‹ Réformes socialesChapitre 2 sur 67 · JI M! E FACE · texte numérisé non relu

JI M! E FACE

J'en étais le bras et la pensée : j'en tenais d'une main l'épée, de l'autre la plume; pendant que tout ce qui m'entourait le jour et la nuit m'était également hostile, ne sachant comment me frapper ; car même en dormant je veillais, et éveillé je les surveillais et déjouais leurs coups : chacun alors cachait le bras dont il aurait voulu me frapper.

Dans cette lutte que j'appellerai glaciale, il ne restait à mes intimes ennemis que la calomnie, et à leur gouvernement que la persécution.

Mais avec ma plume et ma résignation, je venais chaque fois à bout de triompher de l'une et de l'autre.

J'ignore si, sur la terre, il y a eu un homme, à cette époque, plus calomnié ou plus persécuté que moi ; j'ai, jusqu'à ce jour, le droit d'en douter. On verra, dans ce livre, comment j'ai répondu à ces deux sortes d'attaques officielles; et en cela je n'ai eu, en aucune occasion, le désagrément de calomnier personne, de tous ces agents ostensibles de la force secrète du gouvernement vaincu.

Dans la première partie de ce livre : Le Combat, j'ai dit la vérité sur les hommes de ce temps. Dans la seconde : Les Doctrines, j'ai démontré des vérités qui germent chaque jour pour la réforme de l'avenir; et aujourd'hui je vois défiler, devant moi, toutes mes idées d'alors sous un nom ou sous un autre; -j'assiste à mon ouvrage du fond de ma solitude, comme si c'était du fond de mon tombeau.

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