REMARQUE GÉNÉRALE
Des auteurs fort sérieux, etentre autresM. Henri Mathieu qui nous est apparu, dans son livre La Turquie et ses différents peuples, comme un penseur ami de l'humanité, semble douter dans son premier volume, consacré à l’ethnographie et à l’histoire des Ottomans, que les races soient susceptibles de transformations, et par conséquent il n’a pas confiance dans la réforme et dans l’avenir de l’Empire ottoman, témoin ces lignes:
« La diplomatie, pour prévenir une crise imminente, appelle en Orient la civilisation à son aide, et cherche dans son intérêt à l’inoculer aux Turcs, mais tous ses efforts jusqu a ce jour ont
été inutiles, et il est probable qu’elle ne réussira pas mieux à l'avenir. »
Nous trouvons qu’à cet égard M. Mathieu est plus fataliste que les Ottomans eux-mêmes : l’homme, quel qu’il soit, est perfectible; son agglomération en sociétés distinctes, ses défauts héréditaires sont réellement des forces de résistance dont l’intensité s’accroît avec le temps et sous l’influence de circonstances particulières, mais une race étant composée d’individus peut, comme les individus pris isolément, se modifier, bien que plus difficilement. Peu de chose suflit parfois à pareille œuvre : Dieu n’a qu'à envoyer son inspiration à un homme de génie qui, sultan ou grand-vizir, tiendra les rênes du gouvernement, et qûelques générations parviendront, grâce aux institutions nouvelles, à métamorphoser le monde oriental.
Quant à présent, chaque nationalité se lient sur la réserve. Nous ne saurions avoir la prétention de prouver aux parties intéressées quelles ont tort; l’esprit public n’est pas né en Turquie, il faut donc d’abord le faire naître, et comment?
En travaillant à formuler un Code civil unique, et une administration pourvue d’éléments de con-
trôle efficace à tous les degrés , sans distinction de race ni de religion.
Dans ce système le corps dés ulémas d’une part, et les communautés religieuses de l’autre , deviendront des corps exclusivement religieux.
Sous l’empire d’une loi unique et d’une administration contrôlée, les mœurs vénales des fonctionnaires se modifieront peu à peu, les idées d’isolement se transformeront insensiblement en habitude et en amour de l'union, d’où découleront tant d’avantages réciproques. Les nouvelles institutions, en un mot,, feront de nouvelles mœurs, qui refléteront leur esprit.
Nous verrons le développement et l’application de cefte pensée à chacune des divisions du travail qui va suivre.