rue Bourlon
Introduction
La première édition de cette brochure m'a valu bien des encouragements, chose fort précieuse, je pourrai même dire indispensable en une question d'apparence aussi paradoxale que celle de l'accroissement des pluies en régions arides. Je tiens à en remercier chaleureusement les auteurs.
Parmi ces témoignages, il en est un qui m'est particulièrement précieux, c’est celui de notre ancien Gouverneur Général M. Lutaud. Voici sa lettre :
«Mont Saxonnez (Hte Savoie), 19 juin 1921,
«Cher Monsieur,
«Je vous remercie vivement de m'avoir adressé un exemplaire de votre brochure « sur la Création des centres de coordination atmosphérique et je l’ai lue avec l’in- «térêt passionné qu’elle mérite. Votre principe est d’une logique et d’une clarté aveu- «glantes. L'homme s’est rendu maître des lois qui président à l’agronomie sur terre, «et il laisse les lois célestes livrées à l'anarchie : il vit à leur égard dans un empirisme «singulier, dans une alternative mystérieuse de crainte et d'espérance. Pourquoi ne « pas chercher à les dominer à l’aide de lois physiques déjà découvertes et indiscutables…
« Votre système m'avait beaucoup frappé quand ÿ'ai eu l'honneur de vous faire «visite à T'énès, et je me suis efforcé de le mettre en relief. Une première commission « d’'hydraulique s’est montrée défavorable, je n’en suis pas surpris, et cependant elle à «était de bonne foi ; mais les meilleurs esprits sont parfois arrêtés par un scepticisme « à priorique ou par une timidité excessive. IT faut essayer, il faut faire des expériences ».
Je crois utile de noter ici que, dès 1911, M. le Gouverneur Général Lutaud, après \) lecture de mes mémoires sur la production des pluies, avait consulté les ingénieurs et ‘ Les forestiers de l’ Administration algérienne sur la valeur de ces écrits ; s’étant assuré
}av'aueune objection de principe n’avait été formulée dans leurs rapports, il me demanda en 1913 de dresser un projet d'aménagement de la Sebkha d'Oran. De là résulte que
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que je propose est d’une logique et d’une clarté aveuglantes et des essais s'imposent La valeur du Patent que le Gouvernement des Etats-Unis m'avait délivré était donc : pleinement confirmée.
Je crus, après avoir pris connaissance de cette lettre, que la cause était définitive.
ment gagnée, que des centres de coordination allaient être aménagés.
Pour en faciliter l'exécution, j’explorai divers chotts, je me mis en rapport avec des Chefs de Bureaux Arabes du Sud, et j’eus la chance de trouver dans celui de Dielja, un Administrateur tout disposé à tenter un essai dans le Zahrez Gharbi, M. le Commandant Gautier, auquel je tiens à rendre hommage. IT serait sûrement préférable, disait-il, d'accroître les pluies plutôt que de continuer à faire vivre les populations du Cercle de Djelfa de subsides administratifs.
Par lettre du 12 juin 1923, adressée à M. le Gouverneur Général Steeg, je m'offris à acheter, puis à prêter à titre gratuit, pendant trois ans, les 2.500 mètres. de voie Decauville et les wagonnets nécessaires à l'exécution économique successive de petits centres d’expérimentation de 10 hectares chacun, implantés à un millier de mètres des rives des dépressions, chotts, sebkhas, zahrez.
Dans ma pensée, les manifestations météoriques de ces petits centres de coordination — savoir : formation de temps à autre de massifs nuageux à leur zénith et même, par temps favorables, chute de quelques petites pluies — seraient suffisamment pro bantes pour que public et administration concluent à la création immédiate de vrais centres pluvigènes de quelques cents hectares de superficie.
Grande était mon illusion :
Comme colon sur le littoral dans la région de Ténès depuis 49 ans, j'ai eu à subir un grand nombre de mauvaises récoltes dues à l'insuffisance des pluies. Aussi m'étaisje attaché opiniâtrement à résoudre le difficile problème de leur accroissement, croyant ainsi faire œuvre éminemment utile, les deux cinquièmes de notre empire africain étant à l’état désertique.
Je n'avais point deviné qu’un jour un gouverneur, nouveau venu sur cette terre d'Afrique, affirmerait catégoriquement que les pluies étaient suffisantes en ce pays et que, pour parer à leur irrégularité, iln’y avait qu’à reporter au moyen de barrages-réservoirs les excédents des années pluvieuses sur les années de sécheresse. Telle est en effet la thèse soutenue par M. le Gouverneur Général Steeg dans le discours qu’il prononça à l’oued Fodda, le 10 novembre 1924.
En réalité, même sur le littoral, l’évaporation enlève pour le moins les trois quarts des précipitations atmosphériques ; et pour pouvoir emmagasiner le quart restant qui constitue le ruissellement, il faut trouver sur chaque oued de quelque importance des berges et un lit réunissant les conditions de sécurité voulues pour y établir un barrage, ce qui est chose fort rare. Rappelons que le barrage du Sig ne reçoit que la trente-septième partie de l’eau recueillie par son bassin hydrographique. |
D'autre part, les terres trrigables ne représenteront, après construction des Le rages, que le dixième des terres en culture et la soivante-deuxième partie du territoire constitué par l’ensemble du Tell et des Hauts-Plateaux, à l'exclusion des Territoires