PIÈCES JUSTIFICATIVES
Plan poUlique de Mirabeau. ,
Si Ton entend par le mot parti, une coalition systématique d'iiomines qui, d'accord sur les bases principales, se tolèrent et même s'appuient réciproquement dans tontes les choses de dé> tail, et mardient solidairement et fidèlement à un m^me but, U n'y a de parti ni dans l'assemblée ni dans la nation.
Si l'on entend par ce mot parti, les amis on les ennemis de la révolution, on se tromperait de n'en compter que deux. Il en est quatre:
Ceux qui veulent la révolution sans bornes et sans mesures, £inte d'instruction et de principes, et qui transportent dans la constitution toutes les méfiances nées d'un ordre de dioses sans constitution ;
Ceux qui sans bonne foi comme sans esprit, croient ou feignent de croire au rétablissement de l'ancien système;
Ceux qui ne voulaient pas de révolution, mais qui aujourd'hui comprennent qu'elle est faite et veulent de bonne foi la circonscrire et la consolider ;
Ceux enfin qui ont toujours vonln la révolution, mais sans être envieux du temps et en désirant de la mesure,-des gradations, et une hiérarchie pour l'intérêt même de la liberté.
Celte dernière classe gouvernera à la ûu les opinions cl les
474 PIÈCES jusTiFicATrm.
affilires, du moins si la décomposifion p^énôrale ne range pas ses vœux et ses projets parmi les nombreux rêves des j^ens de bieu. Elle peut aisément se coalitionner avec la précédcate; mais il ii*ezist« plus de point central.
Tous les liens de l'opinion sont dissons. Elle ne sait plus où se rallier. Les excès des ministres ont travaillé si long- temps i démonarchiser les Français qu'ils y sont parrenus. Pour pallier tous les manques de respect , toutes les indécences de l'indiscipline, toutes les utopies de la licence, on isole la cause de l'autorité royale, l'individu du monarque, et au moyen de cette fiction, l'autorité royale et la monarchie avec elle sont en péril, et le roi lui-môme n'est pas en sAreté, du moius en tant que les complots drs factieux ou de leurs amis d'une part, i'emf>ortement excessif et l'ignorance du parti aristocratique de Vautre, et enfin l'inox {)ér!ence indocile de l'assemblée, peuvent compromellre celle précieuse sûreté dans des circonstances si dil'ficiles, et au sein d'une capitale oisive et misérable^ enivrée d'une sorte de fanatisme.
Mais dans toute société , où il y a des restes d'organisation , oa trouve toujours une grande ressource, c*est que les gens qui ont
quelque chose à perdre ou à conserver sont de beauconj) les plus nombreux: et celte ressource a chez nous un puissant auxiliaire, c'est notre mobilité prodigieuse, mère de cette impatience corrosive qui £ait que jusqu'ici il n'y a eu en France ni mal ni bien durable , disposition toute particulière à notre nation, qui ne changera que par la lente influence de l'instruction et d'un bon système d'éducation ])ublique.
Profitons de rinqulétude des lionnêtes gens et de l'amour des nouveautés. On se sépare du roi parce que l'on voit qu'il s'abandonne lui-même, que ses ministres ne pensent qu'à eux et à échapjter comme ils le pourront à l'agonie générale, sans morft violente, et que l'autorité royale, trop faible pour lutter contre l'anarchie, parait la Êivoriser pour se ressaisir d'une plénitude de
prétentions et de prérogatÎTes que l'on sent trop bien qu'elle ne recouvrera jamais.
Que le roi s'annonce de bonne foi pour adhérer à la révolution À la seule condition d*en être le chef et le modératenr ; qull oppose à régoisme de ses ministces un représentant de sa famille dispersée» qui ne soit pas lui, parce que son métier de roi est et doit être exclusif de l'esprit de iamille : mats qui soit tout à la fois la caulion de cette famille, en quelque sorte son ot.i^'p et l'organe non ministériel de la volonté du chef de la nation , nussllùt l'on Terra la confiance uu du moins l'espoir renaître, le goût de la monardiie reparaître, et les partis qui veulent de bonne foi que Pempire français ne se décompose pas on ne devienne pas pour nn demi-sîMe l'arène des jeux sanglants de quelques ambitieux subalternes ou de quelques demago^es insensés, se rallier autour du Bourbon devenu le conseil du roi, et le chef des amis de l'autorité royale réglée, subjuguer l'opinion et dom|)ter les £ictieux. Le choix de ce Bourbon est indiqué non seulement par la nature, mais parla nécessité des choses, puisque tons les princes du sang, excepté un seul, sont en conspiration réelle ou présumée, et regardés comme les ennemis de la nation , si universellement , qu'il est douteux qn'ils puissent être sauvés par l'avènement de Monsieur ^ mais qu'il est certaiu qu'ils ne peuvent l'être que par Ih.
Pour peu que cet avènement tarde, il ne panttra pins qu'une intrigue, tandis que lié à l'événèment oà Monsieur a eu le courage de pboer, dans son discours populaire, le roi à la téte de la révolution , il aurait l'incalculable avantage d'être l'adhésion du roi, et en réchauffant toutes ses ressources dans i'oj>inion, les seules sur lesquelles il puisse compter, de lui préparer des moyens de renouveler sans secousse et sans difUculté son conseil, qui n'est aujourd'hui que le plus embarrassant de sesbagages et la première nialadie de l'état.
PIÈCES JUSTlFlCâ^TlVES.
Copie dune lettre attribuée à Monsieur , comte de Provence^ et adressée à M. *** , en 1789.
n De tiendrait qa'i moi^ my dearson, de prendre pour une.
manière de reproche direct, la première pLrase de votre lettre; cependant je pourrais vous répondre que c'ebt presque toujours vous qui commencez à parler de Haye, ou d'Ouna ; mais basto , je passe {nr là-dea«us, et je vais au second grief qui est bien ])lus considérable. J'ai vu tous ces gens^ià, j'en conviens; ils n'ont persuadé, j'en conviens encore; mais quelque zaison qu'ils aient eu (et il fiiut qu'ils en aient eu une furieuse dose, car c'est bien contre le vœu de mon cœur que je me suis rendu; et si ma raison n'y veillait sans cesse, il ferait certainement une insurrection ) quelque raison que j'aie moi-même en parlant d'après eux, il n'est pas aisé de persuader des gens dont le cœur est au moins aussi fort que la raison, et de plus qtutre fois plus ulcéré que le mien. Ce n'est pas que je veuille disconvenir de mil timidité; il y a trente-quatre ans que j'ai ce malbear, on plutôt ce délaut-là, mais la mienne est d'une esj)èce particulière ; en public je le suis fort peu ; diminuez le cercle, elle augmente; et elle est à son comble djiis le téle à téte. 11 n'y. a que lorsque je sub assea animé par l'objet pour pouvoir assommer mon adversaire d'un seul coup, que j'en puis venir à lH>Ut, et il est rare que je soie dans ce cas là. Yqus ine fiiites bien de l'houe neurdeme comparera un éléphant, mab le fussé-je, le rôle qu'il ma fallu jouer toute ma vie, rôle si opposé à celui qtic je serais dans le cas déjouer en ce moment, m'a olé beaucoup de la force qui me serait nécessaire; retenez le meilleur coureur au ^t pendant six mois, s'il ii'en sort pu paralytique, au moina
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 4yy co«rra-t->U bien mal. Jugez qwind c*e8t i8 ans, au lieu de 6 mois. D'aitlears, encore une fow, vons me jugez trop favorablement ; je ne vous dirai pas que je suis nn sot, car je n'en crois rien, raais mon genre d'esprit consiste plutôt dans une certaine aptitude à saisir les idées, à me 1rs identUicr, à les présenter quelquefois sous un jour plus favorable que leur auteur même, qu'à en cafanter tout seul. De là vient , que lonqne j'ai un second, pourvu que ce ne soit pas absolument un «^^nmto, jeme défeas et même j'attaque bien i mais lorsque je sais seul et qu'on me fait nnc objection imprévue , je reste souvent court, et cfiiand on y a été une fois pris, l'air de noblesse et de dignité n'eu impose plus: le cornac qui a dompté leléj)ljaot, cesse de le craindre. Voilà ce qui m'est arrivé plusieurs fols avec la reine, et c'est ce qui £iit que je ne puis pas espérer de lui en imposer; quant au roi, il <»t si versatile» parce qu'U est si engourdi, qu'on n'en peut rien tirer: il jette sa confiance comme un pécheur de baleine jette son harpon, et puis au lieu de tirer le poisson, c'est le poisson qui le tire. Je le sais bien, puisque j'ai été premier ministre pendant trois jours; c'est moi qui l'ai engagé à aller à l'assemblée nationale , à rappeler ses ministres, et à aller à Paris, ce sont trois petites choses assez importantes; on aurait cru Ijue j'allais gouverner l'état, point du tout: M. de Hontmorin est revenu . je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant. La reine a encore une manière qui est dwbolique, c'est qu'elle vous dit , moi je ne nemélepasde ccla,et quand unefois elies'est cramponnéeà cette phrase, pas pour un <iiablc vous ne l'en feriez démarrer. Il y aurait peut-ùtrc un moyen, qui serait de me montrer tont-à-fait sans m'embarrasscr d eu«, de me mettre assez en avant pour me rendre méa^e à craindre si je pouvais avoir de mauvaises intentions, et ensuite de leur tendre une main qu*ils seraient bien obligés de prendre; mais jamais je ne jouerai un pnred rôb, j'aimerais mieux périr ici avec eux, ou, comme d'aulres aller en pays étranger //mz/^çr U jmin de la pitié, que de manquer
4^3 PJÀCES JUSTIFICATIVES.
à ce point, qtiuiqu*à bonne intention, anx principei'qiie j'ai
sucés avec le l?it. Apres avoir répondu à vos leproclwSy il hnt que je satisfasse mon cœur en vous disant que votre lettre ne m'a fait éprouver qu'un seul sentiment cl bien doux , c*est de me dire, mon fils m'aime donc comme je Taime, comme je désire d*ètre aimél Vous parlez de distance; ah! quand il y en avait encore , n*étions-nons pas trop beuretix lorsque qndqu'un voulait bien la franchir: non^ mon fils, jattais il n'y en a eu de votre ocnur au mien; s'il pouvait en exister, ce n'est que celle que quelques années de plus y ont placée : celle-là est naturelle. Je ne parle pas de l'adoption que j'ai faite de vous; les premiers soins que j'ai pris de vous ne vous avaient pas pour objet, je les rendais à un bomme ipie j'aimais, que je respectais, que je regretterais bien davantage si je ne savais /combien tout ceci le rendrait malheureux. 11 est vrai que j'en ai perdu le mérite, même avant de m'apercevoir que je l'eusse perdu, mais encore une fois entre un bon père et un fils tendre, il n'y a point de distance. J*attends votre discours qui doit être intéressant à en juger par l'exorde, et je pars pour la fabrique,' mais ce ne sera pas sans vous avoir en espfit comme je le voudrais en diair et en os, serré contre mon coeur.
Note communiquée par les héritiers de M'"' Campati .
En venant me retirer à Mantes je savais que le nommé Bumel Beauvert, libelliste, qui le premier a osé dénaturer la conduite la plus dévouée à l'auguste reine Marie-Antoinette, avait
long-temps résidé dans celte petite ville; j'eus la confiance d'écrire à madame la duchesse de Tourzellcsà ce sujet, elle me fit la grâce de me répondre une lettre <^ui contenait les mots sui* vants.
Diyilizca by GoOglc
PiÈC£& JUST1FIGA.TIVES. 479
« Je comprends narÊtitement la peine que tous épronrez de » tuiit ce qui ()eut tendre à jeter des doutes sur votre attache- » mcnl et votre fuliMilé à l'augiistc princesse à laquelle vous » aviez rhonoeur d'être nttncliée, dans les fonctions que vous • reiUplissies auprès d'elle.
» Cest avec grand plaisir. Madame, que je tous rendrai la » justice que pendant les trois ans où ma place m'a donné de » fréquents rapports, avee notre grande et trop malheureuse » reine, je vous ai toujours vue empressée de lui témoigner votre » respect et votre attachement. J'ai été témoin qu'elle vous » avait donné des marques de confiance toute particulière, et » île votre discrétion, et de votre fidélité dans les diverses cir* » constances. Vous lui en donnâtes des preuves dans ce roalheii- » reax voyage de Varennes, et les délations ftttes à ce sujet sur » votre compte, sont de tonte fausseté et ont été de tonte injos- » tice.
» Je vous ai vue aux Feuillants, la nuit du lo août, présenter » à la reine l'hommage de votre douleur, et lui offrir vos services, » quoique vous ne fussiez pasen cemoment'dans votre mois de » service: c'est un hommage qne jerends à la vérité, et je m'esti- » merai heureuse si ma lettre pouvait apporter quelque consola* » tion aux amertumes dont votre cœur est accablé, etc.
^ Signé Crot d'Hayré, duchesse de Toubzsljles.
Paris S7 avrU 1816.
n existe encore une lettre originale de madame la duchesse de Lnynes, dn 7 août 1S19» dans laquelle on trouve la preuve' que les diffiimatîons dirigées contre madame Campan avaient été reconnues delà fiiusseté lapins révoltante par l'auguste princesse qui tient le premier rang sur les degrés du trône, et qui en avait été instruite par la voie de M. le vicomte Mathieu de Montmorency.
48o pikCEs Justificative^^
Copie etune lettre othographe de Louis XVI , au \ comte DjEMOusTijius , son ministre à Berlin.
P«ii» , ]e Mptembre 17914
J'ai charfîé M. de Montmoiiti , de vous t'crire , Monsieur , an sujet de la place de* affaires étrangères que je vous destine. Gomme les circonstances sont cliangées ^j'espère que vous ne | ferez plus de difficnUés d'accepter une place que je ymis Ternii remplir ayec-graud plaisir. Je compte que vous ne tarderes pas k TOUS rendre ici«
Signé Loi)»«
M. Demoustic/s , à Merlin, ' .
Copie d*une lettre du feu roi Louis XVIII , à AL le | comte Drmoustiers 9 ancien ministre du foi
Louis XVI , à Berlin.
A Blankmboarg, ce 19 Aorctat»re ^797.
Je viens, HEonsieôr, d'apprendre la mort du roi de Prusse; mon premier mouvement a été d'envoyer quclr^i'un cîcprès pnnr
complimenter le roi, son fils, sur ro tri-^îr ('\ .'iiomrnt , m. Is j'ai pensé que cetto déinarclio pourrait cire embarrassante pour lui. Vous ^les établi en Prusse, elles boutés que le feu roi avait pour TOUS, à si juste titre , tous mettent, à ce que j'imagine , dans Xé
PlèOBS 'JU&TlEiC4.TIV£S. 4^^.
Tops que jeiH/ad^«Mep6itDV0«rdniger d'expriniifir à Si M.- P. U
part qne je prends à sa juste douleur, et celle que me fait éprouver âokoi^in^iue, la mort d'un souverain dont l'amitié m'était chère, i tt auquel j'ai personneUew«atde^ obligations que rien n'effacera , jftMiidt noAiiœu^nl de mamévioire. Profitez de cette <)<MMjMhpWirap^e||r> M. P« les ceotiiMts OoiM; ^ ^mMéV9mammtù<m.*99^'^**f^ ^ 4eçei»jiiireUe m'a, inspirés. La meillQiivt.fiiPH^ q/ffi jnipomft 11» en donner, e*eiC de lui souhaiter de toutTnoB ooBor de retracer aux yenx'del^Dntveri • le héros^qul parRifkt.» çon âge au trône qu'«?Uç occui>e acgour-
i f'mpètt qtaeAftffeÎQe JiVpaf «nUi^ le ptoic qoc j'ai ead# k. ▼eirw iitbmeril à FiliiieCEii* y iit )• von» dMMlttt.fittssi d'être» aur frèi.iKèH»,.l!inl€Hptfete.de ne» eentiawti ^Miâ.o^lle. td»te oc-
easkmi' ?.. .
Soyez bien persuadé» Itfonsieur» de ton» BM»«eolimeii^ pour
TOUS. .«i>; ' r
Signé Louis.
Copie -^M» ietine^^de M, le. comte DuMOUffRERS,
à 5. f£i tPtfiàssieÊUie , en lui feùsant Venvoi de la
/étire ci*dessus. : . .
•...Siî>»»»>q»'^4q»0Bec.inris(ii^ à ^otce msjeité en
pwnant lijMi^Ifo nppttm »on» se» ^rei» U letfte d-jointe^t n'mpa» çrwdftt i^oifi^, de pouTtNi; vn jour, mériter ses reproches si je m'i^n é^i^ abstçnut puisque cette-lettre, paratt être
aujourd'^^ii, le seul THoyen par lequel puisse parvenir à votre majesté la connaissance des sciiibu^ents 4*un p^'ince, sur le sort
48a PIÈCES justivioàtbtbs.
fktà tint prat-ém loa mt^ ■Mf—iq» «t qwlbtMitioBt qui
pourront exister définitiveintiil catre ToAve flujesIéetlQi sont nécessairement voilées par une obscurité que TaTcniTy ttn^oura caché aux hommes , pourra seul dissiper.
Lft démarche à laquelle je mt fun Mnanis, mV ptiii dlm* tnit phM fiuceptiUe d'indiilgeiiM de le part d« votot iMjeilé, qn'un rot pent eenl apprécier en qu'un mémiKtfÊt «alhémemy écarté de son tr^ne par la éitililé.dii cifeeastaaees, a droit d'attendre d'un homme, qui coDline moi, n'a jamais pris le cours de la fortune pour la règle de ses deYoirs, et qui s*est immolé à leur accomplissement Dans le nombre des peines que mtiâàé^ lité à mes de^oiis et à l'booiievr ai'» attivéee» tme de «Nei qui ontleplnaTimMBlaiÏNïléaKNiiMBar, et tafoele M%e«0B« stamneat» est d*a¥oir perdn llavanlaife deatleiilEélaîfc infin à mes yeux , de servir d'organe au rapprodiement des intérêt» de inn pairie et de ceux des étals de votre majesté. Le moment éclatant de son avènement nu trône a dû particulièrement me faire gentir toute la douleur d'être déchu d'une situation par lacpidle j'aurais pu jouir du bonheur inappréciable de cultiver ses boutés et son estime.
La cifconstanee présentem^Butratoaafc à aoe démmlia doat je sens touteU délieafesse, jeenus dlMiner au neékii une preuve de
l'extuiine confiance que m'inspirent ses lumières et la bonté de son cœur royal , en m'abstenant de recourir à aucun in termédiaire» ensorte que, de quelque manière que ▼otMmajesté poisse envisager cette démarche , elle ait aumoins la oonviction de aui scrupuleuse attention au secretlé pliâ'préIbBid qui'tâleiiiépoeé dans le sein de votre majMté, sëloiilé jugement qû'ffté même • daignera porter delà ttlesure prise 'envers^cHe par un prince qui prouve par les vœux qu'il forme pour la gloire de votre majesté et la prospérité de son règne ^ combien ce qui peut intéresser votre majesté est cher à son cote.
Digitizoa Ly
PièC£5 JU3TlfICA.TnrXS.
:lm rigstnr éa teord me-aoïMwt- tugtr de «"«Wlaiir mwn $. M.Ia f«iae.de,Ui4éiiiMtiie qui. n'M pMscrlttà son égard,
j'ose supplier très harablemenC votre majesté de eontidérer mon silence dans le sens de la plus respectueuse circoD&pection.
Jetais, etc. 9
Signé : le comte Dxmoustixbs.
Beriin, le novembre 1 797
Copie de la réponse de S. M. Prussienne ^ à M. le comte Demodstjubbs, en lui renvoycaU la lettre œmmuniquée de Lovu XVIII.
. Monsieur le comte de Moustiers^ je ne sauraisqu*étre Tivement toudié des sentiment» exprimé* duftU lettre que font Teses d« me commitniqnery et que Tout trquveres ct-jointe en retour : nne cqnnaittance pciaoïuieUe m'ayant mît à mèm» de vendre^ jnttîoe am éfflinentet qualités de sou auguste auteur, Tout jugez Toutméme à quel point je dois apprécier son souvenir et sa façon de' penser à mon égard. Je vous prie de lui eu marquer ma recon> uaittance dans les termes les plus propres pour en désigner la finee et la «acérité. Ajoules-y les assuiaooet de non admiratioii pour des yertut mitet à une ti rude épreuve, de Tintérét oonttant que je prendtà tes malheurs, et des Toenx fervents que je forme pour sa prospérité et pour la jouissance d'un sort pins heureux et digne de lui. Ne craignez point surtout, en servant d'organe à ces sentiments, de leur prêter trop d'énergie par celle de vos expressions. Quant à vous, Monsieur le comte y je vous -ai'bisn de» oUigattons d'avoir voulu porter la lettre en question à ma eonnaissanoe d'une manière aussi liandie que cireoDspëcte, et j'espère d'avoir Toceasion à une des cours prochames, qui auront lieu chez moi, de vous témoigner person-
484 PIKCES JlISTrFIC\TIVES. '
iidleiii«nt l'<ftdmeqiieje v<Hift|MtlB,>e»miree,je*itrIe DîMiqu^l vottft tî^Moimte feinnlè .Dèmosétien^ èii n mÎm -fet 'dlgné garde. ....
Beifin, ce 5 décembre 1797.
Signé FlÙEDéRt&OviLLAUME.
AAsomte'DenMMttien^ i fin-lis.
La l«ttre siÀvaiile/((lte nôtts somhies autorisés à pnlîHer , servira de réponse au reproche de ver^alffîtè Si ûenr autres grîefs dont son respectable auteur a étd l'objet (Jms le livre de l'abbé ât, Montgailkrd , et confirmera tout ce quia été dît sur M. Grégoire (Uuâ le «ours de cette réfutation.
Jihdiùa^n volontairé ' et motivée du titre de " ' commandeur dans la légion dlionneur.
MONSIEUH LIi ORAKD 6UAKCEUER./l)-fc ... . ; . .
yolfe. lettre du i3de.cen|oUipWtit:<|ue lV>rdoimRii«e du a6mats i8,i6,à9ntiV«»î*ia teneur^ pieicrftk des andens Wets des membaes^e l'orditî loyal.de Ja icgioa
d!honnenr. . ' #
Je vous envole ci-jolnt l'-acte j)iii«mf d.e ma^âoiiiîttièîoaaii
,ct si 4e»*3Ç joim pa» les auties. pièecs
exigées .pour robtention d'un nouveau brevet , c'est par des conlidératiods que je vais déduire avec k franchise (j'ni presqtie dit) -Ifk 8raddiléd« num cuactève. Parler de soi est une tâche embarras^ aante^ nais, elle m'etc imposée par Tobli^tion de tous poAdr&
Pendant un quart de siècle et plus, j*«ireinpK boDornblement dans l'ordre social des fonctions éminentes q-ue m'avait déiéguécs l'esUme de mes concitoyens. En 1 819, leur faveur persévérante jrappela sur le théâtre politique un vétéran eonceotré dans la solitude; auiià alors, était arrivé^ le temps des vengeances féodales y eecléaîastiqnes , ookmiales, etc. , etc. Un plan systématique d'impostures, d'outrages, de persécutions commandées, soudoyées , fut ourdi; les rôles furent distribués, pour faire retentir dans toute l'Europe une calomnie démentie, si l'on p^ut le dire, jusqu'tMU'deUi de V évidence, par un procès-verbal , par un discours prononcé k la tribune nationale, pav une lettre dont l'original est déposé aux archives du gouvwiement \ taules ces pièces sont imprimées. JL ce déohatnement de fuveuvs dont Im annales françaises n'ofireut pas un pareil exemple, concouraient* ardemment des dévots y c'est l'antipode des hommes pieux. Le pardon que je leur accorde et le désir sincère de me i^engcr d'eiix par des bUnùiiX& , ne les absolvent pas d'un assassinat moral et des conséquences que poui eux il entraîne^.
.Le résultat de cette trame odieuse, subversive de la Charte et de tonte liberté nationale, fut tel que fai pu m'en- applaudir, car depuis cette époque l'opinion publique et très publique n'a pas cessé d'offrir des consolations à celui auquel suf&t le témoignage de sa conscience.
Mais cependant, M. le grand chancelier^ si l'homme contie lequel forent déployées tant de fureurs, était coupable, doit-on lui renouveler le brevet d'inscription sur le tableau de la lé* gin» d'honneur? Le fait iBÎvanI sempraît plub caillante encore cette coatradictionf
nÈCïïS ramwxiàfTism.
Sons la terreur de 1793, après avoir pins que personne ( j'me le dire , car )c fait est indéniable) , contribué à sauver les mmiimenu des scieoceti des arts et ceux qni les cultivait; jncabie de h T9çtfénntMtimi aationnld , je fut mi de» fdiie iermU ftamo- Um et riin des londateim de l'inatitnt enqueTiii'aggr^M tee électian Jîbre et saaclkiliilëe par la Ùh, mais dont je enshis en smon de droit , av mdins de fait par ordonnance , et celui qui le premier dans cette société avait cxpresi emcntmçoussé l'arte additionnel j dont on se rappelle le dernier article, fiit d*api«t cette ordonnance réputé sans doute indiftne de «léger an milieu ' de cent cinquante i%naiairei de ee fiuneuxacte addiîionBe^ ilAit même cerné ÙÊdigne de vivre, car pendant l{uelqucf annéet on. Ini nvit lei moyens d'tâdatenoe» et quoique, sort nécessité, aoit pudenr, on ait arrêté ou suspendu le cours de celte injustice, jamais on n'a rempli à son égard les lacunes d'une dette éta^fée de lois et d'ordonnances.
La métamorphose de l'institut a établi une doctrine absolument nenve sur k légitimiii lUtérmre^ et si elle n*a pu clifcnrdr la notion des deroin que commande la iolMAiràtf Uttêmire^ dlea laissé i dTautres hommes, d'antres temps, d'antres pays In gloire de les mettre en pratique ; mais, revenant à l'objet de ma lettre, je demande si l'exclusion de l'institut ne heuterait pas la concession d'un nouveau brevet de la légion d'booneur, et n'offi»rait pas une seconde contradietibo^ qui ne serait pas la demièrei f»t d'autrre résulteraient de Uni» et de nuMnonents bistoriqnts dont on pourrait ici entremêler le sowvenir.
▲ ces difficultés il est ime solution , mais il ne faut pas même la faire entrevoir, parcequ*en général les ministères ont pour maxime d'agir comme s'ils étaient infliillibles et impeccables.
Honoré des suffrages les plus flatteurs dans les trois hiérari&Ses ecclésiastique^ {xilitique et littéraire^ je ne les cfaércbai peint | ils vinrent tniuver celû qui s*eflfor(ak de les mériter et non de les obtenir. Dans cette dernière route cm est coudoyé par la
WàCBS JUSZlfiCATlVSSi. 4^7
foule, dam fantre oa me ooiut |n» ùb danger. Tandb
milieu des tourbillons révolutionnaires, les hommes sans caractère ( c'est la presque totalité ) se traînaient dans les ornières de l'adulation , de la servilité, je restai immobile sur les prineipe^ qoî » à» la plus teodrt jeuiCMe , présidèrent à ma càMlnite t w la religion est ium bo«tiole qui ae dédioe jamaii e atee dia on épandie sur tout les hommes, Wa etfasiona de la bonté; edui qni est robjet de leurs persécolionsy n'est pas le plue à|ib.iiidra>
Une vie intègre défie la médisance, mais qui pourrait défier la calomnie, surtout depub que les théories àeVindiffnitéy du poii^ YDtv absolu et du système interprétatif ont fait un progrès si ébrange ? ]>ea Tentions d'nn genre n^nvean, si. toutefois i*im<mense sénon^en est pas épnisée9 sont véacnrées peut*élre & nn citayen paisible i'înoffRiitf, éloigné dn monde» que les amis des mœniB, de la liberté, -de l'ordre, reaoohfrent toujours dons leurs rangs , mais qui n'étant pas dirigé par des idées, par des sentiments d'emprunt, toujours rallié au drapeau delà loi, ne s'enrôle jamais^sous la bannière des partis.
Un serment de fidélité au gouveniement est eiigé dans la lègUm d'boimenr, il est égslement prescrit anx collèges ébwtoranz on plusieurs fob je l'ai poèté et réceqBmenteneoie ans dernîèrsk élections de Paris.
Certes, elle est très respectable cette ijjstituilon d'un ordre destine à rcconi penser le mérite civil et militaire. Mon diplôme de nomination sous la date du a6pfairial an la énonce textuellement qu'elle eit un témoigÊUigt édaUmi de la rectmnmissameé naiianiUe, Si <f eikt été simplement une giéoei je L*easse refusée ; maiale régime sons lequel on Tavait alors , était anssi peu disposé k étenàre sur moi la répartition de ses fiiteun que j'étais peu disposé à les recevoir.
Quiconque se respecte met dans sa conduite un ensemble dont il ne sait pas se départir; telle est ma susceptibilité à cet égard , 9UBpliie4 ( par i^ne main ennemie ) 4«bs mw catégorie partia»*
488 PIÈCES XUSTlFiCATlV£S.L
lÊère, appelant le paisé au coniefl du présent , je enrindnis ( si
fenrroyiiis les docmaeiits demandés pour le renonveDement du brevet), que cette démarche ne fût assimilée à une sollicitation. Qui sait, si contre la volonté formelle et l'assurance positive conal|^ée dans la lettre da grand chaDcelNTi qui sait, dia-je, ai des ageato de la pninanee lacirooiiveiunit, Mae méMigefaieiit paa en eette oocnnenee le phiair» qœ ne je ne vens pea leur donner, de fiiiie rqeter la prétembm aâUîoiUtîen» on après Texpé^tion da brevet le plabîr de le hxrt réToqner.
D'ailleurs, lorsque pendant huit ans consécutifs, un individu a été conspué, tourmenté sans relâche , et par qui? Lonque pour le flétrir ont été iaites des tentatives inouïes, quoique sans anenn anceès, oonaerfer son nom dans la matrienle de l'honneur cml, ne serut-oe pas une înoonséqnenee dont on peut, dont on doit s'épargner le reproche ? Il serait plus eontensble, ce semble , de procéder régulièrement à l'examen de ses griefs et de ses droits. Celui qui indique cette mesure tient pour indubitable que la justice rendue sur un article, âùl ressortir plus Tivement l'injustice en d'autres.
Inaccessible à l'ambition, arrivé aux confins de Fétemité, je m'oocupe uniquement, comme dans toute ma vie, de ce qui
peut éclairer mon esprit, améliorer mon cœur , et contribuer an bonheur des hommes, quoique les services, qu'on leur rend, soient ici bas rarement impunis. Repoussé du siège législatif, repoussé de l'institut; à ces deux exclusions, on permettra sana doute que j'en ajoute moi-même une troisième, et que je me renferme dans le cercle des qualités qui ne peuvent être ni eon- Cirées par brepet^ ni enlevées par ordonnance ; qualités sentes admises dans deux tribunaux qui réviseront beaucoup de jugements dont nous sommes contemporains : le tribunal de l'histoire et celui du juge éternel.
• M. le grand chancelier, la prolixité de cette lettre réclame votre indnigenee. Pour obvier à des interprétations emméca» à
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