à éclaircir la question et à faire adopter pour tout le royaume des mesures réclamées par la prudence et l’ordre public.

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