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DANS L’ENSEIGNEMENT

tion à faire, et nous y trouverions même de grands avantages ; mais il est constaté, du moins en France, que les élèves, même les meilleurs, et malgré la longueur des études, ne savent qu’imparfaitement le latin et fort peu le grec, quand ils sortent du collège. Et pourquoi cela ? C’est qu’au lieu de simplifier les méthodes, on a voulu conserver tout le passé sans tenir compte des besoins nouveaux et légitimes de la société. Car c’est une nécessité imposée par l’opinion publique qu’il faut donner un temps plus considérable à l’étude des langues vivantes et aux sciences, et tel est le sens dans lequel nous travaillerons en précisant ce qui doit être appris. *

Ainsi donc entre l’opinion de ceux, qui, par amour du passé, tiennent avant tout à ne rien changer au vieux système, et qui le considèrent, tel qu’il est, comme étant le dernier mot de renseignement ; et l’opinion de ceux, qui, par un excès contraire, et pour rendre, disentils, l’enseignement plus pratique, veulent supprimer entièrement l’étude des langues anciennes, nous croyons qu’il y a un juste milieu.

Vouloir garder l’ancien système, tel qu’il est et sans y rien changer, c’est ne pas tenir compte des besoins légitimes de notre époque ; c’est lutter en vain contre le sentiment général de tous les hommes, qui sans parti pris, étudient cette question. Notre époque si misérable à tant de points de vue, est grande cependant par les découvertes merveilleuses, qui ont été faites dans les sciences physiques

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et naturelles ; et l’étude approfondie de ces sciences est devenue une nécessité.

Vouloir d’autre part supprimer comme inutile l’étude des langues anciennes, c’est une tendance malheureuse mais réelle, qui, si on n’y prend garde, finira par prévaloir dans beaucoup de familles, parce qu’il est trop généralement admis, avec quelqu’apparence de raison, qu’un enfant, après de longues éludes, n’est plus apte aux affaires et qu’il est alors condamné, presque par la force des choses, à un petit nombre de positions sociales. De cette façon les études auraient pour conséquence de rétrécir son horizon et non de l’élargir. Qu’arrive-t il en effet? Tous les jeunes gens ^e précipitent vers les positions libérales, qui, dans l’économie de la société, r e doivent pas être encombrées. En sont-ils plus heureux ? Non.

Nous voudrions nous, deux choses : 1° que l’étude du latin devînt plus générale ; 2° que le temps consacré à cette étude ne dépassât pas trois ans. Car nous prétendons qu’étant donné un enfant de neuf à dix ans, d’intelligence moyenne, travaillant par jour, classes et éludes comprises, seulement trois heures, indépendamment des autres études, cet enfant peut en trois ans acquérir de la langue latine une connaissance complète et en tous cas parfaitement suffisante pour remplir dans la société n’importe quelle position.

Nous ne disons pas que les études ne doivent durer que trois ans; mais nous soutenons qu’à partir de sa quatorzième année ou

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plus tard il est utile de diriger l’enfant vers la position de son choix, en donnant une partie de sa journée à des études spéciales; l’autre partie restant consacrée aux études classiques. On évitera ainsi cette transaction si redoutable du collège à la vie d’étudiant.

Le latin doit cependant rester à la base des études. Car cette langue, formée sous l’œil de Dieu, pour être un jour la langue des chrétiens, porte en elle, comme cachet distinctif, la grandeur sévère et la force de ce peuple puissant, qui, par son organisation et ses lois, a laissé dans le monde tant de traces de son passage. Cette langue essentiellement métho* dique et naturellement sobre d’ornements superflus semble, dans l’agencement si régulier de ses phrases, n’avoir été faite (pie pour les choses sérieuses. C’est vraiment la langue de la raison. Mieux que toute autre, en effet, elle se prête d’une manière complète a l’analyse et il n’est pas de phrase plus facile à décomposer logiquement que la phrase latine, parce que n’ayant que bien peu d’exceptions elle n’offre point de ces tournures particulières à la langue française et dont il est si difficile à un enfant de se rendre compte.

Mais indépendamment de cette valeur intrinsèque, qui en fait la langue didactiquepar excellence et la’rend en tous pays si utile aux professeurs pour l’explication des principes généraux et philosophiques du langage, elle a d’autres avantages pour tous les peuples dont elle a concouru à former la langue : tels sont les Français, les Espagnols, les Por-

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tugais, les Italiens, etc., et nous allons jusqu’à dire qu’il est impossible à ces peuples de connaître leur langue à fond s’ils ne savent les langues anciennes. Cela est vrai d’une manière toute spéciale pour nous autres Français et nous ne sommes pas de l’avis de ceux qui veulent, (ils sont malheureusement trop nombreux) proscrire dans les collèges comme inutile l’étude du latin. Nous croyons, au contraire, que la langue française, pour être étudiée sérieusement, doit être mise en comparaison avec le latin et le grec, qui lui ont fourni non- seulement ses racines et ses mots techniques, mais encore un bon nombre de ses tournures.

Si en effet nous remontons de quelques siècles en arrière et que nous étudions les premières histoires, qui aient été écrites en langue vulgaire, nous pourrons nous convaincre que la manière des Joinville, des Froissard et des Brantôme tient beaucoup de la tournure latine ; et, si aujourd’hui ces tournures se sont modifieés, il n’en est pas moins vrai de dire qu’aucun de nos grands écrivains n’a ignoré le latin. Mais nous croyons d’un autre côté, et nous avons des raisons sérieuses à l’appui de cette opinion, nous croyons qu’en thèse générale, ces langues anciennes, que nous recccteinaissons comme indispensables à une bonne éducation, ne doivent être étudiées qu’autant qu’elles sont utiles à la formation de l’enfant et à la connaissance complète des langues vivantes. L’important est de préciser quel doit être le programme à suivre, et après

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quelles études on peut dire qu’un enfant sait suffisamment le latin et le grec. C’est ce que nous proposons de développer dans un ouvrage spécial où nous traiterons : 1° des professeurs, 2° des élèves, 3° des études ellesmêmes, 4° du temps à consacrer à chacune d’elles. Nous nous proposons aussi de dire un mot de la littérature canadienne, et nous serons heureux si nous pouvons contribuer à faire connaître en France des écrivains et des savants, qui sont appelés, nous en sommes convaincu, à illustrer leur pays.

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