‹ Réforme de l'enseignementChapitre 22 sur 34 · LE CHAR D*E TRIOMPHE · texte numérisé non relu

LE CHAR D*E TRIOMPHE

Quand j’ai annoncé l’intention d’écrire dans les journaux pour y continuer l’exposé démon système et traiter des améliorations à apporter dans tout l’enseignement, je n’entendais pas par là être chaque jour sur la brèche pour repousser les attaques de Pennemi, ne sachant point alors avoir personne contre moi.

Pouvais-je croire en effet qu’ après l’accueil

LE SYSTÈME

bienveillant, qui m’avait été fait à Québec, et dans une que -tion du plus haut intérêt où la sympathie de tons semblait devoir m’êtro acquise d’avance, on eût attendu à six mois avant de m’attaquer? Comment n’aurais-je pas été surpris de voir des adversaires qui, par dédain , avaient pu se taire pendant si longtemps, sortir tout-A-coup de leur réserve?

Le mieux, je le sais, eut été de les laisser s’escrimer dans le vide avec leurs sabres do bois et de rire de leurs coups impuissants. Vouloir, comme je l’ai fait d’abord, répondre en détail à des articles mal écrits et mal pensés était certes leur faire beaucoup d’honneur. A ce compte-là, avec seulement dix pédants de leur trempe peu scrupuleux sur le style ‘(car ils ne le sont guères), je me serais taille de la besogne.

J;,ai donc bien fait d’en finir et de ne pas reconnaître plus longtemps au premier gratte-papier venu le droit de venir crânement, une plume d’oie à l’oreille, se camper sur mon chemin pour croiser le fer avec moi.

A mon humble avis, pour juger un système d’éducation, dont la base est la langue latine, il faut au moins savoir cette langue; et quiconque ne la connaît pas ou la connaît peu, doit prudemment se tenir à l’écart, s’il ne veut recevoir quelques horions.

Ceux-là seuls sont mes juges, qui ayant fait des études complètes, peuvent critiquer mes travaux en connaissance de cause et vous n’êtes pas de ceux là, M. Piérard ; vous êtes donc incompétent et vous me paraissez assez

POUR ET CONTRE

audacieux de refuser à ces MM. du Sémk inaire le droit de juger la question, quand vous, Piérard, qui ne savez pas le latin, prétendez pouvoir le faire.

Ah ! vous avez cru, en compagnie de votre ami Toussaint et du cher Beaurivage, vous coucher dans la poussière, à plat ventre sous les roues de mon char pour m’empêcher d’avancer; mais braves gens, si j’avance, vous serez écrasés. J’entends déjà craquer vos os; un sang noir et épais sort à gros bouillons de vos larges blessures et bientôt* . mais arrê¬

tons-nous, arrêtons-nous, ce spectacle navrant me touche profondément. Encore un peu et je pleurerais. Mais qu’y faire ? On peut vous dire comme à l’autre. Tu l'as voulu , Georges JDandin, tu l'as voulu 1 Que diable aussi alliezvous faire dans cette galère 1 Allons ! conscrits, la main au képi et saluez poliment, tout jeune qu’il, est votre maître à tous. Bans la bataille, 6aehez-le mes amis, on donne et on reçoit des coups, et celui qui ne tue pas est tué. Bans cette alternative, vous le comprendrez, je pense, j’ai mieux aimé vous tuer que d’être tué par vous.

Mais calmez-vous, calmez-vous, le bouillant Achille, comme vous l’appelez, est rentré sous sa tente : il n’en sortira plus que pour attacher à son char de triomphe le corps sanglant du Troyen vaincu. Spectateur désormais impassible des combats qui se livreront, il ne veut plus que préparer ses armes pour la grande lutte à venir. Patience ! patience î ça viendra !

LE SYSTÈME

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