‹ Réforme de l'enseignement [microforme]Chapitre 31 sur 43 · LE CHANT DU CYGNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DU CYGNE

Piérard à un talent tout particulier pour deluyer sa pensée. D’un style filandreux et sans vigueur, il peut en deux pages dire ce qu'un autre dirait facilement en dix lignes; imais dans son dernier article intitulé : Ales adieux à M, Leroy, et que j'appellerai moi :

Le chant du cygne, il s'est surpassé. On voit qu'il prend plaisir à distiller goutte à goutte son tendre venin, et, tout heureux d'en être quitte à si bon compte, après avoir constaté que je n'ai rien inventé et que j'aurais dû le consulter pour faire quelque chose de bien, il me lance perfidement les phrases suivantes :

Le public, dit-il, vous saurait gre d'apprendre quelle part vous fuites à l'education dans votre ecole. Notre discussion aurait rassuré sous ce rapport les pères de famille Car nous leur aurions prouvé que tous les professeurs pensent que l'atmosphère d'ure ecole doit être religieuse.

Ah! vous leur auriez prouvé cela ! Eh bien moi! je vais leur prouver autre chose, ct, la gramimnaire en main, avec tous les professeurs, qui ne sont que des Piérards, je pense que les qui et les que en cascades, dont vous décorcez votre prose, dénotent en vous un noviée dans l’art d'écrire. Peut-on imaginer quelque chose de plus lourd, de plus obscur, de plus embarassé que cette phrase: Nous leur aurions prouvé que tous les professeurs pensent que l'atmosphère d'une école doit étre religièuse. Je commence donc, M. Piérard, par vous coiffer

RD D A AE ro EH EE

du bonnet d'âne; et maintenant à votre question je répondrai par une autre question.

Vous me demandez, bon apôtre, quelle doit être l’atmosphère d’une école ; et moi je vous demanderai : Est-il permis à un libraire de vendre à des enfants des livres, où, par tous les moyens possibles, où voit un père chercher à corrompre sa fille et, devenu professeur dans ce but, aller jusqu'à retrancher de l’histoire tout ce qui est beau pour ne lui présenter que le mal, Or j'ai en main un livre, imprimé à Bruxelles, qui a été vendu par un ancien libraire de cette ville, livre dangereux et mauvais, où sont entassées toutes les absurdités possibles, et je vous demande, M.

Piérard: Est-il permis à un libraire, avec ou sans le patronage du clergé, de vendre un livre de ce ger re. Question pour question, ma question vaut la vôtre.

J'en ai fini avec vous, M. Piérard, et je conclus en constatant que vous n'avez pu me trouver vulnérable qu’en un point, comme Achille. J'espère, M. Piérard, voir un jour, malgré vous, me= nom inscrit, en lettres d’or, entre les noms de Pestalozzi, de Jacotot et de tous les hommes qui ont sacrifié leur fortune et leur vie à l’éducation. Aucun d'eux à vingt-huit ans n'avait encore fait ce que j'ai fait.

Maintenant aboyez, hurlez, croassez; Pierre Leroy n'a pour vous que du dédain. Vous avez commencé par ce mot; et c'est par ce mot, avec plus de raison, que moi je dois terminer et que je termine. Adieu!

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