FRANCE-CONTRE BELGIQUE
De deux choses l’une : ou j'ai tort ou j'ai raison. Si J'ai tort, j'échouerai et je mérite d'echouer ; si j'ai raison au contraire, comme jen ai l’intime conviction, vous aurez beau faire, je réussirai ct je mérite de réussir. Voià la question nettement posée et telle qu’elle doit être posée. Or, jusqu’à présent, de tout ce que j'ai avancé, vous ne détruisez rien.
Votre seul argument est de dire que MM.
Cloutier et Toussaint sont de mon avis. J’accorde que ces deux messieurs soient de grands professeurs, des génies même, surtout maitro Toussaint. Mais cela ne prouve rien contre moi, je suppose.
Vous ne voulez pas que je sois le premier à avoir posé le principe d’un enseignement rationnel; mais je le sais de reste. Il n'ya en effet qu'à parcourir l’histoire des pédagogues les plus célèbres pour voir qu’ils ont été de tout temps les ennemis de la mémoire et de la routine, dont vous êtes le champion ; mais, comme je le dis au bas de mon premier tableau de grammaire française, il ne suffit pas de poser un principe fécond pour qu'il soit réellement découvert, il faut encore par un travail acharné et une lutte sans repos en
rendro l'application possible. Or, je prétends que, sans mes travaux où sans des travaux du même genre, on est forcément obligé, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, de s'appuyer entièrement-sur la mémoire, ct c’est ce que vous faites.
Je ncdis que vous n'expliquiez pas les leçons, aux élèves (c’est bien la moindre des choses) ; je dis seulement qu’il leur est impossible, en suivant le système actuellement en honneur ot tel qu'il est appliqué, de se rendre un compte exact des règles de la grammaire et de lcur valeur réciproque avant un temps très-long. Do grâce ne me faites pas dire ce que je ne dis pas.
À vous entendre, je condamnerais absolument tout co qu'ont fait nos maitres et cela n’est pas. Je profite au contraire de tons leurs travaux, mais pour faire mieux, et de même que la branche sort naturellement de l’arbro qui l’a produite, de même je suis une des branches ct non une branche morte de l'arbre pédagogique. Plus que personne, je rends hommage à nos devanciers, mais non en restant dans l’immobilité.
Lt parceque ie travaille beaucoup pour les enfants ct qu'à c6 titro j'ai droit au respect de tous, je flagcllerai et je sabrerai sans pitié, tous les orgueilleux jaloux, qui se mettent sur mon chemin pour m'arrôter, dussenrt:-ils s’appeler Emile de Beaurivage. Ah! vous avez affaire À un rude jouteur peu timide, croyez-le bien, habitué à lutter dès son enfance, et qui ne comptera pas le nombre de-ses adversaires.
Quant au reste de votre art adaises et rien de plus, Monsieur parait douîcr qu'à Québee ii v ait vingt enfants intelligents! Qui aurait cru 00e parcille chose! Oh! C'est charmant | Onsieur veut que l'essai sérieux se fasse avec des ânes : autrement, ditil prétentieusement, quand même vos clèves dans un an feraient des progrès merveilleux, je m'inscris en faux sur le Jugement qui séra Jorté À la fin de l’année, Voyez donc | Eh bte Moi, Pierre Leroy de Franco, je mets au défi Jules Piérard de Belgique, de faire dans trois ans, et sans se Servir de mes travaux, même avec des e.: ants inte ligents, ce que je VOUX faire en moins d'un an avec des enfants ordinaires, Si VOUS étiez vraiment sage, M.
iérard, Comme je dit en t 3 Emile de Beaurivage, (Car vous savez le pro-
; Autremen£ dit
icle, ce sont des
verbe : asinus ASinum fricat Pour le français: nm sot trouve t sot qui l’admire), vous auricz le Courage d'attendro 16 résultat Pour juger ; vérité c’est que les lauriers de eMpêchent de dormir. On m
ernière à deu C°uChé, Pauvre Barçon ! Hélas, ‘trois fois hélas, vous n’êtos Pas Thémistocle ? Mais la sombre envic à l'œil timide et loue Par Chez vous. Elle déposé dans votre petit
crez la pre- » SOuvonez-
digne ami le bon Emile, jo dirais Comme lo
Et le Dieu continuant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs.
Bonsoir, M. Piérard.