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LES GRANDES OREILLES DE M. LACASSEF

Monsieur Lacasse est professeur à l’Ecole Normale, et auteur d'une grammaire de Lhomond considérablement augmentée, lisez:

considérablement embrouitiée.

Hier, M. Lacasse était, paraît- il, venu à mon.examen avec l'intention, je’ le suppose châritablement, de ‘constater les progrès de

mes'élèves. Je dois l'en remercier.

Mais M: Lacasse ne sait pastenirsa languc, at je ‘viens: d apprendre par hasard que ce

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brave homme, à mine de fouine, prétendait hier pendant la séance, j'aurais bien voulu le savoir alors, que mes interrogations étaient préparées et que j'aurais dû faire interroger mes élèves par d'autres que par moi.

M. Lacasse vous avez pourtant de grandes oreilles ! D'où vient donc que vous eutendez si mal? Si vos oreilles étaient aussi bonnes que votre langue est méchante, elles vous auraient dit, cher homme, qu'à plusieurs reprises j'ai demandé au révérend M. Hamel, à l’honoruble Cauchon, à l'honorable Ouimet et à d'autres, de lex interroger et que ces personnes, qui vous valent, VW. Lacasse, ont cru la chose inutile puisqu'elles ont refusé et qu'elles ont préféré suivre l'expérience.

Mais, M. Lacasse, il ne faut pas croire que vous en serez quitte à si bon compte. J'ai un vieux levain contre vous; et, si je sais être reconnaissant envers ceux, qui m'ont protégé, je ne lâche pas prise aisément quand je mets la dént sur quelqu'un. Demandez piutôc à l’ami Piérard et au bon Toussaint.

. M. Lacasse, vous n'êtes pas sans vous rappeller cette charmante visite que vous me fites jadis, pour m'offrir votre protection, sots le prétexte, qui le croirait ! queles Français n'ont pas bonne réputation par ici, et où... mais... Ne niez pas, j'ai des témoins. Vors trouviez mon système si remarquable :10rs que vous avez coinmencé par me dire: votre système et le mien c'est tout un.

Je vous soupçonne, M. Lacasse, d’avoir écrit contre moi ce sot article signé : quand il vous

plaira; et j'aurais été fâché de ne pas vous démasquer. Je me moque de vous tout comme des autres et, vous le voyez, je ne prends pas de mitaines pour le dire.

Il me manquait encore une caricature pour mon musée ; M. Lacasse, vous êtes cette carivature. Venez par ivi que je vous accroche.

Tiens! vous avez justement une boutonnière à votre veste. Voilà un clou. Accroche.

(Extrait du journal Ze Canadien.)

Nous prions M. Leroy de croire que c'est par pure inadvertance que nous avons omis d'annoncer la séance littéraire qui a eu lieu

hier au soir, à l’ancien bureau de Poste, petite rue Sainte-Anne, pour montrer à quels beaux résultats M. Leroy est arrivé avec ses élèves après sculement trois mois de travail. Voici le programme de la soirée :

lère partie.

1° Explication générale de la méthode ct distribution dans la salle d'environ deux cents exemplaiies des différents travaux.

2 Terminaisons des déclinaisons, et ensuite les terminaisons étant écrites sur le tableau, les élèves en donneront la quantité.

8°'Terminaisons des verbes. Indicatif présent et temps qui en dérivent, et ensuité ces terminaisons étant écrites sur le tableau, «par conjugaisons, em donner Ja quantité,

Fo un ‘= ICS le Go le st Îs ui VA S ci 3° {in :

çe 4° ln [ri | 5° G] )

Te: minaisons des verbes. Indicatif parfait.

Supin et infinitif présent et temps quien dérivent. En donner la quantité.

Marquer la quantité des vers tirés de Pépisode de Nisus et Euryale, en donnant les règles de Ja quantité et, la quantité étant Inarquée, scander ces vers. Composer quelques vers déjà faits en classe, en faire d’autres non encore composés.

2e. partie.

Temps primitifs des verbes qui se trouvent dans le thème de récapitulation, et dans les dix premiers numéros de la guerre des Helvétiens. (Environ trois cents ‘lignes do Jatin.\

Formation des temps à l'actif et au passif, et former ensuite à l’actifet au passif un certain nomlre de temps dérivés de quelques verbes difficiles.

Sur le français mot à-mot de la guerr? des halrotibne donner le latin.'Cela fuit, donner la construction et le mot-à-mot sur le Jatin. Donner ensuite Île latin des mots

français pris au hasard et vice versäâ. Envi-

ron quatre cent cinquante signes de latin, (César). Règles de construction.

Faire des jhrases françaises compos ées avec les mots qui sont dans les quinze pre

micrs numéros de la œuerre des ITelv étiens.

Manière de se servir Ge mes travaux pour

faire un thème et une version. ‘

Parmi les personnes distinguées qui assis-

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taient à cette séance, on remarquait les messieurs suivants : Le Rec'eur de l'Université, l'hon. M. Ouimet, l’hon. M. Cauchon, M.

Delagrave, Recorder, l’hon. C. E. Panet, Rév. Père Rester, Rév. M. Laliberté, les abbés Papineau, Matte, Trudel, M. Giare, le Dr. If. Lerue, J. Caxgruin, M. P., ainsi qu'un gr: nd nombre d'inatituteurs et de parents des élèves car il y avait salle comble.

Avant de procéler à l'examen des élèves, M. Leroy adressa la parole aux assistants et éxpliqua ea queiques mots son système d’enseignement et montra quels résultats il avait obtenus depuis trois mois avec ses élèves dont le p'us grand nombre n'avait aucune idée du Jatin.

M. !eroy distribua ensuite les livres qui sont à l usage des élèves et pi contiennent les méthodes du professeur, et après avoir expliqué successivement le sy tème de chaeun de ces livres, les élèves furent interrogés sur les matières qu'ils avaient étudiées depuis trois mois. En somme l'assistance semble avoir été satisfaite des efforts déployés par M. Leroy et des succès inattendus remportés | par les élèves.

(Extreit du journal l'Événement.)

L'assistance, qui se trouvait hier à la‘séance du professeur Leroy était, nombreuse et choisie. Tous ceux qui s'intéressent au progrès de

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l'éducation dans notre ville et dans le pays, s’y étaient rendus. L'intérêt était piqué à un haut degré. Le système du professeur, faisant faire aux x jeunes élèves des progrès extraordinaires en quelque temps, n’a pas manqué d’abord, on le sait, de soulever des critiques ; remis à neuf devan' le publie, il ressuscitait les commentaires favorables et défavorables,

La réun'on était choisie. On y remarquais M. Hamel, recteur de l'Université Laval, l'hon. C. E. Panet, l’hon. M. Cauchon, l’hon. M. Ouimet, $. H. le Recorder, le P. Resther, l'abbhe Laliberté. les abhés A. Panineau, Matte et Trudel, M. Giard, le Dr. LaRue, M. F.X.

Junot, M.J. Casgrain, M. P., etc.

On a été fort enrpris de voir les connaissances considérables acquises en trois mois par Îles jennes élèves. Le professeur les & soumis à un examen sévère sur les branches qu'ils avaient étudiées, et tous ont fait preuve d’un savoir so'ide et raisonné.

Les partisans du nouveau système sont revenus enchantés du succès de l'épreuve, et ses adversaires déclarés n’ont pas pu s'empèêcher de dire que le résultat était étonnant.

Le professeur Leroy, a annoncé que dans quatre mois il inviterait le pub'icà un nouvel examen, et que cette fois les élèves seraient assez forrés sur le français pour ne pas faire une seule faute.

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