INTRODUCTION
Utf Jriois s*est déjà écoulé depuis qu'une accusation , la plus grave peut-être qui ail jamais été portée édntre ce qu'il y a de plus respectable dans ta sooiété/ est venue épouvanter les amis de là religion. En vam ils ont attendu que le ministère publie , justement , effrayé des terribles conséquences qui résisteraient y pour tous ïes Français,, des prétendues révélations de M. de Montiosier y fit une enquête pour s'assurer de la vérité, ou que lé clergé, sur qui planent tant d'odieux soupçons > appelât là viudicte des lois contre un homme qui s'est pOrrtoïs envers lui d'aussi violeus outrages ; le ministère public , sans doute par respect pour la liberté de la presse» laisse circuler libre -
(6) ment le Mémoire qui renferme ces révélations , et le clergé n'a pas jugé à propos de réclamer contre ce qu'il sait être des impostures. Que doivent penser alors les sincères amis de la vérité? Doivent-ils abonder dans le sens de M. de Montlosier? Ou parceque l'accusé n'élève pas la voix pour protester de son innocence, doivent -ils croire que ses réponses seraient impuissantes pour l'absoudre aux yeux du public? Non, ce silence est ici d'une éloquence sublime ; il parle assez haut pour qu'on ne puisse pas s'y méprendre. Quand il aurait pu confondre son fougtfeux adversaire et le faire rougir de confusion.} quand il aurait pu arracher de ses m$ins la couronne <jue le parti an ti- catholique lui a dçceirnéé, en récompense de son livre , il a gardé ua silence profond , et, à l'exemple de son divip rpo^èje , il a essuyé, sans se plaindre, les nouvelles attaques qui lui étaient réservées. II serait moralement impossible qu'un corps uniquement çprnposé d'hommes ambitieux, comme ,1e suppose M. de Montlosier, endurât avec tant de, calme le poids d'une accusation . aussi grave , si elle était fondée. Aux misérables diatribes de leur accusa-
(7) teur , ils auraient répondu par des déclamations peut-être plus misérables encore.
Mais ce calme avec lequel le clergé à écouté les griefs qu'on lui reproche , ne doit-on pas le reconnaître comme un témoignage de son' innocence? La résignation dans les orages qui tourmentent notre existence ne serait donc plus le* seul partage de celui qui possède une conscience pore? J'aime à croire que dans cette circonstance le clergé français a jeté les yeux sur celui que' VoA accusait également de conspirer dans Israël,' et qu'il s'est contenté de ce trait de ressemblance,' Four moi, Paccusation est si forte, qu'au lieu de ro'ébranler, elle a fait dans mon esprit un effet tout contraire, et je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle a fait plus de partisans au clergé catjiolique qu'il n'en, avait espéré lui-même de déserteurs. En général, personne n'aime l'exagération : on la trouve ridicule, et elle compromet celui qui s'en sert mêttte dans la meilleure canse: C'est .bien plus encore qtfatid ôfi lui donne pour auxiliaire la calomnie; alors l'indignation se soulève, et toiit ce 'qui '-esc <îoué de, quelque raisotot feit une prompte justice du délateur. •
Si M. de Montlosier se fut contenté d'attaquer l'introduction des jésuites daps n^tre pays ; s'il eût réservé ses armes contre celte ccmpaguie, dont l'existence légale peut encore y être conrtestée, je n'aurais point élevé. ma voi* pouir réfuter ses moyens d'attaque. Sans doute il est permis à tout citoyen d'avoir son opinion sur un corps qui a rempli le glqbe entier de son nom, et qui, à coté des services immenses qu'il à rendus à la religion et aux sciences , a pu , comme toutes les institutions humaines , produire quelque mal («car qui ne sait qi*e le mal ici bas est partout à éj5Éé du biety) ; mais encore ce mal pourrait bïen n'être que h feiit.de quelques-uns de ses membres qui se montraient infidèles à leur vocation. Certes, ee n'e$t pçs mq\ qui contesterai jamais à op écrivain le droit d'émettre un sentiment quelconque sur les avantages ou le* inconvéniens qui resteraient de la reconnaissance des jésuitea en France* Je les ai combattus ipoi-mêm*» tant que faL croque leur présence pourrait nous èuie funeste; mais là* attaques; pleines d'aigreur dontik'sont L'objet/ de lu part de quelques écrivains qui n'adoptent puis les croyances; catholique* ; mais 1» progression
(9) que j'ai remarquée dans la marche des aggresseurs, m'ont fait comprendre que c'est moins au jésuitisme qa'ils en veulent, qu'il la religion elle* rajême , et j'en trouve la preuve dans ^ouvrage même de M. de Montlosier, qui ne s'arrête pas à designer les jésuites comme des conspirateurs , niais c}ui leur assimile tout le clergé français, ne craktf, pas de déverser le blâme sur une masse imposante d'individus qui commande le respect , et ne s'inquiète pas si son ouvrage attirera le mépris sur ceux qu'il accuse. Cependant du mépris 7 des prêtres à celui de la religion il n'y a qu'un pas : oïl ne vénère guère une institution qui n'a pour ministres que des hommes fourbes ou ambitieux. JJt quand là religion est ainsi attaquée dans sa base, qnajad on verae la calomnie ^ur ce quelle a de plus saint , ceux qui sont sincèrement attachés à cette rfeligioci divine, doiventob demeurer daqs une coupable inaction? Ne doivent -ils pas plutôt, quelque< faible* que soient lèucstateos , s'armer du, glaive de la foi, et venger la religion des outrages de l'impiété?
Mais qu'on ne s'y trompe pas ; la réfutation que j'entreprends du livre de M, de Montlosier