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du Sud. Ces terres non irrigables, ces montagnes, ont tout de même quelque utilité | Il ne faut pas s’hypnotiser sur les parcelles qui peuvent bénéficier de l’irrigation, mais bien fertiliser l’ensemble du pays.
Sans doute trouve-t-on en Algérie des régions privilégiées bénéficiant de pluies suffisantes ; tel est le cas pour Alger, Fort-National, Bougie, La Calle. Mais ce sont là plutôt des exceptions : Le fait général est que les neuf dixièmes de l’ Algérie souffrent de l’insuffisance des chutes météoriques et que l’évaporation est beaucoup plus grande ici qu’en France, ce dont il faut tenir compte.
C’est pourquoi le rendement des céréales est aussi dérisoire et le cheptel ovin aussi peu important malgré l’immense étendue des pâturages du Sud.
J'aime à espérer qu'après la lecture attentive de la présente notice, l’ Administration algérienne estimera que les probabilités de succès sont largement suffisantes pour justifier des essais méthodiquement poursuivis.
Je compte aussi que tous les Français soucieux du prompt développement de notre empire Nord-Africain et des heureuses répercussions qu’il aurait pour la Mère Patrie, demanderont que des essais soient réalisés dans nos diverses Colonies à territoires arides : Algérie, Tunisie, Maroc, Afrique Occidentale, Afrique Equatoriale, Somalie.
Je dois noter qu’en Algérie il y a eu unanimité à demander que des essais soient faits : Les Délégations Financières, les Conseils Généraux, les Chambres d'Agriculture, la Presse, en janvier 1928 le Congrès de l'Eau, tout récemment enfin la Société des Agriculteurs de l’ Algérie, ont émis des vœux favorables à l’expérimentation.
Un coup d’œil jeté sur la carte n° 1 insérée dans la présente brochure permettra de se rendre compte de l’importance considérable que présente pour le monde entier, et particulièrement pour la France, la résolution du problème des pluies. A l'arrière, en effet, de la bande littoralienne de 150 kilomètres de profondeur, déjà colonisée bien que souffrant fréquemment de sécheresses, s’étalent sur plus de 2.000 kilomètres de profondeur des régions très arides, recevant moins de 200 millimètres de pluie par an, qui ne seront conquises à la culture qu’en accroissant systématiquement les chutes météoriques dont elles bénéficient.
Ceci dit, abordons notre sujet.
SOPElPSERRPREULES
Influence de la latitude
Le soleil est le grand ordonnateur des pluies, tous les faits recueillis par les météorologues tendent à le démontrer. Voici les plus notables :
C’est à l’équateur même, là où il s’élève au plus haut dans le ciel, là où ses rayons sont les plus ardents, que les pluies sont les plus abondantes, leur régime le plus régulier. Les régions équatoriales comprises entre les parallèles huit degrés Nord et huit degrés Sud ignorent, en effet, les années de sécheresse : les pluies s’y distribuent sur tous les mois.de l’année et elles sont fréquentes.
Fait non moins significatif : Sauf retard dû à l’emmagasinement du calorique solaire dans les terrains, emmagasinement qui entraîne un décalage plus ou moins important, le parallèle qui reçoit chaque jour le maximum de pluie est celui qui a le soleil à son zénith. L’aire de surchauffe terrestre de chaque jour est l’aire à pluie maxima ; toutes deux suivent le soleil dans sa course apparente d’un tropique à l’autre.
L’astre du jour passant deux fois par an au zénith des régions situées entre les tropiques, beaucoup de ces régions bénéficient de deux saisons pluvieuses qui se rapprochent d’autant plus l’une de l’autre que l’on est moins loin d’un tropique ; là elles se confondent, il n’y a plus qu’une saison de pluies. « La régularité des « précipitations météoriques dans certaines régions tropicales durant la saison hu- 4 mide est extraordinaire. Dans certaines villes du Brésil, elle est presque chro- «nométrique ; le phénomène se produit surtout un peu après le maximum ther- «mique de la journée : la vie civile est forcée de modifier ses habitudes en raison « de cette régularité climatérique.» (1)
Dans la zone tempérée, cette même coïncidence des maxima de pluies et des maxima de chaleur se poursuit en bien des lieux. C’est en été, et seulement pendant cette saison, qu’en certains points des pluies régulières se reproduisent chaque jour pendant deux et trois mois consécutifs. Ces lieux d’élection sont d’ailleurs tous situés sur de hauts massifs montagneux ; nous en dirons plus loin la raison, elle justifie pleinement notre thèse générale.
(1) BERGET. — Physique du Globe et Météorologie, p. 804.
Goes
Les précipitations météoriques vont en diminuant à mesure qu’on s'éloigne de l’équateur Cela résulte nettement du tableau dressé par de Martonne dans son magistral
« Traité de Géographie Physique », page 108, pour l’ensemble de lhémis-. phère Nord.
Latitude T'emp. moyenne Pluies moyennes Pauateurs. 5, taie eme 0° 2608 1950 millimètres 200 2592 820 — 409 140 530 — 60° — 10° 480 — 800 — 1607 350 —
Il n’en est cependant pas de même dans l’hémisphère Sud aux hautes latitudes: . mais cette exception est amplement justifiée par l'immense prédominance des nappes d’eau.
Latitude Temp. moyenne Pluies moyennes
HOUAEUT UNS, act O0 2603 1950 millimètres 20° 230 750 — 400 120 940 — 60° — 007 1020 —
Cet accroissement de pluie en se rapprochant du pôle antarctique est dû à l’étendue énorme des surfaces d’évaporation. Le rapport des eaux aux terres va en croissant de façon démesurée ; du 40° degré de latitude Sud au Cercle Artarctique, les parallèles géographiques ne traversent que peu de surfaces continentales, savoir : la Patagonie, la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie. La surface des terres, qui était de 5 % à la latitude de 400 par rapport à celle des eaux, devient nulle au Cap Horn :; et c’est pourquoi, malgré que les températures s’abaissent, les précipitations météoriques augmentent en avançant vers le pôle austral.
L’abondance des chutes météoriques dépend donc et de l’intensité de la chaleur solaire, et de l’étendue des surfaces d’eaux.
Un exemple particulièrement remarquable de la diminution des chutes météoriques en remontant vers le Nord nous est donné par le Groenland. Nous l’empruntons au (Traité Elémentaire de Météorologie » d’Angot, page 234 :
Latitude Haut. moy. des pluies Iviktut à la pointe méridionale ........... 61° 1220 millimètres COAST 640 650 — Upernivik ....... DR ne DA ee en ME Te 780 227 —
Nous avons ici deux influences prédominantes mais opposées : le Groenland n’est qu’un immense champ de névés et de glaces ; c’est le plus grand condensateur du globe terrestre, aussi les chutes météoriques y sont elles très importantes. Mais en même temps se fait sentir la moindre ardeur des radiations solaires en s’avançant vers le pôle ; les chiffres ci-dessus donnent la résultante de ces deux influences,
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Après avoir relevé, pour l’ensemble de la terre, dans quelle mesure les pluies diminuent à mesure que la hauteur maxima du soleil décroît, voyons quelle est pour une localité déterminée l'influence de l’obliquité plus ou moins grande des rayons solaires d’une heure à l’autre des journées.
Distribution horaire des orages à Paris
« La distribution horaire des orages, tout comme leur distribution géogra- « phique, met en évidence le rôle prépondérant de la température. Presque partout «les orages sont les plus fréquents dans la partie la plus chaude de la journée. Si « l’on répartit toutes les observations relevées par exemple à Paris de 1876 à 1895 «en huit périodes de trois heures chacune, commençant à minuit, on trouve que, «sur un total général de mille observations d’orages, il s’en présente le nombre «suivant dans chaque période :
UD 9 N......,......::.. 52 dérmidia 15h... MORTE 242 RO 40 (a LEA 5 A ES PRE A RAT 304 D 2... ... 43 PEN SE 22 li à PAR EU nt NE PRO 7 É 3 -
D OI e .......:........ 53 délit AmnUue eee Cr 98 (1)
Ainsi qu’on le voit, de midi à 6 heures du soir, soit en six heures de temps, grâce au calorique emmagasiné dans le sol nous notons 546 orages, tandis que de six heures du soir à midi, soit en dix-huit heures, nous en notons seulement 454, bien que le nombre d’heures soit triple.
Quantités horaires de pluies à Paris
Si, au lieu de considérer le nombre d’orages qui éclatent aux diverses heures de la journée, nous comparons les quantités de pluies, Angot nous apprend, page 220 de son traité, que le quantum recueilli à Paris, de trois à six heures du soir, est plus que triple de celui constaté entre six heures du soir et neuf heures du matin. Ici encore se manifeste, en même temps que l'influence de la hauteur du soleil, le retard dû à l’emmagasinement de la chaleur solaire par les terrains et par l’atmosphère ; c’est là un fait absolument général, et nous verrons en quelle sérieuse considération ce phénomène doit être pris. Nul n’ignore d’ailleurs que ce n’est point à midi, alors que le soleil est au plus haut dans le ciel, mais bien vers deux heures de l’après-midi, que la température de l’atmosphère atteint son maximum, ce qui est dû à cet em-
magasinement.
. Heures plus tardives d’éclatement des orages à mesure que le soleil est moins haut à midi Dans les régions bénéficiant d’une saison de pluies quasi quotidiennes, l’heure
d’éclatement des orages est d’autant plus tardive que le soleil à midi est plus bas. C’est ainsi qu’à Tananarive le R.P. Colin, dans une conférence faite à Maurice, in-
dique les heures ci-après :
(1) ANGOT, — Traité Elémentaire de Mééorologie, édition 1899, p. 339,
Te Ne
«En décembre les orages éclatent entre 2 et 8 h. de l’après-midi.
« En janvier — 4et 5h. — « En février — 5et 7h. du soir.
« En mars et avril — 7et8h. —.
«A mesure que la saison pluvieuse approche de son terme, les orages se for- «ment de plus en plus tard.» (1) Et en effet, la période d’incubation, autrement dit le nombre d’heures nécessaires pour que les terrains s’échauffent suffisamment et échauffent eux-mêmes suffisamment l’air et le contraignent à monter assez haut dans le ciel pour atteindre la phase de saturation et donner la pluie, sera d’autant plus considérable que le soleil sera moins haut lors de son passage au méridien de la localité.
Souvent entre les tropiques les pluies ne deviennent importantes qu'après
le deuxième passage du soleil au zénith
Les pluies, en bien des régions intertropicales, ne commencent qu’au deuxième passage du soleil au zénith ou, plus exactement, leur contingent ne prend quelque importance qu'après ce deuxième passage, c’est-à-dire alors que la terre, ayart emmagasiné une grande quantité de calories, est devenue chaude par suite del ’accumulation qui s’est produite depuis le premier passage.
Soit une localité située entre le tropique du Cancer et l’équateur : Entre le second passage du soleil au zénith et le premier de l’année suivante il s’écoule plus de six mois. Durant ce laps de temps la terre se refroidit, les pertes étant supérieures aux gains. Le soleil, en effet, s’éloigne au-delà de l’équateur jusqu’au tropique du Capricorne et ce n’est qu’à son retour à l’équateur que les gains excèdent les pertes.
Exemples donnés par la planche I
Aïnsi, comme on le voit planche I, c’est le 11 juin que le soleil passe au zénith à Assekren et ce n’est qu’en juillet, à son deuxième passage, que commencent les pluies.
À Tidjikdja le soleil passe une première fois au zénith le 14 mai et une seconde fois le 30 juillet. Ce n’est qu’en juillet que les pluies sont un peu notables ; elles atteignent en juillet et en août près de 40 millimètres par mois, alors qu’en mai et juin elles ne dépassaient pas 4 millimètres.
Tombouctou nous donne des conclusions du même ordre : Le soleil passe au zénith une première fois le 7 mai, une seconde fois le 6 août. Pendant chacun des mois de juillet et d’août les pluies atteignent 95 millimètres contre 0 m/m en avril, 8 m/m en mai et 18 m/m en juin.
Inutile de citer d’autres exemples ; il suffit de consulter les deux planches.
(1) «Annuaire de la Société Météorologique de France», juillet 1920, p. 217,
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Observations de M. Julien Loisel
Dans sa thèse sur «les relations des Phénomènes Solaires avec la quantité de Chaleur reçue à la surface du Sol», soutenue en 1908 devant la Faculté des Sciences de Paris, M. Julien Loisel dit, page 60 : «l’automne bénéficie d’une température «moyenne supérieure de 2 degrés environ à celle du printemps, bien qu’il reçoive «une moins grande somme de chaleur » et plus loin, page 63: «le maæimum de chaleur « solaire parvenant réellement au sol éprouve un décalage qui le refoule à la fin de « juillet, le faisant ainsi retarder d’un mois sur le solstice d’été. »
Ces deux faits attestent l’importance considérable qu’exerce sur la température.l’emmagasinement calorique par le sol et l’atmosphère.
L’on voit par là qu'il est essentiel de ne pas laisser refroidir un pays, autrement dit de ne pas le laisser s’assécher ; il faut réduire l’intensité du rayonnement nocturne afin de ne pas rendre ce pays plus rebelle à la production des pluies et plus inapte, par suite, à se boiser.
De tout ce qui précède résulte que des contrées entières sont privées de pluie pendant un mois et plus en raison de la trop grande perte hivernale de calories due à une atmosphère trop aride, aridité que l’homme accroît en desséchant les lacs, ajoutant ainsi son action nocive à celle exercée par la nature depuis des millénaires.
Influence du rayonnement vers le ciel
Une confirmation de cette théorie nous est donnée par ce qui se passe en Algérie, lorsqu'on compare la distribution des pluies en hiver et en été sur le littoral et dans l’intérieur :
Malgré la forte humidité de l’air en hiver, même à grande distance de la mer, les pluies sont très minimes dès qu’on s'éloigne de plus d’une centaine de kilomètres du rivage ; en été tout au contraire, elles sont, malgré l’extrême sécheresse de l’air, un peu moins rares en diverses régions du sud que sur la côte.
Cela tient à ce que pendant l’hiver le sol est trop refroidi, dès qu’on est à plus d’une centaine de kilomètres de la mer, pour qu’il puisse contraindre l’air à monter assez haut dans le ciel pour atteindre la saturation ; tandis qu’en été, sur les hauts-plateaux surchauffés, l’air pourra arriver d’autant plus facilement à saturation que ces hauts-plateaux se trouvent à une altitude plus élevée.
L'examen des chiffres ci-dessous justifie notre dire. Voici quelles sont les pluies totales pour juin, juillet et août, d’après divers documents du Service Météorologique : Tadjemout 92,5 ; Sétif 87,9 ; Gotia 84,4; Ampère 84,4; Kheider 83,9 ; Aflou 82,6 ; Coligny 77 ; Géryville 64,1 ; Djelfa 60,3; Laghouat 56,8; Batna 56,6, ; Aïn-Mimoun 54,9 ; et d’autre part sur le littoral : Bône 41,8 ; Philippeville 61,2; Alrer 22,9; Oran 11,1.
Il y à lieu de tenir compte des influences locales qui sont parfois prédominantes C’est ainsi que Tadjemout, qui vient en tête du précédent tableau pour le chiffre des pluies en juin, juillet et août, contitue une véritable ébauche de centre pluvigène par les dispositions de son relief, de ses constructions et de ses cultures. Tadjemout signifie da pluie » en langage indigène, et cette localité mérite bien son