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sur ectte importante question üe l’enseiswnement qui est, pour ainsi dire, tont pour notre pays. Le professeur a trouvé, dans une page de Jules Simon, la justification et, dans Île succès auquel nous assistions, jeudi, la récompense de ses efforts. | ME, Jules Simon, dit-il, exposant de quelle “ manière defectucuse et iriationnelle se fait aujourd'hui une classe s'exprime ainsi :
& L'élève, dit-il, verra, ses camarades .à l'œuvre. Ces procédés de l'intelligence, ‘qu'il n'est point cupable d'observer directement en lui-même, il n'aura point de peine “a les suivre sur son voisin, cherchant tout haut devant lui. Dix bonnes copies lues en «lasse ne valent pas la vue immédiate d'un bon esprit, qui travaille à decouvert. L'ouviier n'apprend-il pas son métier en regardant travailler son patron et ses compagnons ?
“ Ainsi l'activité, le mouvement, Pattrait se substitugnt à la somnolence et à l'ennui, Où attend l'heure de Ia classe; on se s’y borne plus à écouter, on parle; et quand on écoute, c'est en se prépârant à payer soimême de sa personne.
Aujourd’hui, c’est à l'étude surtout qne l'élève travaille, puisque c'est là qu'il fait ses devoirs, et que dans la classe, il n’a plus qu'à écouter. La classe est surtout consacrée à la dictée des devoirs pour le lendemain et à la correction des devoirs de la veille.
L'elève y est purement passif. C’est moins une classe qu'ane-inspection, Le profe-seur
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“ s'assure qu’on à travaillé. La correction des ‘“ devoirs n'intéresse jamais que celui qui lit ‘sa copie; elle n’instruit pas les autres, et ‘ n’excite pas même leur attention. L’expli- ‘cation des auteurs est étouffée par la réci- ‘{ tation, la dictée, la correction, c’est à peine ‘“ si elle dure quinze à vingt minutes. Elle ‘“ devrait être le fond même de la classe; c’est ‘“ le seul moment, où l'élève -travailie réelle- “ment sous les yeux de ses condisciples et ‘ sous la direction de son maitre. Ce temps ‘ d'activité, qui est si peu de chose dans nos ‘ classes devrait être tout : ce serait la grande ‘€ réforme.—(JULES SIMON.)
‘“ Eh bien, cette grande réforme, qe ‘“ demande M. Jules Simon, je crois l'avoir ‘accomplie, ét, dans quelques minutes j'espère ‘“ Je prouver; mais je tiens, dès maintenant, à ‘“ vous faire sentir l’analogie qui existe entre
‘ mes idées et celles de cet homme si remar-
‘# quable comme professeur. Nous exprimons ‘ les mêmes pensées, lui dans une magnifique ‘amplification, moi dans une seule phrase ‘# que voici :
“ La méthode nouvelle diffère du système ‘actuellement suivi, en ce que le professeur, au “dieu de corriger des devoirs faits en dehors de ‘4 lui, préside au travail de l'enfant et peut ainsi “ résoudre ses difficultés à mesure qu elles se pro- ‘ duisent.”
Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il a établi à la lettre, à l'admiration des uns et à l’étonnement des autres, la vérité de sa
méthode et les promesses qu'il en. faisait attendre.
Après trois mois d’étude, des élèves, qui ne savaient pas auparavant un seul mot de latin, ont montré une connaissance parfaite de l'analyse grammaticale, des conjugaisons des verbes et des déclinaisons des noms, ont pu traduire César en français ct du français le remettre en latin, scander des vers, en montrant une connaissance surprenante de la prosodie, former même des vers, dont la construction avait été changée auparavant, et tout cela en vertu de règles dont ils avaient la parfaite connaissance et qu'ils énonçaient sur le champ. Ce résultat étonnera ceux qui n’ont pas vu, mais il est réel. Cependant tout extraordinaire qu'il soit, M. Leroy nous en promet un plus extraordinaire encore pour la fin de l’année, car ses élèves qui, outre le latin, savent déjà beaucoup de français, ont déjà vu toute l’arithmétique et commencé l’étude de la géométrie, auront à rendre compte de toutes ces matières d’une manière plus complète, dans un prochain examen.
Si nous ne nous trompons pas cet examen sera divisé en trois séances, une pour le latin, comprenant la traduction des poètes et des prosateurs les plus célèbres, sans en excepter le plus difficile de tous, Tacite; la seconde pour le français; la troisième pour l'arithmétique et la géométrie. Tout cela se sera accompli en huit mois au plus!
Après cette épreuve, si elle est aussi déeigive que celle de jeudi, comment nos grandes
institutions d'enseignement pourraient-elles rester indifférentes et continuer à rester dans l’ornière de la routine? Nous diroas plus, comment pourraient-elles y rester sans péril, surtout quand M. Leroy offre de mettre, en moins d’une semaine, les professenrs en état d'enseigner aussi bien que lui d’après son système et qu’il offre à tous ses services gratis. Un auditeur nous apportait, hier le calcul suivant, qui montre son esprit pratique :
‘ S'il est constaté que la méthode d’ensei- “ gnement Leroy est bonne et que, par le ‘“ moyen de son système, on puisse réduire les ‘“ études de la jeunesse de 10 à 6 ans, le pays “ bénéficiera, annuellement, de $48,000,000, “le nombre des familles canadiennes étant ‘ d'environ 800,000.
Cependant, il serait impossible de, prendre ces calculs à la lettre, parce que toutes les familles, tant s’en faut, ne font pas subi: un cours classique à leurs enfants. Aussi, £i cette économie d’argent pour le plus grand nombre des familles, est très-sérieuse, l’économie de. temps l'est bien davantage, non-seulement pour les élèves des cours classiques, mais encore pour les enfants des districts ruraux qui passent tant d'années dans les écoles élémentaires, le plus souvent sans presque y rien apprendre, et dont le Lan manuel serait d’une si grande valeur pour les parents,
Pour nous tous qui avons connu les longues et pénibles épreuves du cours classique le résultat de jeudi n’avait-il pas quelque chose
de ‘‘ yrodigieux ”’ et même d’incompréhensible j
Comme tout se fait en classe et sous l'œil du professeur, l’on s'est demandé ce que fera l'élève, dans les intervalles des classes. 1]! fera ce qu'il ne peut faire maintenant, il lira. Or, la lecture c’est les quatre cinquièmes de l’enseignement, car sans cet entretien soutenu de l'élève avec l’histoire, la littérature et la science, que vaut un cours classique ? Très-peu. Et aussi ceux qui se distinguent, après avoir laissé le collège, ne sont pas veux, généralement, qui ont fait les meilleurs thèmes, au point de vue des règles, mais ceux qui ont beaucr ap iu.