‹ Réforme de l'enseignementChapitre 26 sur 34 · LES GRANDES OREILLES DE M. LAÇASSE · texte numérisé non relu

LES GRANDES OREILLES DE M. LAÇASSE

Monsieur Laçasse est professeur à l’Ecole Normale, et auteur d’une grammaire de Lhomond considérablement augmentée , lisez : considérablement embrouillée.

Hier, M. Laçasse était, paraît-il, venu à mon examen avec l’intention, je le suppose charitablement, de constater les progrès de mes élèves. Je dois l’en remercier.

Mais M. Laçasse ne sait pas tenir sa langue, et je viens d’apprendre par hasard que ce

LE SYSTÈME

brave homme, à mine de fouine , prétendait hier pendant la séance, j’aurais bien voulu le savoir alors, que mes interrogations étaient préparées et que j’aurais du faire interroger mes élèves par d’autres que par moi.

M. Laçasse vous avez pourtant de grandes oreilles ! D'où vient donc que vous entendez si mal ? Si vos oreilles étaient aussi bonnes que votre langue est méchante, elles vous auraient dit, cher homme, qu’à plusieurs reprises j'ai demandé au révérend M. Hamel, à l’honorable Cauchon, à l’honorable Ouimet et à d’autres, de les interroger et que ces personnes, qui vous valent, M. Laçasse, ont cru la chose inutile puisqu'elles ont refusé et qu’elles ont préféré suivre l’expérience.

M ais, M. Laçasse, il ne faut pas croire que vous en serez quitte à si bon compte. J’ai un vieux levain contre vous; et. si je sais être reconnaissant envers ceux, qui m’ont protégé, je ne lâche pas prise aisément quand je mets la dent sur quelqu’un. Demandez plutôt à, l’ami Piérard et au bon Toussaint.

M. Laçasse, vous n’êtes pas sans vous rappeller cette charmante visite que vous me fîtes jadis, pour m’offrir votre protection, sous le prétexte, qui le croirait ! que les Français n’ont pas bonne réputation par ici, et où... mais... Ne niez pas, j’ai des témoins. Yous trouviez mon système si remarquable alors que vous avez commencé par me dire : votre système et le mien c’est tout un.

Je vous soupçonne, M. Laçasse, d’avoir écrit contre moi ce sot article signé ; quand il vous

POUR ET CONTRE

plaira ] et j’aurais ét<5 fâché de ne pas vous démasquer. Je me moque de vous tout comme des autres et, vous le voyez, je ne prends pas de mitaines pour le dire.

Il me manquait encore une caricature pour mon musée ; M. Laçasse, vous êtes cette caricature. Venez par ici que je vous accroche. Tiens! vous avez justement une boutonnière à votre veste. Voilà un clou. Accroché .

(Extrait du journal 7e Canadien.)

Nous prions M. Leroy de croire que c’est par pure inadvertance que nous avons omis d’annoncer la séance littéraire qui a eu lieu hier au soir, à l’ancien bureau de Poste, petite rue Sainte- Anne, pour montrer à quels beaux résultats M. Leroy est arrivé avec ses élèves après seulement trois mois de travail. Voici le programme de la soirée :

1ère partie.

1* Explication générale de la méthode et distribution dans la salle d'environ deux cents exempl ai 1 es des différents travaux. 2° Terminaisons des déclinaisons, et ensuite les terminaisons étant écrites sur le tableau, les élèves en donneront la quantité.

3° Terminaisons des verbes. Indicatif présent et temps qui en dérivent, et ensuite ces terminaisons étant écrites sur le tableau, par conjugaisons, en donner la quantité.

LE SYSTÈME

4° Tei minaisons des verbes. Indicatif parfait. Supin et infinitif présent et temps qui en dérivent. En donner la quantité.

5° Marquer la quantité des vers tirés de l’épisode de Misas et Euryale, en donnant les règles de la quantité et, la quantité étant marquée, scander ces vers.

G° Composer quelques vers déjà faits en classe, en faire d’autres non encore composés.

2e. partie.

1° Temps primitifs des verbes qui se trouvent dans le thème de récapitulation, et dans les dix premiers numéros de la guerre des Hclvétiens. (Environ trois cents lignes de latin.)

2° Formation des temps à l’actif et au passif, et former ensuite à l’actif et au passif un certain nom ère de temps dérivés de quelques verbes difficiles.

3° Sur le français mot à-mot de la guerre des Ilelvéiiens, donner le latin. Cela fait, donne]1 la construction et le mot-à-mot sur le latin. Donner ensuite le lat n des mots , français pris au hasard et vice versa. Environ quatre cent cinquante lignes de latin, (César), Kègles de construction.

4° Faire des phrases françaises composées avec les mots qui sont dans les quinze pre miers numéros de la guerre des TIelvétiens.

5° Manière de se servir de mes travaux pour faire un thème et une version.

Parmi les personnes distinguées, qui assis-

POUR ET CONTRE

tnient à cette séance, on remarquait les messieurs suivants : Le Rec eur de l’Université, l’hon. M. Ouimet, l’hon. M. Cauchon, M. De lagrave, Recorder, l’hon. C. E. Panet, Réy. Père Rester, Rèv. M. Laliberté, les abbés Papineau, Matte, Trudel, vi. Giare, le Dr. II. Larne, J. Casgrain, M. P., ainsi qu’un grand nombre d’instituteurs et de parents des élèves, car il y avait salle comble.

Avant de procéder à l’examen des élèves, M. Leroy adressa la parole aux assistants et expliqua en quelques mots son système d’enseignement et montra quels résultats il avait obtenus depuis trois mois avec ses élèves dont le p'us grand nombre n’avait aucune idée du latin.

M. Leroy distribua ensuite les livres qui 80' t à l’usage des élèves et qui contiennent les méthodes du professeur, et après avoir expliqué successivement le sy tème de chacun de ces livres, les élèves furent interrogés eur les matières qu’ils avaient étudiées depuis trois mois. En somme l’assistance semble avoir été satisfaite des efforts déployés par M. Leroy et des succès inattendus remportés par les élèves.

(Extrait du journal V Evénement.)

L’assistance, qui se trouvait hier à la séance du professeur Leroy était, nombreuse et choisie. Tous ceux qui intéressent au progrès de

LE SYSTÈME

l’éducation dans notre ville et dans le pays, s’y étaient rendus. L’intérêt était piqué à un haut degré. Le système du professeur, faisant faire aux jeunes élèves des progrès extraordinaires en quelque temps, n’a pas manqué d’abord, on le sait, de soulever des critiques ; remis à neufdevan* le publie, il ressuscitait les commentaires favorables et défavorables.

La réun'on était choisie. On y remarquait M. Hame^ recteur de l’Université Laval, l’hon. C. E. Panet, Thon. M. Cauchon, Thon. M. Ouimet, S. H. le Recorder, le P. Resther, l’abbé Laliberté, les abbés A. Papineau, Matte et Trudel, M. Giard, le Dr. LaRue, M. F. X. Junot, M. J. Oasgrain, M. P., etc.

On a été fort surpris de voir les connaissances considérables acquises en trois mois par les jeunes élèves. Le professeur les a soumis à un examen sévère sur les branches qu’ils avaient étudiées, et tous ont fait preuve d’un savoir so’ide et raisonné.

Les partisans du nouveau système sont revenus enchantés du succès de l’épreuve, et ses adversaires déclarés n’ont pas pu s’empêcher de dire que le résultat était étonnant.

Le professeur Leroy, a annoncé que dans quatre mois il inviterait le pub'icà un nouvel examen, et que cette fois les élèves seraient assez ferrés sur le français pour ne pas faire une seule faute.

POUR ET CONTRE

Page 1