UN DESCENDANT DES SINGES
Piérard est un grand corps, osseux, anguleux, mal bâti. Il y a dans sa démarche quelque chose qui rappelle involontairement un chimpanzé ou mieux encore un orang-outang ; et le célèbre Darwin, à bon droit jaloux de donner à l’homme une noble
origine, devait certainement compter dans sa
famille, quelque Piérard pour avoir eu la singulière idée de nous faire descendre en ligne directe de MM. les singes.
Piérard, Dieu merci! n’est pas un Canadien; la Belgique a eu l’insigne honneur de lui donner naissance et, à l’en croire, il jouirait même dans ce pays d’une grande réputation ; mais ici, au Canada, il était jusqu’à ces derniers temps parfaitement inconnu, quand Pierre Leroy ayant fait son apparition sur la scène du monde, Jules Piérard a cru que l’occasion était bonne de se montrer lui-même.
Piérard est un guerrier ! Il a chez lui, diton, tout un attirail de vieilles ferrures qu’il revêt solennellement en ses jours de bataille. Ah! il faut le voir avec son grand sabre de bois, son casque de pompier et cette chère