‹ Réformateurs et publicistes de l' Europe (volume 3)Chapitre 2 sur 24 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

recueillement au pied de voire chaire, a fait en quelque sorte, au moins pour une heure, le sacrifice de sa liberté, sauf à prendre sa revanche un peu plus tard : il suspend son jugement; il est plein de condescendance et de ménagement, parce qu'il pense qu’il est chez vous. Le lecteur, au contraire, se croit chez lui; il se figure, non sans quelque apparence de raison, que c’est vous qui l’avez cherché, que c’est vous qui êles venu vous livrer il sa discrétion et faire appel à ses lumières. 11 s'attribue donc tout à la fois l’autorité d’un juge et celle d’un maître de maison; et ces deux autorités, dans leurs exigences, ne sont pas toujours d’accord ; pour l’une il n’v a jamais assez de gravité, pour l’autre, il y en a souvent trop. Quoique le dernier de ces deux écueils m’effraye beaucoup moins que le premier, puissé-je être assez heureux pour les avoir évités tous les deux !

Je n’ai rien à changer ii la déclaration de principes, que j’ai placée en tète de mes Études Orientales. Il ne nie reste plus qu’à la compléter par quelques mots. Pour moi le droit n’est pas autre chose que la liberté. I,a liberté, selon l’idée que nous en donne notre conscience, selon l’enseignement qui ressort de l’histoire des institutions sociales et du spectacle des révolutions politiques; la liberté n’est pas une partie du droit, c’est le droit tout entier, c’est le principe et l’essence du droit. L’autorité elle-même n’a pas d’autre but ni d'autre raison d’être que d’assurer le maintien de la liberté, ou de défendre la liberté générale contre toutes les agressions

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