‹ Réformateurs et publicistes de l' Europe (volume 3)Chapitre 3 sur 24 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

soit du dedans, suit du dehors, celle de Ja société entière contre les membres et les parties isolées de la société, ou contre ses ennemis extérieurs. C’est pour cela qu’elle dispose des forces collectives du corps social. L’autorité n'est légitime qu’à la condition de rester lidèle à cette lâche; dès qu’elle la trahit, elle perd ses titres et se change en usurpation. Mais il y a plusieurs degrés dans la liberté. Celle de l’individu ne peut être fondée en dehors de la nation ; celle de la nation ne peut s’établir hors des conditions d’unité, d’organisation et d’indépendance qui constituent pour chaque peuple son existence politique. Pour réaliser ces conditions, il a fallu souvent la main du despotisme, et le despotisme a pu devenir, de cette façon, pour quelque temps, l’instrument do la liberté. C’est ce qui est arrivé, pendant le moyen âge, dans la lutte du pouvoir temporel contre le pouvoir spirituel, ou des emptreurs d’Allemagne et des rois de France contre la papauté. Kn apparence c’est la force qui s’élève contre l’idée, la matière contre l’esprit; en réalité, c’est le principe de la nationalité qui se dégage de la théocratie et qui prépare l’avénement de la liberté moderne. Ce n’est point là une vaine théorie, c’est uno loi de l’histoire que j’espère avoir mise en lumière par I les faits.

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