XIV» ET DERNUÈRE LETTRE
Buiê f le lo dôoembre zBa?.
MoKSiEua f
Le jugement que je viens de porter sur l'empire, vous ravier pressenti, dites-vous, et de plus confirmé par anticipation ; mais vous avez vu avec peine qu'après avoir cherché à m'élever à des con*? sidérations qui appartenaient à la philosophie de l^histoire, j'eusse consenti à descendre dans une étroite discussion sur des faits de détail qui ne pouvaient présenter qu'un intérêt tout-à-fait secondaire* Ce reproche , auquel je m'attendais aussi serait irréfragahle, si vous ne m'aviez fourni vousmême les moyens d'y répondce. Habitué^ dans vos recherches historiques, à ne fixer votre attention que sur l'enchaînement et l'ensemble des faits généraux du passé , pour en apprécier les résultats et en tirer quelque conclusion pour l'avenir, vous avez trop facilement oublié qu^en prohtant de mon autorisation pour annoncer mes lettres , sons le ti* tre de Réfutation , vous avez fait un appel aux personnes injustement déchirées par l'abbé de Montgaillard, et promis d'utiliser les renseignements
GOmEBRRKlfBRT ROTAL. ^iS
cp'eUes.vous enverraient pour relever les mensonges et les injures dont elles auraient été l'objet^ Laissez-moi donc, Monsieur, remplir la tâche dont vous m'avez chargé, en l'acceptant pour vous; et cessez surtout de tous plaindre de ce que je ra^efforce de vous acquitter envers vos concitoyens de toutes les opinions, par remploi que je fais des matériaux qu'ils tous ont adressé sur votre propre demande , et dont vous m'avez sommé ensuite de faire usage en m'envoyant votre prospectus. Personne, plus que vous, ne peut savoir combien les digressions, que la nature de vos engagements envers le public m'a imposées, entraient peu dans mes goûts et dans la direction de mes études.
Je reprends, Monsieur, le fil de notre examen, et vais vous signaler, en peu de mots, les causes qui amenèrent, à mon avis, la décadence rapide de la puissance de Napoléon, sa déchéance et son exil; pour n^*ocicuper ensuite de Topinion de M. de Montgaillard sur ce point important.
Vous pensiez , vous , Monsieur, et j*ai toujours cru aussi que le génie entreprenant du guerrier qui fut chargé de diriger la réaction de la France nouvelle sur la vieille Europe, devait le conduire à abuser dçs immense ressoiurces, créées par la répur bliqu^, et lui faire trouver un abîme inévitablé au bout d'une carrière marquée par tant d'orages et de
QUATORZIÈME LFTTRB,
nécessaires au général Bonaparte, pour £aire le i8 brumaire; au consul ër àVempereur, pour promener la révolution française sur le continent européen; si elles avaient contribué à Téiévation et à la gloire 'de Napoléon, ne pouvaient, selon vous, que lui inspirer des projets de plus en plus vastes , capables d'user les ressorts de sa grandeur, en fatigant les vainqueurs et les viaiincus, et de fournir enfin à l'inconstante fortune une occasion favorable pour passer sous les drapeaux des ennemis du grand peuple. L'autocratie militaire, après avoir été^ à son insu, l'instrument de la révolution débordant sur l'Europe féodale, périt par ses propres excès , comme la démocratie qu*elle avait remplacée , et subit, comme elle, l'ingratitude des nations, à qui elle avait causé des maux passagers pour leur procurer le germe de biens infinis et durables. Le nom du grand homme , dont l'héritier des czars regardait l'amitié comme un présent des dieux, et dans le lit duquel un successeur de Charles-Quint se montra jaloux de placei: sa hlle ; le nom du potentat, qui avait réduit les rois au rôle de courtisan , essuya, de l'esprit de parti, les mêmes insultes que lui ou les siens n'avaient pas épargnées aux républicains déchus; et ce Napoléon, qui avait jugé si sévèrement , du haut dû trône (i), les meneurs ré-
(i) Napoléon laiwa sons la pompie xoyale m préTcnaons
GOUTsunsiiEirT sotal. 417
volutionnaires, en les accusant d'impuissance, d'injustice ou de barbarie, put entendre, de Porto* Ferrajo dû de Longwood,. qu'on lui reprochait, à son tour, de n'avoir laissé, conune Attila (1), que
ttmttt les hoonM d'ëut 4» U févolaltoB c on n'a qu'à tour ocwh ment il s'exprime , k leur égard, dans le Mémonal dfi Sainte*
Hélène.
(1) Plusieurs journaux ont publié, il y a peu de jours , un Parallèle de f Washington et de Bonaparte ^ par M, de Cbâteaubriand ; c'est un des niorceaiix littéraires les plus remaTqnables ffià soient sortis de Ja pkime de ee grand -écriv|iia : je m'estime liearenx ^ tcnÀr tron-vé eette pliM«e snY le caractère éé Napoléon et snr ses dforis pom relaite tViffdre monarchique en V^nce avec les débris de l'ancien régime et quelques éléments de création révolutionnaire : t Ce géant démesuré ne liait point cora- » plètement ses destinées à celles de ses contemporains ; son génie s appiineoait à l'âge moderne i son ambition était des Tiens » jonrt : il ne fl^âperçnt pas que les miracles de sa vie dépas» » saient de beancovp la valenr d'un diadème , et que cet ome- » ment gothique lui siérait mat. T^ntiAt il fliisait nn pas avee le » siècle, tantôt il reculait vers le passé. » Il s'en faut cependant que tout soit aussi rigoureusement juste dans ce parallèle; et puisque le géant lit téraire de notre époque nous a apppris luimémo qu'on ne devait pas se laisser écraser pour ce que l'on admire, je lusarderai quelques obsenrations sur les paragraphes . activants : « Wadilngton et Bonaparte sortirent du sein d'tane » république ; nés tous deux de la liberté ; le premier Kii a été » fidèle, le second Ta trahie. Leur sort, d'après leur choix, sera » différent dans Phistoire..;..
M Washington a été tout entier le représentant deS besoins , » des idées, des lumières, des opinions de son époque;..^ Cet
4l8 QUÂTOMlinfB LimiB,
des traces de meurtre et de dévastation sur son passage.
L'abbé de Montgaillard semble d*abord, Monsieur, regarder aussi la chute du fondateur de l'empire français, comme le résultat inévitable de ses entreprises gigantesques et du mécontentement univer-
» homme qui frappe peu parce qu'il eslnatnrel et dans des pro-
u portions justes , a confondu «on existence avec celle de son » pays.
» BonapArie pdavait enrichir également le domaine pohlic ; il » agissait anc la nation la plus civilisée , la plm intdiijgciice» là » plus braTe , la plna brillante de la leneM^. Miis les hommes » ne ftirent i ses yeux qa'oa moyen de puissance» Ajicmie sym* » pathie ne s'établit entre leor bonheur et le sien*..»» Ijcs tqû » d'Égypte plaçaient leurs pyramides funèbres, non parmi des » campagnes florissantes , mais au milieu des sables stériles - ces » grands tombeaux s'élèvent comme l'éternité dans la solitude ; » Boaap*rte<a bâti à leur image le monument de sa renommée. »
IL de ChAteaubri^nd déploie ici4onte la magnifioence de son style pour peindre le vide de Fère impériale, comme jadis M. de FoBlanes , son illustre ami, épuisait toutes les ressources de la rhétorique , pour nous persuader que la création du monde policé ne datait que de Bonaparte. Entre le blâme du chantre d'Atala et l'adulation du président du corps législatif , l'imparlialité historique pourra trouver place. La postérité ne dira pM avec le p<icte courtisan que tout (ut mm^Ue dans le régne de Napoléon ; mais elle refusera aussi d'admettre, comme inéfim^ gable , la stérilité dont le premier écrivain du siéde a &it le ce* raclère distinctif du passage de ce génie extraordinaire sur la t/erre.et sur le trône. Les peuples que les triomphes de Bonaparte tistcièfent,. pendant quinze ans» aux destinées de la France, et
GOUTBRNEÎfEirr ROYAL. 4 '9
seî qu'avait dû produire enfin la perpétuelle agitation de son règne. <x Napoléon, dit-il, est parvenu » à 8*aliéiier une foule d'intérêts particuliers, et » même les plus divers. Tout ce qu'il y a d'hommes » industrieux et éclairés réprouve le système qu'il » s'obstine à «uivre, quand le trône n'est soutenu
paîflèreiit , dans leaniralatioiis aTee not admiabtniteiiis et iiof soldats ^ des moeurs et des iddes nouTélles , germes féconds
d'améliorations importantes , ne pourront qne protester , quand les dernières traces de la guerre seront effacées , contre la sentence rigoureuse et injuste sous le poids de laquelle le plus redoutable des potentats littéraires , fort deTimmensité de sa réputation et de la sublimité d'un utent réconcilié avec les inspirations républicaines , a vottlu accabler le conquérant prodigieux , qui , en poursuivant ses vastes djesseîns contre l'Angleterre et sés projets de domination unîversèUe , ne fit réeDement qne transporter les principes de la révolution française, sur les ailes de la victoire , d'un bout de l'Europe à l'autre.
11 n'est pas juste , ensuite , de n'attribuer qu*à la différence de taractère le contraste firappant que préséntent Washington et Bonaparte dans leur canîère politique; les circonstances direrses^ un milieu desquelles ces deux hommes parvinrent i la première magistrature de leur pays , influèrent beaucoup aussi sur leur conduite. Washington, placé à la tête d'une colonie liôcra/ef d'une nation formée d'éléments homogènes, et qui n'avait eu qu'à Vaincre rétranger, par des efforts unanimes, pour jouir en paix des institntifins qu'elle avait désirées et choisies; Washington pouvait remplir , sans danger ^ le beau r6Ie de modération et de sagesse qui a rendu son nom immortel. Mais Napoléon ne saisit pas le timon de l'état dans des conjonctures aussi favorables j il vintapr^s une révolution démocratique, dont les progrès, long-
/^aO QU>lTOilZlÈM£ L£XTRB>
>i ni par les affection» de Félite de la natioii , ni par j> les institutions politiques, le jour arrive où la » force matérielle devient insuffisante ! Rien de puis- » sant, rien de terrible comme la force d'inertie « d'une nation 1 1 1 Lorsqu'une nation ne veut pas
ttmpi coBtettés ait^edans comme au-dehors d« la Fiance^ avaient été accompagnés d'excàt qm provoquaient «me réaction passer gère contre les principes de la démocratie. Pour abattre ^ géant
■ révolutionnaire , pour écraser l'anarchie , selon l'expression de M. de Châteaubriand, il ne fallait pas moins que le ^cant dcme' suréf qui , d'une main terrassa les rois ^ et de l'autre étouâa Ja libnté. Un homme qui/rappe peu^ comme Washington , parce qu'il ett naturel et dans des proportions Justes^ aurait été iniha^ bile à xempUr cette tâche. Bonapaxte fot donc aussi , à son avènement , le représentant des besoins de répoque , et son despotisme doit être altiibué, à la fois, et à la réaction anti- républicaine , et au caractère violent et ambitieux que devait avoir inévitablement rinstrument de cette réaction.
J'ajouterai un mot sur la manière dont U. de Châteaubriand pille de la prise de la Bastille » à propos de Washington. « Le > général, cUt-ily nous>montra une defde la Bastille: cesdeft » de la BastiOe étaient des jouets assez niais qn*on se distribuait » alors dans les deux mondes. Si Washington avait vu, comme » moi y dans les ruisseaux de Ptiris , les vainqueurs de la Bas- » tille ^ il aurait en moins de foi dans sa relique. Le sérieux et « la force de U révolution n'étaient pas dans ces orgies sanglan- » teB.>L'abbédeMontgaiUardaditÀpeu fffès la mène chose avec moins d'esprit et d'originalité. Je demande pardon de ce rapprochement an noble pair; mais îl m'a frappé à la lecture de la phrase que je viens de transcrire , et j'ai été aussi suipris qtfef-
GOUVBAKSMfiJifX aOYAL. 4^1
» défendre son chef, ce chef est perdu. C'est la » force d'inertie qui a tué l'empire et renversé Na- 9 poléon plus encore que les efforts de l'Europe » les armées de l'Europe, les souverains alliés n*eus- » sent trouvé que honte et malheur dans l'invasion
fligé de voir un ëcriTain > dont la parole est si poissante , prêter secours I à son insu , à un misérable pamphlétaire, pour ternir l'éclat de Tune des plus belles journées de la France rég^énérée.
Non, le sérieux et la force delà révolution n'étaient pus dans les ruisseaux de Paris ; mais ils se trouvaient dans l'élan et l'en-. Uiousiasme universeb qui conquirent réellement la Bastille, bien plus que les Yatnqoenn déguenillés» seuls aperçus par M. de Ch&teaubriandy au milieu de oe grand mouTement d*ezaltation , patriotique. H me semble que c'est descendre à un point de vue bien bas et bien étroit, que d'aller chercber ainsi le c6té grossier ou ridicule d'un spectacle magnifique dans son ensemble, pour en faire un o\%tl d'borreor ou de dégoût. Cette appréciation , (jue j'appellerais mesquine » si elle n'appartenait à un bomme dont le^ style et k pensée portent presque toujours le cachet du saUimey ferait cnnre que le génie couTerti peut être dupe des plus flcbeuses réminiscences; et l'on dirait que IL de Ghftteanbrtand, en jugeant /e i4 juillet ^ a subi encore Tinfluence des préventions qu'il signalait naguère, lui-même, à la tribune de la clianibre des pairs, et qui ûreot considérer la révolution comme une sim-* pic émcnte par le sacerdoce et l'émigration. Nul ne devait mieux, cependant, que l'illustre auteur du Génie du CknsUamsmef. éviter l'écueil où tombent tous les jours les hommes qui , selon, l'expression de M. de Bfaistre, écrivent Tbistoire en myopes , par impuissance de s'élever à une vue d'ensemble et à des cousidératioDS générales.
4aa QUjLTOjaziicME lettrx ,
» de la France, si la nation n'eût désiré îa fin
j> d'un règne despotique, d'un gouvernement qui n violait toutes les libertés nationales, qui ne pré-» » sentait aux Français, dans l'avenir, ni chance » de repos, ni chance de liberté! fatiguée, pour 9 ainsi dire, de gloire, épuisée , enchaînée, la France » abandonna son chef et se résigna à Pînvasion : le ». chef et sa race tombèrent du trône I U en sera de » même pour tous les chefs, pour tous les gouver-i XI nements qui se joueront des droits et des liberté». j> constitutionnelles d'une nation; le moment arri<i> n vera où cette nation , retranchée dans sa force 31 d^nertie , abandonnera ce gouvernement k lui- » même, et il tombera par la seigle force des choses. ». La chutç de Napoléon offre une éternelle leçon ^ A tous lescbefsdes gouvernements européens ! »(374 et 376 , VII). Il y a quelque chose de vrai au fond de ces déclamations; les avertissements que Tabbé de Montgaillard veut bien adresser aux rois qui ne se conforinent pas aux besoins et aux vœux de leurs peuples, me semblent, p$ir exemple^ tout-à-fait fondés, bien que je sois loin de croire qu'on puisse compter beaucoup sur leur efficacité.
Mais quelque profonde et universelle que fût rapathie dans laquelle le despotisme impérial avait plongé la nation, je pense néanmoins que notre, historien tombe ici dans son exagération ordinaire « lorsqu'il prétend que la France s'était résignée à
MDVERKBMKNT ROTÀL. 4^3
twaman pour -voir la fin d'un règne qui ne lui présentait plus ni chance de repos , ni chance de UbeHé* Si cette assertion est à peu près exacte , relativement à quelques contrées, et surtout à certains départements méridionaux ; elle est incontestablement fausse à Tégard des provinces septentiSonales, dont les lujibitants, loin de se résigner à Tinyasion, se disposaient, au contraire, à s'organiser en partisans sur les derrières de Tennemi , et à lui faire une guerre -d'extermination, lorsque Paris et le gouvernement de la France furent livrés au pouvoir disci'étionnaire des baïonnettes russes et prussiennes. Je crois donc pouvoir protester hardiment^ Monsieur, au nom des patriotes de la Champagne, de la, X^orraine, de la Bourgogne, de la - Franche-Comté et de TAlsace, contre la r^sigrutiion dont ta France entière est accusée par l'abbé de Montgailiard; car, si la prolongation de la dictature militaire avait 6;appé toutes lésâmes d'inertie, dans la plus grande partie de l'empire, il ne faut pas donner à cette inertie un autre caractère que celui qu'elle eut réellement, ^tla présenter omime ayant conduit le peuple français à préférer les calamités et la honte d'une invasion étrangère au joug domestique. NapoléQu , en concentrant tout le mouve-» ment social dans Tadministration (i), en &isant
^i) Oa «e imppelle que j'ai lAdié dfcaiEplifii», dans la kitra
4^4 .QUA/i^B9i>iKii ixmt^9
ab^Qr^er toute la vitalité du çorps politique par )^ ppuvQir impérial^ levait itovffé^, il ast vrai, le germe de T enthousiasme civique, et s'était privé luii-aiéu(i^de la ressource d'uu éiau u^tiooal tel que Fa»Byai€»pt exigé les dangers de .sa couronne et de la France : mais cette atteinte mortelle portée à Tesprijt public, quoiqu'elle eut facilité le triomphe d^ Ift ^ÇK^tion en détruisant I9 lien moral quiaiirai^ seul rattacher les Français à la cause de la dynastie 90uvell^,.e( rendre efficaces les çfforts liérpïques do Vs^rméefStde son chef pendant la çawp9|pf lobs i^^ié ; cette atteinte ne dut jamais produire en JVance une si gri^kV^^^ltératioa (lu car^tère natipp4) les ' hubitants -de ce b^u pay^i placés ontro.to çm^r.
nuation du régime impérial et l'occupation de leur sol par )^ baskirs et le$.Qo^aque$i posent Qpter en &t«u[r de ces' derniers, et se résigner.^ 4$vQpii; les hôtes de Platow et de Wellington plutôt que de rester les sujets de Napoléon Bqnap^r^^. Le^ Français se laissèrent envahir» W effeti non par choix » mais par nécessité ; ils ne préférèrent pas l'étranger à un maître siiperbe et oppresseur, mais ne trouvèrent plus en eux-mêmes l'énergie, Tactiyité et les inspirations patriotiques qui avaient métaraorpliosé chaque citoyen en soldat dans les premières guerres^
précédente, comment Napoléon avait été amené par les ciicour* «tance» à cet excèa de cf ntia}iialioiu
Diyilizea by
4e }a féf^uûçsk, qui aument été néceàsttîrea «n*
core pour réâi$ter avec jsuccès aux armées innombra* bkft des puissaoces «upopéennes conjurées 'contra^ nom: B n'y avait qu'une attaque directe aux ititéiféte privés, que laïuise en péril du foyer domestique, qui fût eapab]e:d'arrad^<3r le Français à son isole-« ment, à son égoïsme et à sa torpeur, et d^entrainer de nouveau la masse nationale sur les champs de bataille pour la:dé£eiBe du territoire. Un péril seni-^ blable se -présenta aiix hafailanis de Fest et du nord de la France, et réveilla assez fortement en eux 1^ sentiment de Tamour de la patrie.pour les préparer à des e£Gèrts que .lés év^énements survenus dans la capitale rendirent bientôt inutiles; Si les départe^ menta méridioiiQiix, occupés par Tétratiger, lnoft-> ^rèrent moins de répugnaiice pour l'invasion, il faut f attribuer à Tin^uence des passions politiques ^ dont léii enva}uss^ura sulrent se faire de puisissctiti auxiliaires. > •
Cependant M. de Montgaillard^ après avoir con*sidéré la déchéance de l'epiperenr comme Tinévi^ table résultat desoii despotisme, ne craint pas d'en faire, quelques pages plus loin, l'œuvre d'une poir §iiée deitonsfïiratenps et de traîtres. Voici comment il s'exprime à ce sujet aux pages 384 et 385 du septième volume: ce La véritéhistorique nous force à dire » quele roinistredela guerreGlarke,étdeiix bu trois » généraux de Napoléon, ont çontnt^ué à l'entrée
4a6 QirAT0ft2i^HX lbtxubj
p des alliés dans Paris ; et c'est à eux , bien plus 9 qu'à Talleyrand et Fouché, que la France est re- » de^able de la chute de Napoléon. » Cette chute n'aurait donc pas été produite irrésistiblement par rinertie4lu peuple fran^isi ainsi que nous Tassu* raît naguère cet historien; et ce serait moins à l'opinion , reine du monde , qu'aux intrigues de quelques serviteurs infidèles., que devrait être imputé le renversement, du gouvernement impérial ! Voilà une nouvelle contradiction dont il nous sera peuUétre facile de trouver la cause. Vous vous rappelez, Mcmsieur, la vive sollicitude dont l'ahbé de Périgord a été l'objet dans une note du second volfune. Ne se pourrait-il pas que la même bienveillance pour S. A. S. r4»-vice grand-électenr de l'empire, eut inspiré la phrase où on essaie d'atté- PUQr $6» iQvt» envers Napoléon pour, les reporter sur le minisirei Clerke et sur quelques générauK dont on évite de donner le nom ? Ne vous souvientil plu«: d'avoir vu, en iSa3 , dans ie Constitutionnel, un manifeste apologétique qui semblait écrit sous l'ihfluence des royalistes du 3i mars i8/4? Des pages entières du livre que j^q^ apalyscms portent le même cachet, et présentent, dans lest^Ieet dans les idées, des traits frappants de ressemblance et d'ip£aill|bles indices de fraternité avec ce manifeste. Nous Usons, par exemple, dans le sixième yolume ( 53 .et 54 ) qw le gra^d piaréchai du palais , Du*
GOUYXBVEMSirT BOTAL. 4^7
roc (i), attribuait à Talleyrand (T avoir gardé par de" vers kU une lettre du duc d'Enghien au premier cork^ sul pour fCen faire la remise qu après V exécution dlu prince, et nous trouvons, à la suite de cette prétendue révélation , des réflexions officieuses, évidemment destinéesà l'environner d'incertitudes et de doutes^t à la faire même rt puter mensongère. « Nous sommes J9 pmuadés, disent, en eiléty ceux qui parlent ici au » nom de Tabhé de Montgaillard, que M. de Tal- » leyrand aurait fait tous ses efforts pour porter » Bonaparte à sauver la vie du prince et à lui 9 rendre la liberté : le caractère si humain de » M. de Talleyrand et le dévouement qu'il a tou- » jours eu dans son cqeur pour la. royauté et la » maison de Bourbon , et dont il leur a dontié de j9 si heureux, de si nobles témoignages en iSiéf^ y» ne permettent pas d'en douter. » (54 et 55 , VI. ) Vous ayouerez,Monsieur, que ce nouveau certificat djB royalisme et de philanthropie (2), libéralement
(1) Des personnes qui ont vécu dans rintimlté du gt'néral Duroc m'assurent qu'il n'était point dans son caractère de faire les confidences et les communications dont l'abbc de Montgaillard se prévaut en yingt endroits de son livre; U faut admirer, du reste, le soin qu'a pris cet écrivain de ne faire parler que des hommes qui aie peuvent p|us le démentir.
(2) L'humanité du prince de Bénévent est encore Attestée* en ces termes, à la fin du septième volume : a On voit que ce j» fonctionnaire se sera produit dans tous les régimes , un seul » excepté, le régime révolutionnaire , ce qui ne pouvait avoir
4^ 43«A10BZltaX CBTTBSy
concédé à l'ancien évéque d'Autun , se concilie plus râéœent avec le langage de Téditeur, dans la note
» lîèu, et par diverses raisons: d'abord, il était hors de France, » et ne pouvait y rentrer; ensuite, l'ex-prélat aimait une liberté » douce , bénigne, conciliante , conforme à l'esprit de son pre« » mier état , à l'esprit des cours ; il repoussait l'effirayante austé- » rité du système républicain. Animé d*une modération évan- » gélique^ craignant de voir couler les larmes du* malhenrenz ^ »' comment aunit-il pu toît répandfe des flots de sang? D'ail- » leurs, la secte infernale des jacobins ne s'affiliait que des » hommes dont lame lui scmbliiit susceptible d'un certain degré • de force , &tc. Ainsi , lors même que le citoyen l'aJieyrand ce » se f&t pas montré sincère ami de la liberté constitutionnelle^ » et ennemi prononcé de la licence démagogique (car ses utUes 9 travaux k rassemblée constituante le présentent sons cet lioiio- » rablë aspect), il était doué d'une trop grande sagacité pour m se dissimuler à qud point la nature lui refusa des dehors » prononcés et l'art des longs et beaux discours. » ( et 407 , Vn.) Il est bien difficile de croire que l'abbé de MontgaiUard ail tracé lui-même toutes les lignes que je \iens de transcrire. L'historien qui accuse, k plusieurs reprises, le citoyen Talleyrand é'avoir offert- tef services à la conifettti'on , et d'avoir obéi avec résignation aux rémunérateurs de ses attaques contre la royauté, n'a pu , ce me semble , le louer sérieusement de son éloignement dci a(£ûres pul|liques pendant le régime révolutionnaire, et attri- )>uer surtout cette retraite momentanée , àla modération évangélique ^ et i la sensibilité profonde de ce diphauiU ondoyant » qu'il avait désigné, dans son premier volume , par l'épithète d'évéque agioteur , auquel il impute ensuite In note justifîcatiTe de la journée du lo août , et qu'il apj)cl]e ironiiiui nicnt le il/afsiUpn p, le Vincent de Paul de la politique, ( 48 , VI. )
GOUVEail£M£NT BOYAL. 4^9
que je viens de citer, qu*avec celui de Fauteur même, qui a reproduit si complaisamment la ùl-> meuse lettre de Mirabeau au cotDte d'Ailtraigues sur la vénalité de Tabbé de Périgord (iqS, II), et rappelé non seulement les efforts de ce dernier pour se feire absoudre, par la convention, du reproche d'avoir montré du zèle pour Louis XVI, (3o7, II; 3oi à 3o6, III ) , mais encore sa présence à la célébration de Tanniversaire du ai janvier, sous la république, (90 , V) et sa participation au coup d'état de fructidor contre les royalistes de Clichy. (5a, 64 et 74 9 ¥•) Quelque désordre qu'il y eût, en effet, dans la tète de Tabbé de Montgaillard, il n'est pas possible de supposer que cet écrivain se fût chargé de constater lui-même le dévouement inaltérable du prince de Talleyrand à la royauté et à la maison de Bourbon, après avoir écrit toutes les pages auxquelles je vous renvoie , et s'être exprimé surtout de la manière suivante sur ce grand personnage : « Le citoyen Talleyrand, d'humeur » accorte, d'opinion flexible, etc., pour mieux » soigner Tédifice de sa fortune privée, obéit avec » résignation à ses msdtres, aux promoteurs de 3» son élévation dans un régime de démocratie, aux 1 » rémunérateurs de ses attaques contre la roj aulé ! 9 Trois fois déjà sa marche ascendante fut suspen- » due : d'abord pendant le règne de l'assemblée » constituante 9 quoique, par des efforts assidus,
43o Ol^ATOBZlàltB LBttAB,
» mais qu'il présentait comme désintéressés, il eût p coopéré en première ligne à Tanéantissemeot da )» clergé, dans lequel il avait rang d'évéque, et » qu'il eût fait une mercuriale à Louis XVI (/^. 19 » avril 1791)^ en sa qualité d'administrateur civil; » en second lieu, à l'époque de rassemblée législa- 3> tive, en essayant de faire valoir F opportunité du » coup détat Jrappé dans la journéé du \o août 9 (K Moniteur^ n^ 1 90 , an 1 798 ) ; enfin , sous là » dictature de la convention , à laqueHe il fit offrir 9 ses services 9 et qui se contenta de reconnaître sa » noble conduite en secondant puissamment là » révolution comme citoyen et comme ecclésiastij> que. 4 septembre 1795.) » (1649 V.) Permettez-moi, Monsieur^ d'ajouter à cette citation deux passages non moins remarquables, dont l'un pré- j cède et l'autre suit immédiatement Véloge du carao* tère bumain et du royalisme de M. de Talleyrand , 1 et vous me direz , dans votre réponse, si vous êtes plus disposé que moi à rapporter a la même source et cet éloge et les pbrases accusatrices au milieu desquelles il semble avoir été jeté par une main jalouse de faire démentir de plus en plus l'abbé de ' Montgaillard par lui-m^e. « Bonaparte, dit cet » écrivain, donna Tordre d'enlever àEttenlieini et » k Offembourg les émigrés qu'on assurait y être » assemblés. M. de Talleyrand mit un grand era- 1 pressement à exécuter cet ordre pour la partie
GOirVSRlTBtfSIlT HOTAL. 43 <
j> qui était dans ses attributions ministérielles..... » (5i et Sa, VI.) Si tout fut iniquité et barbarie» de- » puia renlèvement du duc d'Eughien à Ettenheim » jusqu'à son supplice et à l'enfouissement de son » cadavre dans les fossés du cbàteau, il n'en est que » plus douloureux de penser que les j ours du prince » eussent peut-être été sauvés si les conseillers, les 3» sbires« les bourreaux de Bonaparte n'eussent tous, » sanî exception, apporté une effroyable inhumanité* » dans la précipitation des mesures tendant à ame- » ner et à consommer une si exécrable catastrophe. » (53, VI). £n i8i49 on verra figurer à l'ayant** )) garde des royalistes, des transfuges de la cause de » Napoléon , dont ils restèrent les défenseurs opi- » niâtres jusqu'au jour où ses bienfaits leur furent » retirés, jusqu'au moment où son courroux venait » les atteindre : tek âurent les Beugnot, les Fauve- » let (dit Bourienne), lesTalleyrand^les dePradt (i), jo les Glarke , etc. » (84 et 85, YI.) . Je ne veux pas insister davantage^ Monsieur» sur ce qui concerne le prince de Talleyrand, dans^le
(i) Le nom de M. de Pradt , cité ici parmi les transfuges de la cause de Napoléon » mm rappelle que ce célèbre écrivain se trouve pourtant compris dans la liste des publidstes et des littétenrs, qu'une note du premier volume (pag. 3i ^ Discours pré» liminaire), a recommandé à l'estime nationale pour llnflexibî- Kté de leurs principes politiques : et l'édilcur nous assure cependant que cette note est bien de la main de M. de MontgaillardI
43l| QCATOBZlàMB LETTEB y
livre qui doit faire suite à toutes les histoires de France publiées jmquà ce jour; un volume ne suffirait pas, s'il Êillaît signaler toutes tes contradic^ lions dont cet éminent personnage est l'objet, et a'an^ter aux nofmbreuaea anomalies qui trahissent partout les auxiliaires anonymes de feu M. l'abbé de Mon tgail lard. Je me bornerai donc à répéter icij qpoe, sans adopter toutes les propositions ezagé» rées de cet écrivain sur la participation du peuple français à la destruction du régime impérial, j'attribue à la force des choses» telle que je vous l'ai expliquée, la révolution politique de i8i4 , dont les intrigues du vice-grand-électcur, et les manœuvres de qudques généraux ne furent que les cause» occasionnelles. J'ajouterai que Napoléon dut comprendre en déposant le sceptre, combien les notabiUtés qu'il avait créées et Taristocratie militaire qu'il avait rajeunie, étaient sans racine dans l'opinion, sans harmonie avec les besoins nationaux, et sans crédit sur les masses. En vain ses barons, comtes , ducs, sénateurs , on conseillers d'état , s'étaient répandus d'un bout de Tempire à l'autre, en qualité de commissaires extracudinaires, pour stimuler le patriotisme des citoyens; la voix de ces hommes, dont la supériorité n'était que factice et accidentelle, s'était perdue dans le désert, après avoir mal déguisé rembarras du courtisan, dans un rôle national; et l'empereur, reconnaissant alors qu'il n'a *
CeUVEllHEMKNT ROT AL. 433
vait groupé autour de son troue que des forces individuelles , privées d'adhérences avec les sentiments et les intérêts collectifs; et par conséquent avec les forces sociales, n'avait pas tardé non plus de s'aperçevoir que l'égoîsmcy caractère distinctif des" aristocrates dont il s'était flatté de lier Texistance aux destinées de sa famille, lui enlèverait jusqu'aux secours personnels de ses créatures, impatientes de quitter un drapeau qu'avait déserté la fortune , et toujours prêtes à suivre celui qui leur assurerait la possession des richesses et des honneurs (r).
Là restauration ne manqua pas de nietti'e à profit ces dispositions des grands de Fempire; elle offrit des garanties à leur ambition et à leur vanité, et ils donnèrent en échange des serments de fidélité et des preuves de servilisme. Sentant aussi le besoin de ménager certains intérêts de la révolution et d'en sanctionner les principaux résultats, matériels et moraux, tels que la vente des biens nationaux et l'égalité'de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de rang et de titres, elle octroya >une Charte , pour servir de transaction à l'ancienne et à la nouvelle France; et comme dans cette concession exigée par les circonstances, elle
(i) Il y a peu d'exceptions à faire. M. de Monlga illard cile le duc de Bassano ; ]c citerai , moi , les exilés volontaires de Tile d'Ëlbe et de Sainte-Hélène.
434 QUATOBZlÀH£ I^EITTRE ,
n'avait pu se dépouiller ni de ses affections ni de ses doctrines, elle eut soin de fonder le nouveau {Miete fbndamental sur les traditions de la vieille monarchie; ti'appuyer le trône constitutionnel sur le principe du droit divin, et d'appeler aux fonc- XkOiB publiques, éminentes ou subalternes, les hommes qui avaient combattu pour ces traditions et ce principe , contre le système des innovations. Malgrérhominage solennel qu'ellen'osa pas refuser k l'esprit du siècle, et en dépit de toutes ses précautions pour rassurer les existences acquises depuis. 1789^ elle céda enfin à l'influence des souvenirs et des regrets , et prit de plus en plus une allure rétrograde. Ses imprudences réveillèrent Fexilé de nie d*£lbe; et lui fournirent Poocasion de tenter la plus étonnante de toutes les entreprises gigantesques auxquelles s'attachait le nom 4e Bonaparte, ti'erapire et la démoeratie, instantanément réunis contre un ennemi commun, et réconciliés en appapence^ profitèrent des fautes de la restanratioii» et ^obligèrent à repasser la frontière. Mais le sort des armes trahit les espérances de ces alliés d'un jour, qui déjà s'apprêtaient à se combattre, et la restau ration reparut plus jalouse que jamais de soumettre la France à ses antiques doctrines, et décidée aussi à.uaer de représailles envers ses adversaires, à les frapper impitoyablement, et à faire marcher de front l'application de ses théories et l'accomplisse*-
tuent àer^m vengeances. Left publieislee «C les
lateurjs de i8i5 accusèrent N.a|>oiéon et la république de n'avoir laissé après euK.qu'iin vide im» mense, sans s'apertsevoir que la république et N»» poiéou avaient été surtout chargés de défendre la révolution contre la coalition des rois» et d'en pn»* pager les maximes datas toute rjSurope, oe qu'ils avaient admirablement exécuté. On vit alors les Bonald et les Montlosier (i proclamer Ja néeessilé de retourner aux institutions de la monarchie fi&o» dale, comtne rienferpiant seules les moyens d'une réorgimisationv qu'on avait demandée en ^idn anv métaphysiciens de nos assemblées nationales ainsi qu'au génie des conquêtes. Ces menaces de résurrection eurent bientôt ranimé les passions et jeuni les idées qui avaient renversé Tordre soeial
diiul: on faisait appréhender le retour. Les invoca*
(i) La aSQlbn «lUitatm im féodale èa, parti jpèlrogwide mpailk perds» par la pvoloneatei de k paîi^rafCindaBt 4ont elle Joui au milièB dNia triôÉiphe obtenii par les .anMi de Perino»
eratieeuropéénne; et le sacerdoce étant paryehu au plus haut degré de prépondérance politique parle reste d'influence que lui laissaient son organisation et la direction des consciences ; M. de Montloiier et tes aohleaamb ont accusé le pomroir d'ingratitude et d'avenglemciit » parce ipt'il prélénit l'appui da dergé à eelui du patricUty dans im sidde oÀ lei niaxiflaaa'déinooratifiiei^ d« rëvangile, habilement tavoquéca^ pouTaîenI exereer eMot» quelque action sur les masses populaires, dont les habitudes reli* gieuses foriuAiAOt i d'aiUratra^ un élément de crédit pour l'ordre
43G quatobziëme lettre^
tkmft il Tanden régime proYOquèrent les réininis-»
eenccs révolutionnaires, et la discussion politique »e trouva reportée sur le terrain de 1789, quoique les questions qu'elle embrassait fussent irréyoca- blement résolues clans la société. La lutte a duré cbuse ans, entre les rêveurs rétrogades et les doc* trinaires libéraux. D'un côté^ l'on s'est efforcé de rendre sou ancienne vigueur au droit divin, pour £ûre entrer, le plus possible, des vieilleries et des rooa^ usés de l'antique organisation sociale dans le mécanisme gouvernemental ; de l'autre , on s'e&t retranché derrière le droit naturel , pour en tirer vingt hypothèses diverses sur l'équiHbre des pouvoirs, et Ton n'a cherché des moyens de défense contre le passé et des garanties pour l'avenir que dans la combinaison des éléments démocratiques ,
aristocratiques et monarchiques^ dans telle propor- •
eedfésiatliqiie, Inadis que l*esprit d'égalité qû travaillait tontes les tétea , oe peiaittlait plus à l'illiutnitiim héréditaire et ans motn lisloriqnes, d'obtenir sur laaodéléun 'empire réel, et de «e fidre conaidérer , pareoméqnent , «onraie les pins vtiles et
les plus puissants auxiliaires que dut rccbercber le gouvernement. Les folles tentatives et les bévues du parti, dénoncé par M. de MoDtlosier» ont du reste prouvé, et prouveront chaque jour davantage, que la réHogradetiony tentée par des prêtres 00 par des basons, est^également impossible , et qne les réofganisateurs amboorSyat issî ditisés entre eux que les constitnrionnistes métaphysiciens , ne pensent plus prodmre qne de nouveanz déeUrt* raents en cherchant à appliquer leurs vieilles théories.
GOOVSBZrEKOriF ROTAL> 487
tion. plutôt que dans telle autre, en sorte que les destinées de liôtré pays aeJsoÉt trouviées attadiées à
la valeur crune compositiou iloubleraeiit absti aile, et que Tabsolutisme ou TaDarchie ont paru immir* nents V sàott . que nos dûniîfites politiques ont mis , dans le creuset législatif, une plus forte dose de légitimité ou de som^aineté du. peuple. Mais au milieu- de» ces; débats, oiseux, qui 4iie feisaient que révéler l'égale stérilité des partisans de la rétrogra-. dation. (ij et des outologistea (2), et qu'entretenir
(i) D'il org^ane dft parti lîontre-réTolutîaniiaire, chargé ^éxprimer la colcic des siens au sujet des élections, rcprocluiit , il y a peu de Jours, nu llbéi alisme, de n'avoir rien conçu d'applicable , rien produit d'utile à la France. « Depuis quiiranlc ans qu'il Ira- » Taille au bonheur du mondé, disatt-il, il n'a fait quele troubler;* » au Uea dé la'prospérilë^' U n*a créé que la détresse; au lien de » la teberté, il ny a apporté que rànarchle et lè plus lourde le » plus trivial despotlime. » Cette appréciation de la période n! pu-^ blicnine et de Vère impériale est toute naturelle chez un publi-' ciste de la contre -ré volution : nous ne pouvons exiger de lui qu^îl reconnaisse, avec nous, les immenses et salutaires résultats' que nous attribuons à la déiiibcrafrie et aux conqiiétes deNapô-' léônîpmsqu*iUiconsistentpt^ciséita6nt daiis la destcuetiondesabus' et dès préjugés dont il iitvbqffe le tétafiti'ssèment; 'mais noùs demanderons si les bommes d*état,"dont il s'est oonstitiiéW champion, ont fait preuve d'uue plus grande capacité organique quO; les libéraux, depuis qu'ils sont arrivés au pouvoir pour essayer, pa^iàkp març^çr à|^e<})ilmis>«i laFraooecst réolkment plu»;
(u) Cest à celle stérilité des formules de roppositiou qu'il faut .
439 qokTOBoàME lbtoiv
Tagitation et le loaldise daiis la société , l'opinion pi^licjpie, scmmise à: Taetien irrésistible des faits ^ s'édairait insenaiblenjent ét découvrait le Tkle dans lequel se heurtaient incessamment, sans résultat, le £iiîtoioe de rancien régina eiti'onibre de la révoiu-i tibm Le sentiineiit de klutilîté actuelle des doctrines , miiitantesne pouvaittloncmancpierdeprovoquer tôt ou tardlarechenche etrémisnon de nouvelles idées générales sur la politique^;, ct)*OR ne tarda pas effectif vement de s'aperçevoir que les esprits spéculatifs se
lttil£iite de leurs expériences rétrograd^^ que des abstractions du crîlîcUme stationnaire? £n vain ils ont fait et refait des lois, âcctondes, torturé leurs propres Cfioceptioiis^tt vidé Vancnal do U lallation révolutionnaire etinipériale, au profit de la rétrogradation; ils. n'ont pn lui fiiire gagner un pouce de temttn dans la société française, et leurs efiforts n'ont produit, au contraire, qu'un redoublement de Imine contre les hommes et les institutions de l'ancien r^g^ime. H est vrai qu'ils ont répondu à la répunaiice de la nation pour ,^1;^ doctrine etleun plau do réor* ^pifisafion en, sabrant la j|ppasp tta<£eiise, en fosOlant la popii- Îê^okè. indaatfièUe et en décimant Jes mécontents au moyen de conspirations habilement proToquées on. encouragées. Mais ee système peut-il être le régulateur de l'avenir d*un peuple placé aux .ivaut-postes delà civilisation? On le croit à 6aint *Adieui et dans les buisaux de la Gasette,
attribuer le scepticisme , Tégoisme et l'apathie politique qui ont régné en France jusqu'au moment où les menaces de la contrerévolution ont produit une irritation générale^ un sentiment commun , un besoin de nouvelles idées à opposer aux efibrts des
rétrogrades.
Digitizoa by Gt.j(..wtL
GOUVEAirEMEST ROYAL.
mettaient partout en fràTaîl pdur créer un système moins dépourvu de concordance avec notre statistique sociale, que tous ceux dont Texpéri^te avait jusqu'alors démontré la vanité. L'école du censeur substitua un examen grave , profond et consciencieux des haiites questions de l'économie sociale aux pasquinades quotidiennes ou hebdomadaires des écrivains superficiels et passionnés , dont toute la capacité politique se réduisait à connaître les événements d'antichambre et de salon, pour entretenir, aux frais du public, une opposition spirituelle contre les ministres , avec des anecdotes et des saillies; et qui ne faisaient d'ailleurs du Hbéralisme dfe*» puis la restauration, que parce qu'elle ne leur awt pas permis de continuer les services illibéraux qu'ils rendaient au pouvoir sous Ferapire. MM. Comte et Dunoyer s'isolèrent soigneusement des divers par-* tis qui se disputaient les emplois; et de la hauteur du désintéressement et de la science , ils effacèrent les dénominations mesquines et surannées, par les* quelles se désignaient réciproquement les Actions, pour tracer une ligne de démarcation qui exprimât réellement les différentes manières d'être des membres de la société actuelle, et qui put servir à classer chaque citoyen selon sa valeur intrinsèque et son utilité. Alors le générai Tarayre prononça uu discours qui porta Fétonnement <lans toutes les sections de la chambre des députés , tant sq& idées
QUATORZlkME LEXTBE^,
ressemblaieut peu à ce qu'on av^it couUiine d'y enr tendre. Il ne chercha point à soulever le bonapar* tisme contrii le royalisme, ni à faire l'analyse de notre constitution pour savoir si le& trois principes élémentaires s'y trouvaient encore dans la proportion établie par le législateur; il aioia mieux dire^ au risque. d'élre rappelé à Tordre, que la nation se composait d'industrieux et d'oisifs, et que ceux-ci, directeurs politiqu^s.de lu société^ se faisaient payer trop chèrensent: par les tnavaiUeur;» leur service gouvernemental. Après lui vint M. Beauséjour qui, attaquant aiissi ie budget de 1 8ao^ débuta par cet exorde : « Mâ$$i0iu's, au degré de civiUsation où est p parvenue la société dans toute l'Europe , il n'existe » plus aujourd'bui que deux classes d bommes; » ceux qui vivent de leur travail ou du produit de » leurs capitaux , et ceux qui sont nourris par les » capitaux et l'indusljrie des antres^
3» Plus d y a des premiers dans une nation, plus. » elle est riche.
» Plus, il y a des derniers, plu& elle est pauvre.
y gouvernement est d'autant plus défecteux, » qu'il entretient un plus grand nombre de ces » derniers aux dépens des autres. » ( Séance du S juillet i8ao. )
11 devait résulter deux choses de cette déviation, des doctrines libérales et de i'abiandon des vieUies» formules, considérées jusque-là comme classiquieSk
GOlJy£HN£M£NÏ ROYA(.. 44^
OU sbcralkneBtelles , dan9 les rangs de To j>}iosîtioD. D'abord, puisque les oisifs étaienl portés à exagé- . rer d'autant plus les firaî$ d'administration qu'i^ étaient eux -mêmes administrateurs » et (|iie les charges de letat retombaieut exclusivenaeiit, en définitif, sur la cla^ laborieu3ey il é|ait naturel de penser que la translation graduelle de la capacité politique, des iion-producteujrs aux^ travailleurs» pourrait seule- apporter insejiisiWement un remède pacifique et efficace 4 l'abus' dont on se plaignait^ et donner une garautie sojijde aux toyens pontre la cherté excessive dw ^rvices pur blics« D'autre part , après avoir soumis la qualité de Jonciionnaire à une inves^tigation scrupult^use^ pour sarvoir si les avai^t^es (pii s'y .trouvaient at« tachés ne dépassaient pas spn importance, et son utilité réelles; après avoir distingué, daps la société, deux classes d'hommes, ceux qui vivaient de leur travail ou du produit de leurs capitaux, et ceijix qui élaien^ nourris par les. capitaux et rin» dustrie .des autrea, il fallait bien ai*river affaire unif nouvelle division, à sépare? le travailleur du capi-^ taiisle, et à se den^ander si l'existence sociale de ce demipr n'était pas aussi hors de proportion avec sa coopération effective à la production et au bien-être communs. Déjà même ces diverses questions étaient indiquées dans quelques ouvrages de neuri Saint-Simon^ que. ses réclamations en fa-
'44^ QUÂTPSZlteE ZJKRAB
veiir des industriels avaient amené sur les bancs -de la cour d*as9Îses. Bientôt de nouveaux écrits, pleins d'idées neuves, hardies et fécondes, et recéiant le germe d'un système philosophique complet, annoncèrent que ce penseur profond, en qui la plupart de ses contemporains s'obstinaient à ne voir qu'un homme bizarre, était parvenu à tirer de l'étude réfléchie du passé de grandes probabilités sur l'avenir, et qti'il avait su 8*élever au point de vue général qui semblait devoir dominer l'organisation future des sociétés humaines, les plus avancées en civilisation. Un de ses élèves, M. Auguste Comte, publia ensuite le troisième cahier du Catéchisme des industries ^ auquel il donna le titre de Système de poUtique positive; tandis qu'un écrivain, saturé, pour ainsi dire, d'esprit et d'érudition , et fort habile à revêtir les pensées les plus profondes des formes de ht naïveté, l'ingénieux et infortuné vigneron de la Chavonnières , Paul- Louis Courrier, ne craignait pas de scandaliser nos fervents équiUMstes, en mettant à nu, et en caractérisant, d'un mot, l'objet de leur engouement et de leur culte. Peu de temps après, le prodàcieur parut pour développer la doctrine de Saint-Simon , pour continuer (i) l'exploration philosophique
(i) Dcf obstacles matériels ont fait suspendre la publication â» ce journal; mais les études philotophiques, dont il devait comr muni^picr les résultats au public, n^ont point été i|iterroiBpiieft«
GOVYXlUfWJBOrT ROTAIf. 44^
dans la voie ouverte par cet homme ardent et infatigable. Les rédacteurs de ce recueil s*appli* qiièrent à arrêter le débordemast du critidsine, et à faire sentir la nécessité de fermer l'arène révolotionnairet où Ton nlavait plus à combattre que àtn rét^enmtSy pour, s'oocuper de travaux organiques devant lesquels seuls devaient disparaître les Testiges de rancien régime,, et pour chercher le nouimu lien qui pourrait maintraîr désormais Funité et l'harmonie dans le corps social. Ils firent {dos.; ils signalèrent la nature de oe lien, et s'efforcèrent de prouTer, par le simple exposé des progrès généraux de Fesprit humain, que les savants , les artistes et les industriels, qui renfermaient , , dans leur sphère respective', les divers genr«?s d'uti* lité et de supériorité universellement reconnus aujourd'hui , et qui allaient obtenir de plus en plus une influence politique proportionnée à leur yai» leur réelle, étaient appelés à ramener l'ordre dans lu société , en classant toutes les individualités de manière à tirer le meitteur parti possible de l'apti*» tude de chacune d'elles, pour le bien général; eu donnant des idées , des sentiments et un but com-i
«^rëoob de Sant^mon, loin de ae eondanuiev ra silence, par suite du non sncoès de ses efforts, ainsi que plosieurs personnes
Font présumé et annoncé, «ivec beaucoup trop de précipitation, fera paraitre, d'ici à quelques mois, un résumé complet de doctrine pour eenrir d'introduction à ses timTaux «Uéncms»
444 QOATORZiÈMIf ixnKÊ ;
inuns aux producteur«i^; en s'ot gaiiisant, en un mot, pour la paix et le travail, cooiine lea sopériorités du moyen âge iB'étaiefit organisées dans un esprit ^ militaire et religieux , selon l'exigence des intérèu prédominants à cette. époque. Mal comprise dV bord , la doctrine positive du pFoducieur n'excita que le dédain ou la colère, même pàrmi les hommes qui en avaient'éfé,eà leur, insu, les précurseurs ou les auxiliaires, en attaquant les constitutionnels immobiles et en poussant la classe pensante hors des sentiers battus du libéralisme vulgaire; mais les présentions doivent céder tôt ou tard à raroonn de la vérité , chez les espi iU» philosophiques ^ quHin «Kamen impartial • conduit souveut à adop^ ter, en connaissance de cause, ce qu*îls repoussèrent brusquement avant d'y avoir réfléchi. JMgnorc ce que pensent aujourd'hui , du systèîne scientifique industriel , la plupart de ses anciens adversaires ; une chose cependant m'a vivement frappé pendant le cetust du mois dernier , c'est que le Globe, le plus redoutable d'entite eux sous tous les rapports, a publié plusieui'S articles qui aui noncentune heureuse tendance 4 -sè /rapprocher des nouvelles idées que ses rédacteurs, écrivains de .talent et de conscieuce, combattirent autrefois avec vigueur (i). D'autres journaux ont donné
( 1 ) M . le banMd'fiïckiieiB avait piéVa oe rappvoclicaïail chms
GOUVBHH£M£NT ROYAL. 44^
aussi, depuis quelque temps, des aperçus fort remarquables sur l'organisatiou des capacités conteroporaines, sur les grandes rénovations sociales, et sur la perfectibilité de l'espèce humaine : pour n'en citer qu'un seul, je nommerai le Journal des Débats^ -où vons avez lu sans doute Fexamen du livre de M. Dunoyer par M. Fiévée, et les articles de INI. lioutard , sur le Tableau progressif des forces de la France 9 de M. Charka Dupin. - Mais ce n'est pas seulement dans le domaine des théories et dans les discussions littéraires ou scientifiques, que se font sentir les progrés de la doctrine à laquelle Saint*Simon attribuait la puis* sauce organique, invoquée par la société française;» et destinée, selon lui, à devenir, tôt ou tard le guide et le lien de la famille universelle : les faits, la politique pratique, viennent les attester encore. Jetés les yeux. Monsieur, sur la liste de» nouveaux députés que la France a choisis. Vous n'y trouverez plus en grande majorité les notabilités de la vieille monarchie, de la république ou de l'empire; les représentants de la triple aristocratie, de la naissance, de la propriété et des fondions publiques;- mais des travailleurs, pris dans les trois grandes divisiobs où s'exerôe l'activité humaine; des membres de l'académie des science? (Thénard, Yauquelin, Lefebvre-Gineau, Charlei Dupin);. des publicistes e( des philanthropes, des
446 QUAtORZlJîME LETTRE ,
«mnufiicturiers, desagncttlteura, des négoeianfS)
des banquiers, qui, de Bayonne à Strasbourg, de MoDtpeilier à Dunkerque, de Sedan à ik>rdeaux, de Lyon au Hàrre, de Nantes à Paris (i), dirigent et secondent la puissance productive de leurs concitoyens, et contribuent non seulement à la pro« spérité nationale 9 mais à ^amélioration de l'enstence humaine sur tous les points du globe : tant est vraie cette remarque^ consignée et développé^ il y a peu de jours, dans Fune de nos feuilles litté^ raires que la lutte u existe plus entre les anciem partis politiques , mais plutôt entre ^igaantaee ei les lumières , entre la paresse et rindiulne.
Cependant des réclamations s élèvent autour de moi. « Vos savants , vos philanthropes» vos indus*^ » triels « me dit-on, ne sont pas moins vains que » nos anciens aristocrates j et l'institut, les comités » philhelléniques , les sociétés d'encouragement m A de bienfaisance, et les salons de la Chaussée**
(i) Dans les collège» mènes où le parti de la rétrogradation
polilique a fait nommer ses candidats , les électeurs ont cédé à la tendance anti-aristocratique des esprits, et à la prépondérance de l'industrialisme. Marseille, par exemple, a pris ses député» dans le^professioiis qui eemioBt jreplacées seia la Ipi luimilianta de la dérogeanoe s» la coi|tre-j^oiii|ton pour^iit •'aocon^iUr ^ H. Straforello est oégociaiit, et AI; Roux , pbannaâeo* La pro« gression existe donc en réalité là oà le système rétrograde ào* mine en apparence. Mais n*a-t-on pas vu à Bourges les agents du ministère constater eux-mêmes le néant des titres de suj)ériQrité
GaDVKmfF.MBiyT EOTA&. 44?^
» d'ÀQtin reproduisent tous les travers du fau^ v bourg SaiQt4xermain. »T9n ce» viens ;j'iyou même que les notabilités actuelles n^ont pas cett» délicatesse de manières, ce vernis de politesse che* . valeresque, ces formes dHirbaiiiité exquise qui ren-* dent la supériorité aimable , ou du moins supportable , à ceux sur qui elle s'exerce ; mais la faute en est aux circonstances qui environnèrent leur première éducation, et à notre voisinage d'un ordre social, dont les préjugés laissent quelques traces, dans les mœurs» après qu^ils ont perdu tout ennpiresur les esprits. Les capacités rationnelles « morales et industrielles de notre époque, parvenues à primer, dans Uppinion^ la capacité théologique et féodale, dans un temps où Foccupatlon des bautes positions sociales offrait encore^ comme l'un de ses princi-; paui^ avantages et de ses traits caractéristiques ^ rasstrjétissement des classes élevées au code de Vot^ gueil , et à toutes les petitesses de l'étiquette ; les.
détruits par la révolution , et signaler ainsi comme ridicules les institations de l'ancien régime dont leurs patrons semblaient métnmêium pomwuTre et espérer le iétabliiMinent? Tel est l'eni-» fiu0 àu fiiileqp'î^imllrâe, àleur insu, oeuz«l& niteice:q«i te flattent de sonmettce le conre des cboset k lenrt caprices et da le modifier selon leurs vues ! Telle est la puissance de Topinion qui exprime les vrais besoins sociaux, qu elle entraîne à la fois au même but, quoique sous des formes diverses, et ceux qui obéissent de plein gré à sa direction, et cens qnî s'efforcent de Inî.
44^- QDA.TORZIRME LETTRE,
capacités rationnelles, morales et industrielles, dis-je, ont été amenées à signaler leur avènement à k prééminence sociale en s'affublant de Venveloppe aristocratique du patriciat et du sacerdoce, en prenant les habitudes qui avaient servi jusque-là d'expression à la supériorité de leurs devanciers, A mesure que nous nous éloignerons du règne de la vanité, cette morgue ridicule , trouvée dans la succession des anciens directeurs de la société, disparaîtra de plus en plus; et les hommes qui s'élèveront aux sommités de la nouvelle hiérarchie, en cultivant les sciences ou les beaux arts,- en selivrant à la production matérielle, au lieu de se présenter comme des patrons superbes à leurs concitoyens, seront conduits par la nature de leurs tra* vaux à ne se considérer que comme des associés, ayant droit seulement, dans la distribution du bien-être social, à une considération personnelle et à des avantages positifs d'autant plus étendus , que leur coopération- à la prospérité commune aura été plus puissante et plus active.
Ici se termine , Monsieur, l'exposé de mes propres vues sur l'histpire de la révolution, de l'empire et de la restauration. Je vous ai* montré le privilège expirant, en France, en 1789, sous l'éloquence foudroyante de Mirabeau ; sa résurrection, conjurée par la terreur, sous Robespierre , et sa cbute définitive , préparée dans le reste de l'Europe par les
GOUVERffEitBifT ROYAIi. 44ô
conquêtes de Napoléon. En examinant d'un certain point de vue les résultats de la popularité ou de^ là domination de ces trms hoimbes i ilest inifkmifate de ne pas reconnaître que leur apparition sur la »cèuQ politique correspond à ctiacune des* troi» grandes crises par lesquelles devait passer la révo^ iution française pour accélérer l'affranchissement .du genre humain; de telle sorte qu'une appréciation exacté de leur mission respeétive formerait une lii^ ritable histoire philosophique de cette vaste révolution. Après eux viennent les stériles débats dés réorganisations rétrogrades et dës libéraux statioiii» iiaires , qui rempUront le monde du bruit de leur vaine quereUe , jusqu'à ce jque les progrès de la . isociété et de la nouvelle doctrine orgaanqae qu'elk réclame , ne laisseront plus que des cliances de ridieule à ces voltigeurs d'époques diiserses. Je>.vouB âi donnié ^ Monsieur, un aperçu de cette doctriné'; puissiez- vous accueillir les indications qu'il renferme sur l'avenir de ûotre pays, et sur les destinées que le développement graduel de la perfecti-» bilité humaine me semble réserver, en définitif, à l'association universelle des producteurs, ou^la sainte alliance des peuples.
Mais il me reste à vous entretenir du jugement
que l'abbé de Montgaillard a porté lui-même sur la dernière période de notre histoire , et de la conclu-»
siop qu'il a placée à la fin de son volumineux pam^
45o QUATOEZlèVE LETTBE ^
phlet. Sur le premier point, deux mots suffiront: M. de McNstgailUrdy dans son tabieau des évéDeaients de ièi4 ^ i8>a5, a fiiît de la politique au jour le jour, comme s'il eut écrit pour le ConstitutioUtneL ' Fresque tous les ministres de la restaura* 4îon"y sont traités avec aussi peu de ménagement que ceux de Napoléon ( M. le duc de Bassano •excepté), ou ^ue Les meneurs révolutionnaires. M. Decazes ( 366 à 371 44^ à 45o , Vin ) , s'y trouve flétri comme M. de Yillèle , et M. de Chateaubriand lui-même ne peut obtenir grâce ( 1769 IX ) de Fapologbte de M. Budon. Je laisse à d'autres le soin de défendre le premier de ces hauts person- . nages contre d'odieuses comparaisons, et me contente d*obaerver, à Tégard do troisième, qu'il n*a pas besoin de défenseur. Quant à M. de Yillèle , ses avocats sont à Saint^Achsul ; et, Dieu aidant. Ton peot croire quHl sera bientôt forcé de recourir à leur ministère pour répondre à des accusa- . teats autres que l'abbé de Montgailiard.
Il est pourtant tine diose, Monsieur, sur laquelle je ne pense pas comme cet écrivain, quoiqu'elle appartienne au ministère de M* de Villèle : je veux parler de la réduction de la rente, ou de-la fameuse loi du trois pour cent (i). Le patron des jésuites
(1). BL de Montgailiard la quaUfie par eette «celanatioii : « Inepte et désastreuse conception financière ! » ( 1 7 1 ; IX.)
GOUYEltMBlIBlIT RÔT4L. 4^1
n'y voyait saus doute qu'une occasion d^agiotage, qu'un moyen de faire passer de IVgen^ entre ses mains pour l'exécution et le raccès de ses plans politiques, pour alimenter le zèle de ses amis et attiédir la pétulanoe de s.e$l>aii31ants adversaires; il n*est du moins, dans sa carrière minis« térielle, aucun acte dont on puisse induire qu'il ait songé alors à favoriser les classes.populaires» et à alléger le poids des chat ges que les oisifs faisaient peser sur la partie la plus nombreuse de la société. Mais faiiait«il, dans k discussion d^unè loi qui devfllit avoir ce dernier résultat, indépendamme.nt des vues du gouvernement qui la pro* {posait^ et des iapilités accidentelles qu'elle pouvait offrir d une lactfon, pour continuer de stériles tentatives de rétrogradation , fallait-il poser 1^ qpe^tion intentionnelle , par rapport aux ministres , et dans la crainte de procurer une satis* '&Otion éphén^ère 4 ces dominateurs d'un jour, re- -euler devant une amélioration importante popr la population laborieuse qui survit k tons les ministères et à toutes les factions ? C'est ce que penr sèrent qu^ques députés libéraux, qui prouvèrent par là qu'ils avaient encore plus de répugnance pour les rêveries, contre-révolutionnaires de M. de YiUèle, que de soliicUiMde édairée potir les intérêts positifs des masses nationales; et qui, dupes de la préoccupation où les tenait plongés leur po-
45^ OVÂTORZliNE LErmB,
litique superficielle et instantanée , laissèrent ainsi apercevoir le défaut de relation qui existait entre )e caractère de leur opposition et de leurs doctrines, et les véritables besoins de la majorité sociale. M. Humann, seul parmi les membres du côté gauche, ne se laissa point aveugler par les pr^entions de son parti, jusqu'à nier la valeur intrinsèque d'une mesure dont il avait compris l'utilité, parce qu'elle avait ^té conçue par une iad* ministration odieuse. Affligé de voir que ceux de ses honorables amis, qui jouissaient d'une grande réputation d'habileté financière, ne se bornaient pas à repousser le projet de la réduction des rentes par des considérations . politiques , mais s'obstinaient encore à l'attaquer datîs seâ dispositions, considérées d^une manière abstraite, relativement à certaines circonstaticés environnantes et passa*^ gères, ainsi que dans ses conséquences réelles et définitives , il eut le courage d'avoir raison contre Topinion à la mode, et de défendre ia cause du peuple contre les préjugés du peuple, au risque de lui déplaire; et l'isolement, auquel ses collègues de l'opposition libérale rabandomièrent , fit dire à un homme qui avait su s'élever aussi au-dessûs des petites passions du moment (M. Bertin de Vaux ), qu'il ne pouvait trop s'étonner de voir de quel côté on combattait le trois pour cent, et de quel côté on l'appuyait ; qu'il était iiioui que les opiniâtres
GouvxainaiBirr royal. 4^3
«hampions des doctrines mçnarc^ques se fussent décidés à voter pour une loi toute démocratique, et que les organes d^ paiti populaire l'eussent; au contraire rejeté avec indign.ation.
Voici au reste. Monsieur, sur cette grande opération financière, appréciée en elle-même, et séparée de la question des i^inistres , des jésuites et de l'indemnité; yoici quelques observations qui m'ont sçmt)lé aussi justes que piquantes, et que j'emprunte encore au Frodi^^ que j'ai cité tanit de fois. Elles sont extraites de la lettre d'un rertr tier converti (i), et vous paraîtront peut-être non moins instructives qu'anmsai^tes. L'honnête oisif, dans sa judicieuse ni^fveté, flfexprime de la manière suivante :
«cLorsque le pipemier projet de conversicmfutpror » posé, je tremblais de voir cet accord du ministère j>avec les banquiers cosmopolites ; ils offraient, » comme VQns le dit^, le secours des capitaux de » l'Europe, pour faire la loi aux rentiers français , j> et nous présentaien^t une nouvelle.téte de Méduse. ■» U n'y avait pas moyen (te reculer; mais j'espérais V dans notre noble chambre des pairs, et mon'at- » tente ne fut pas trompée. Les rentiers y trouvée a» rent de dignes défenseurs; on y combattit; victo- » rieusement l'injuste attaque des banquiers contre
( I ) Gdte |«Uw est de II. P. Enfimtîii.
454 QVATORBiÈME LETTRE,
» notre indokrwe , qti'ih Tôulàieilt payer un peu
» moins cher , et le projet fut rejeté.
» Ce fut un jour de féte pour nous, Monsieur ; 9 et si vous examinez avec attention l'effét produit » par cet événement , vous vous convaincrez » que Autre joie fut partagée par la majorité des » gens qui nôuS paient lios rentes. GettB excès- » sive générosité de leur part m'étonna , je l'avoue ; 3» je cherchai à cdmpi^ndre pourquoi ils aimaient » mieux nous payer cinq que quatre , et je n*en » trouvai pas la raison; mais je ne m'arrêtai pas » lolig-tempè à ereusier cette idée/ ce n'érait pas 9 tnôn afiaire* je pris le fait cooimé î\ se pré* D sentait, et je vis, dans les bénédictions géné- 9 raies dont la chambre des pairs fut couverte, 9 la certitude que tout le monde s'intéressait à 9 nous , et que les efforts faits par les ban- » quiers, pour i*éduire nos rentes, n'étaieiit pas "9 conformes aux désirs du public, par cônséquent 9 aux intérêts réels de la nation.
9 Le petit nombre de conversions, opérées Tan* 9 née suivante , me raffermit dans cette idée : je 9 fus presque porté à croire qu'il y avait une Joi » naturelle qui devait maintenir, en Fj^nce, Tin- 9 térêt à cinq pour (Sent ou au-dessus; fnais cette » espérance ne sufQt plus aujourd'hui à ma tran- 9 quiilité , en supposant même que vous ne m'eus- 9 sie% pas démontré que les rapports qtii ejdstent
GouvBBinmBirT royal. 455
» entre les préteurs et les emprunteur^ pourront » être changés au désavantage des premiers. Les
>/ réflexions que je vous ai communiquées me 9 ïout craindre que moa revenu de io,oqo francs » ne permette pas un jour à mon fils de vivre, » même misérablement. Je me rappelle un temps » où lOyOoo francs d'assignats ne pouvaient point 9 faire vivre un mois, et peut-être en serant-il » bientôt de même avec io,ooo francs do rente, p même en argent.
» Tsà. entendu parler des nombreuses tentatives » faites depuis quelques années, par des spécu- » lateurs anglais, pour perfectionner fexploitation » des mines d'or et d'argent. Notre bonne étoile » veut que plusieurs de ces essais soient infruc- » tueux; mais je vous Ip demande, Monsieur, » si Tor et Fargent sont assez facilement extraits » du sein de la terre pour être vendus à moitié » prix de ce qu'ils valent aujourd hui, qu'aurai-je » avec mes dix mille francs de rente , c'est à dire » avec mes r»o,ooo grammes d'argent ? On me
donnera bien toujours le même poids de mé- » taux; mais si cela continuait, 5o,ooo grammes » d'argent bientôt ne vaudraient pas plus que .» 5o,ooo grammes de cuivre , et nous souffririons j» seuls de cette calamité, car nous sommes les y> seuls dont la fortune soit essenticllemeiit no- » minale.
456 QUATORZIÈME LETIHÊ,
» Je vois bien qu'oft ne mange pas, qu'on ne » s'habille pas, qu'on ne se loge pas avec de l'ar- » geDt seulement ; sans cela , je serais aussi bien » nourri, vêtu et !ogé avec lo^ooo francs en jâft6 » qu'en 1789; et je crains, puisque je ne peux avoir , » avec cette somme , toutes les commodités qu'elle » me procurait avant la révolution , que mon fils , » dans quarante ans , n'éprouve une semblable dif-
» ficulté MoQ iils, je le vois, ne peut trouver
» que dans le travail les moyens de conserver Tai- » sance que je lui laisserai , et de l'augmenter dans » la même proportion que celle de tous Jes mem* 9 bres actifs de la société qui Tadtoure. En lui lé- » giiant l'oisiveté, je l'exposerais à toutes les priva- 1» tions que j'ai éprouvées , et je le condamnerais 9 d'avance à ressentir, sur ses vieux jours » les re« » grets qui me tourmentent aujourd'hui.
' D Je comprends à présent votre indifférence , je » dirais presque votre cruauté , à l'égard des reni> tiers. Vous pensez que la patrie réclame, avant » tout, le travail de ses enfants 4 vous prônez les » travailleurs, et, je le sens , c^est à ce titre seul que » la société peut s'intéresser aux hommes qui la » composent. Malgré tous vos efforts , Monsieur , » vous aurez bien de la peine à prouver à une foule » d'oisifs, comme moi, qu'ils ne sont pasdes memn bres très utiles du corpssocial; plusieurs vous dip ront qu'ils font vivre les travailleurs par leurs dé«
i^yiu^ud by Googl
GOUVSRn£M£ffT ROYAL. 4^7
» penses , et que le bien-^tre public exige qu'il y » ait beaucoup de gens qui se reposent pour payer » ceux qui travaillent. Je ne tous répète çeA absurw » dités que pour vous prévenir qu'elles régnent » encore dans bien des têtes , même dans celles des » travailleurs. Je sais fort bien que nous ne payons » Jes travailleurs qu'avec les rentes que nous pré- » levons sur eux. Or , plus ces rentes seront peti^ » tes, moins nous leur achèterons des produits, p et par conséquent ces produits resteront à leur » disposition , pour satisfaire leurs plaisirs et non » les nôtres. Mais vous savez combien les plysgrosj» ses absurdités sont difficiles à déraciner; vous se* » rez , obligé d'employer , je le crois , bien des » moyens différents pour opérer cette révolution » pacifique à laquelle vous travaillez, et qui doit » établir un jour la prédominance du travail sur » l'oisiveté, a»
On ne saurait trop déplorer , Monsieur , qu'une loi, qui devait bâter inévitablement cette révolution philanthropique, ait été présentée par un ministère, justement poursuivi d'ailleurs par l'ani-^ madversion publique, et condamné à ne pouvoir pas même fiaiire le bien, tant son attitude hostile envers les intérêts de la nouvelle France, avait disposé les meilleurs citoyens à voir toujours un piège caché , derrière celles de ses propositions qui n V Voient pa^ évidemment une tendance coptre-féyQ».
459 QUATOnZlÈMf USTTREy
lutionnaire, «u qui s'offraient même avec un caractère d'utilité. Car, sans le discrédit où était tombée; l'administration qui imagina de réduire la rente sans les coupables précédents qui lui firent appliquer le tUneo Danaos^ il est permis de croire qu'une foule de personnes qui s^élevèrent, avec une espèce de fureur ., contre la loi du trois pour cent, auraient reconnu, comme le rentier converti^ qu'elle était favorable aux travailleurs (i), c'est à dire à la na* tion tout entière, moins une poignée de bourgeois, et quelques grands seigneurs («a) et leur livrée. Je vais à présent, Monsieur, vous exposer, aussi
(i) Ilne&utpaft'entendre senlement par le mot de travmllturM lesBommes qui se livrenlà la produetion matérielle, mais généralement tons les membres de la société qui contribnent à satisfaire ses besoins île toule nature , intellectuels, moraux ou ])hysiques, et qui cxerceot par conséquent leurs facultés dans les sciences, les beaux^rts ou l'industrie. Le poète, l'orateur, le moraliste, etc., qui s*appliqueiit à réveiller ealbomme des sen^ timents généreux et énergiques pour le porter à telle ou telle action, utile à ses semblables, sont des artistes dans le sens que le Producteur attache à ce mot, comme "le ] cintre et le sculpteur qui se j)roposent le mrme résullat dans la confection d'un tableau ou d'une statue. Le propriétaire qui dirige Vexpioh» <tation de ses champs est aussi un travailleur, dont lie conoours à la production agricole n'a pas moins d'importance qot le travail du chef de manufacture.
(•2) Je AÎA quelques grands seigneurs ^ parce que le plus j^rand nombre d'cntr'ciix est aujourd'hui associé à des enlrejirises îndustriclics La force des choses les y entraînera tous.
brièvement que possible, mou opiùion sur la conclusion qui termine rhistoire de France de M. Tabbé deMontgaillàrd. Je vous ferai observer d'abord que ce morceau, non moins rempli de déclamations et d'incohérences que tout ce qui précède, est moins, à mon avis, une* conclusion qu'un résumé, dans lequel on retrouve, sous une forme sommaire, les appréciations injurieuses ou ridicules, péni* blement délayées et ressassées jusqu'au rabâchage, dans huit volumes et demi. Les nobles, les prêtres, les philosophes, les rois et le peuple de Tancien régime , reparaissent avec tous les traits hideux* que nous leur avons vus dans le discours préliminaire et l'introduction historique. Quant aux hommes de notre époque, il y a pour eux aussi une reproduction des couleurs effrayantes sous lesquelles on nous les a présentés jusqu'ici. La lâcheté, l'ambition , l'aveuglement , la perversité, forment -encore les attributs des royalistes et des patriotes, des républicains et des bonapartistes. Quatre hommes seulement échappent à peine à la démoralisation universelle ( aGa , IX ). Certes , ce ne sera pas moi qui réclamerai contre la justice rendue à Lafayette et à Larochefoucault - Liancourt : mais je regretterai qu elle ne se soit pas étendue sur ti autres contemporains illustres, dont ces grands citoyens auraient eux-mêmes attesté les vertus et le civisme; et je ne craindrai pas de protester , au nom de l Uou*
4Go QUATOHZIÈME ^TT£S , '
neur national et de là vérité, contre Fétroite ex-*
ception qui réduit à quatre les caractères purs, ou hércûques, dont la France peut se glorifier depuis 1 789. Je ne contesterai pas non plus les quali^ tés honorables des deux autres personnages cités par M. de Montgaillard; mais je dirai liardiment qu'il me parait ridicule de présenter comme les ^euls patriotes invariables; comme étant en 18*4 ce qu* Us furent en 1789 (û/. ) Lanjuinais et Boissyd'Anglas ; Lanjuinais I qui vota, en 1789, contre le système des deux chambres, et qui siégeait, en i8a4» dans une chambre haute; qui se prononça fortement, en 1 790 , pour l'abolition des titres , et dont le nom, accolé au titre de comte, ne se retrouve plus depuis long-temps avec sa brillante simplicité et sa nudité roturière, même dans les recueils libéraux doqt il fut un des rédacteurs I £h Boissy-d'Anglas ! iipprobateur aussi de Tabolition des titres nobiliaires à l'assemblée constituante, et depuis comte de l'empire et de la restauration, selon la remarqyè de Montgailiard lui-même; correspondant de Louis XVIII, sous la république, -dont il avait juré l'établissement et juré le maintien; membre du sénat impéris^l et de la commission chargée de protéger nos franchises à la manière dont M. de Bonald veillait naguère sur la liberté de la presse; pair de Fraiice en 181 4; pair de l'empire, 181 5 , pendant les cent jours, et habile à glisser
OOUVBIlifEiiEin' ROtAt. • 4^1
le lïiot royaume daus un amendement sur la loi de police, discutée àprès les désastres de Waterloo; ce
qui lui valut un éloge de sa rare prévoyance de la part deXhibaudeau 1 Que Ton sache gré à ces hommes de ce qu^îls ont bkt de bien ddns leur carrière pu^ blique, surtout pendant ces dernières années , en s'opposant avec aUfanl de zèle que de talent aux envahissements dû jésuitisme ; que l'on admit*e leur coiirage au 3i mai , ou au i'^ prairial; qu'on rende horomage à leurs lumières et à leurs vertus privées'; mais que léurs droits à restime et à là reconnâiss* sance nationales ne soient pas exagérés au dé*triment d^uiie génération*, illastrée par tous les genres d'héroïsme, et quefdn n'aille pas chercher le vieux démocrate, au milieu des vanités du bla-» son et sous le manteau de la pairie , pour lui décer^" ner le prix de la constance, et l'entourer exclusif vemént d'admiration et de respect. * •
La conclusion de M. ^de Montgaillard contient aussi y Monsieur, une explication fort curieuse, dans laquelle cet écrivain semble aller au-devant des reproches qui devaient atteindre son livre. Un dirait que, du fond du tombeau, l'historien a re*> cueilli toutes les réflexions critiques qu*a fait naître Tapparition successive de ses huit j^remiers volumes, et qu'il a dicté ensuite, de l'autre monde, aux secrétaires qu'il avait laissés dans celui-ci, la page destinée à servir de réponse aux principaux griefs
ifi% QVàTORZIKME SSTTBJS |
dont son ouvrage était Tobjet. « L'on nous repro- 9 chera saos doute, dit-il, de nous être exprimés » avec acrimonie, avec irascibilité , sur le compte 9 des principaux auteurs ou complices de la révo- 9 lution; peut-*étre même nous accusera-t-on d'à* » voir voulu accabler quelques uns de ces personn nages sous le poi(U de leur nom, en rappelant » aveo sévérité, mais avec fidélité, toute teur con- » duite politique : nous n'avons jamais eu de si » lâches pensées; mais aussi aucune considération » personnelle ne nous a fait taire la vérité; nous jft avoQs retracé les actions et rapporté les paroles 1) des révolutionnaires de toutes les époques , de 9 tous les rangs et de toutes les couleurs; c'était 9 notre devoir comme annaliste , comme Français. » En signalant les fautes commises depuis la res- » tauration , nous a,vons été dirigés par cejt esprit 9 de vérité et d'imparfialîté qui doit ne faire accep- » tion, ni de sectes, ni de partis, ni de person- » nés... ( J )• Si dans ces annales, nous avo^s commis
(i) L'éditeur trouve ici roccasîon d'une nouvelle note pour nous Élire observer que M. de Montgaillard a poussé l'impartislité jusqu'à s'exprimer sana management ma le compte defnn de ics parents, Ule marquis deViUenenye, ancien prieur d'Argan-
ton , aujourd*liui pnifet de la Corrèze. Singulière ])reuve d'impartialité ! Comment l'éditeur n'a-t-il pas senti qu'il ne faisait qu'attester la monomanie diffaniat(»ire de son abbé, à qui la jiarenté pouvait bien d'ailleurs n'oi£rir qu'un motif de plus de médire et de déchirer.
GOUYBRlTElIffENT ROTAI.. 4^^^
» des erreurs, c'est sans le vouloir, sans le savoir, 9 si nous avons porté de faux jugements ^ c'est la I» faute de notre esprit, et non œNe de notre corar; » loin et à jamais loin de nous V intention de blesser » les individus l » ( 376 et 1176 , IX. ) Quelle humilité soudaine! quelle incroyable bonhommie ! chez l'ar* rogant et infatigable satiriste^ que nous avons vu s'obstiner jusqu^ici à ternir* complaiaammetit toutes les illustrations de l'antique et de la nouyelle France! Qui l'eût cru, Monsieur! que les réclamations élevées de tout coté contre l'abbé de Montgaillard^, à la lecture de mn livre, ne sennent pas perdues pour lui, quoique, depuis deux ans, il eut cessé de vivre 1 qu'il sauratt assez en profiter, pour s'expli* qner, dans un dernier volume, sur l'acHmonie et l'irascibilité dont on le blâmait universellement ; et pour essayer de corriger^ au moyen d'une protes» tation édifiante^ contre toute intention malveillante de sa part, les fâcheux effets produits par les déclamations injupienses et lea interminables diatribes, f{ui lui avaient valu , dans une Histoire ( i ) de-Nm^ poléon^ le titre de misérable pamphlétaire^ qui sa- Ht tma ce q^'il touche! Pour moi, je n'aurais jamais pensé. Monsieur, que la mort pût opérer dè pareilles conversions, et donner tout à coup à un énergumène les apparences d'un bon apôtre; je
(i) Cette histoire est attribuée au générai Jornini.
464 QUÀlfORZI^KB
n'aurais pas osé croire surtout qu'il fut permis à cë tardif converti de renouer eea communications ayet les vivants pour leur £siire agréei^ sa palinodie. Mais l'exemple de rab|:)é de Montgaiilard confond moh incrédulité , et je ne puis plus douter qu'il n'ait eu réellement l'avantage inappréciable de se survivre à lui-méuie, quand je songe qu il a réparé, dans sou huitième volume, publié en mai ou juin iSay^ une injustice connnise envers M. Grégoire (i), dans un volume qui avait paru dans le courant de la même année, c'est à dire deux ans après la mort de Tau» teur; quand je réfléchis que cedi^rnier, descendil dans la tombe, en 182S, a pu rectifier, à deux mois d'intervalle, en 1827, une erreur grave sur le ma*' tréchal Davout, qu'il fait mourir, d'abord en iStg, et qu'il tue une seconde fois en i8sî3j époque à laquelle le prince d'£kn>iihl cessa effectivement de vivre. Heureux historien! à qui les destins ont ainsi accordé le rare privilège de repasser le fleuve qui nous sépare de Téternité) pour venir mettre à profit les sages leçons d'Horace, pour polir et repolir son travail! Heureux revenant! qui a trouvé un secrétaire assez hardi pour oser écrire sous sa dictée! ' Je finis enfin, Monsieur, en recominandant à vo* tre attention la dernière phrase d'un livre , sur le mérite duquel nous devons être fixés depuis long*
(1) yàyez les Pièces just^àtives '
*(k>l)VÈllN£M£^X ROYÀt.
temps, cf lIoMorons les classes moyennes, dit l'abbé » de Montgaillard ; elles sont la force d'un état; les » hautes classes n'en sotit, le plus souvent, qu'une » vaine décoration. >^ (o.Si , IX.) Tant de gens, et des gens d'un très grand mérite, dont lopinion fait autorité dans le monde politique, nouà répètent tous les jours la même chose, qu'il peut n'être pas inutile de demander des explications sur ces classes moyennes y pour savoir si elles forment réellement In force de l'état, et si elles ont droit à l'espèce de cuite qu'on leur rend.
Qu'est-ce d'abord qu'tme classe moyei^ne? Ou est la ligne de démarcation qni la sépare, d'une manière précise, des cLisses inférieures, d'un côté, et dc hautes classés^ de l'autre ? Le banquiér opulent, le riche manufiicturier, le fastueux négociant de la Cbaussée-d'Antin, entrent-ils dans cette sphère mitoyenne aveô le petit marchand de la rue Beaubourg ou de la place Maubert? Et les membres de l'institut doivent-ils être compris dans la même ca^' tégorie que l'humble tnagister qui soutient une pénible concurrence, dans son village, contre les tgnorantins? Je crains bien. Monsieur, qu'on ne puisse mè donner tine réponse satisfaisante là-des- Mis, et qu'en m'imposant le devoir d'honorer les classes moyennes , on ne me laisse ignorer à qui s'adresseront positivement mes hommages. Mais pourquoi adopterions-nou.s une classification incer'*
466 QUATORZIEME LETTHE ,
taioe, qui nous exposerait aux plus étranges mé*
prises dans la distribution de notre estime, en BOUS présentant parfois comme les membres Içs plus Utiles de l'état, des hommes que Tétat nourrit somptueusement sans en recevoir le moindre service ? Les rentiers, les propriétaires oisifs^^dont se compose cette bourgeoisie, qui fait, dans le jargon de la bonne compagnie , la plus bel ornement des classes moyennes, loin d'être la force de la so- . ciété, ne font au contraire qu'absorber la meilleure partie de ses ressources sans rien produire pour elle : ne serait-il pas souverainement injuste de leur attribuer l'importance et la considération dues aux seuls citoyens y qui, selon l'expression de M. de Montgaillard lui-même , répandent le travail et F aisance dans toutes les classes de la société , ajou' tent aux commodités de la vie, prodmsent les chefs» d œuvre qui deviennent le plus beau luxe de l'opu" lence etfécondmtdes siUons quinournssentle trône et le peuple? {^id. ) Prenons donc une autre formule pour nous guider dans TappréciatioD des dif* férentes valeurs sociales; abandonnons une division qui confond, dans une même dénomination , les choses les plus disparates, l'indolence et l'activité; et qui nous entraînerait à priser, pardessus tout, le bourgeois inutile, tandis que nous n'ai rions que du mépris , pour le prolétaire laborieux , et de la haine, pour le grand seigneur, qui aurait
GOUVERKEMENT ROYAL. 467
abjuré les préjugés de sa caste, pour contribuer à la prospérité commuoe, en se livrant à Texploitatiou de ses champs , à des entreprises commerciales , à la culture des sciences ou des beaux-arts. Ne disons plus qu'il faut honorer les dusses moyennes , mais plutôt les hommes de toutes les classes, qui, exerçant, dans leur position respective, leurs facultés intellectuelles, morales ou physiques, concourent à la production du bien général, et sont ainsi les véritables artisans de la richesse, de la force et de la gloire sociales.
La distribution de la société en classes haute , moyenne et inférieure, et la prédilection dont la seconde est Fobjet de la part de certains publicîstes, nous expliquent, au reste, comment ces prétendus défenseurs des intérêts du peuple ont méconnu tant de fois les Vœux et les besoins de leur nombreuse clientelle; comment ils se sont crus parvenus au dernier terme du perfectionnement social,, parce qu'ils avaient obtenu certaines combinaisons gouvernementales qui faisaient passer l'importance politique, des anciens privilégiés, à la bourgeoisie, leur classe favorite (i); et qu'ils avaient pu faire
(i) Un journal fkroppoiitioB royaliste conslitudonnelle renfemiait , fl y a peu de jours, les tdlexioAS sniTaotei : « Fortifiez » le salutaire asoendautde la bourgeoisie, toujours amie du re- » pos et de l'ordre; car, après tout, qui souffre de la Joi d'al- » nesse? la bourgeoisie, t^ui a (Quelque chose à partager entre ses
4 Go , QUATOiiziiaii: li:ttjie ,
inscrire; sur un morceau de papier, les mots de
liberté et d'égalité. Que iniuiquo-l-il en elïct à une uatioa de trente millions criiabitants , lorsque les cent mille individus qui fonnent l'élite de ses citoyens, et dont la satisfaction doit être considérée comme le but de l'activité sociale, jouissent de tou- " tes les commodités de la vie et de toutes les libertés politiques ? Lorsqu'ils peuvent se servir du niveau de la loi et des doctrines libérales vis-à-vis de l'ancienne noblesse, quUls priment d'ailleurs par la fortune , sans que cela les en^ni^e à faire Tapplication de leurs principes d'égalité, en faveur des vingt-neuf millions neuf cent mille individus , placés au-dessous d'eux sur l'échelle sociale ? Lorsqu'ils peuvent déclamer à l'aise dans un salon, voter dans un collège , Êiire un livre ou parler à la tribune ? Ce qui lui majujuc, je m'en vais vous le dire. Tandis que les organes des classes moyennes s*efîorcent de lui prouver qu'elle doit s'estimer la pîus hemeuse des nations, d'avoir échappé à la censure et d'avoir obteuu des chances de majorité à la cbambce élective , ce qui peut amener la sub^
» enfants, ef non le petit peuple, quin*.i rien. Qui se ruine :ni 3 » .]K>^r loo? la bpurgediaiew.Qai s'indignit de la censure? la » boufgeoisîe, qui aime à Iîn et . à- penser' librenwnt; et non le » petit poiplç , ijul ti*a'qae le temps de Jlravsiller nfin de gagner » M vie. « Ceci confirme pleinement ce que Nedier lift dire aux prplcla^rçs qui forment .lu masse du peuple»
Digitizoa Ly Gt.j(..wtL
GOUVERlViflCBirT HOYàL. 4G9
slitiition de M. de Talleyrând^ ou de tout autre , à M. de Villèle, et remettre en honneur lés invôca- '
tious à la liberté et à 1 égalité coustitulioiinelles ; une grande partie de la population est mènaçée de ne pouvoir plus vivre de son travail , à côté de (juelques hommes qui regorgent de biens et dissipent, dans l'oisiveté et dans le faste , les produits de son ' pï^pre labeur. Rassurez donc cette classe infortunée , en lui rappelant votre égalité abstraite. Mais non, vous ne portez pas si bas vos regards; ils sont irrévocablement fixés sur la classe moyenne; elle est dans Tivresse du triomphe , peu vous importe donc que* le grain manque au marché , que le prix du pain s'élève partout à un prix exliorbitant , que la misère provoque le crime , et que les gens, qui ont faim , l'expriment par des excès.
Que prétendez-vous donc ? va-t-on me dire. Si vous regardez comme stériles les garanties constitutionnelles, la liberté et l'égalité consacrées par la Charte , quels sont vos remèdes aux malheurs publics, vos moyens de bonheur social? A défaut d'effîcacité dans la loi qui proclame l'égalité des ci* toyens, voudriez-vous établir violemment une égalité de fait, niveler la société , partager les terres ? Je ne veux rien de tout cela, répondrai-je ; mais je désirerais seulement que la science politique prît un caractère assez positif pour que ses abstractions pussent correspondre aux réalités et devenir appli*
QUATO&ZlàME LETTAE , .
cables. Je voudrais, par exemple, qu'au lieu de crier incessamment à la foule des hommes qui supportent tout le poids de Finégalité , et qui sont enchaînés aux plus pénibles travaux par le besoin , qu'ils jouissent de toute la liberté possible et de la seuleégalité légitime; je voudrais qu'on s^occupât de fournir au législateur des idées moins creuses sur Torganisation sociale, et qu'on lui indiquât une voie sûre pour améliorer pacifiquement l'existence de cette masse de malheureux ; pour augmenter la part qu'on leur laisse dans le produit de leurs sueurs ; poTir les éloigner ainsi graduellement de la servitude réolle qu'enfante rindigence, et les rapprocher, de plus en plus, dans la pratique, par un accroissement continu d'aisance et de lumières, de la liberté etde l'égalité théoriques, dont on a la sottise ou la barbarie d'exiger qu'ils se contentent ; je voudrais enfin que l'immense majorité , que la portion active de l'espèce humaine ne fût pas réduite à s'écrier avec Necker : v Que m'importent yos lois » de propriété ? Je ne possède rien. Vos lois de li* » berté ? si je ne travaille pas demain, je mourrai. » Pour cela, il &ut cesser de faire consister la bonté d'un régime quelconque, dans la proclamation de certains principes abstraits 9 et renoncer à considérér cette proclamation comme le but social; il faut voir dans Ta reconnaissance des libertés politiqiies par le pouvoir , non pas le dernier terme des
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efforts civiques, ni le type du bonheur public, niaîs seulement un moyen de rendre* ces efforts plus efficaces et de parvenir plus promptement à ce bonheur ( i). Un rôle assez beau reste encore à la liberté légale dans ce système : en protégeant l'exercice de toutes les focultés, elle contribue au déve* loppement des forces individuelles, à l'augmentation des éléments de prospérité générale, et àTextension de la liberté de fait (a) , qui , après tout, est la vraie hberté. •
(1) Les-dckitrlnes lîlHjrales eurent une Tnlenr pro^ressÎYe, dans la période révolutionnaire, pareequ'elles fournirent les moyens d'accomplir ce qui formait alors la principale nécessité du temps , c'est à dire la destruction d'un ordre suranné ; mais lorsqu'après la chute définitive des vieilles institutions , le libéralisme s'obstine à donner, pour le dernier terme de la perfectibilité sociale, Tintrodiiction dans la loi, d*nn principe dont la vertu eorrosive ne peut plus s'exercer que sur les restes impuissants de Tancien régime, lorsqu'il se eomplait dans la contemplation de ses coiiquêtes légales ou fictives , sans rien voir au-delà , sans s'apercevoir rjue ces .ibstrnctions tant chéries ne j)eiivent plus conserver leur caractère d'utilité , que comme auxiliaires pour parvenir plus aisément au véritable but social, et pour porter le perfectionnement dans le domaine des réalités ; le libéralisme alors n'est plus que stationnaûre. Cette distinction poum servir à ex- \ pliquer les jugements divers que j'ai énoncés snr les libéraux de la révolution et sur ceux de la restauration. Le zèle des derniers s'épuise contre des débris, et concentre péniblement les efforts du gros de l'armée philosophique contre l'arricre-garde de Tar* mée tbéologiqueféoda'e^ irrévocablement détruite.
(3) Sous certains rapports^ la liberté de fiiit est d^è aases
Voici, Monsieur, ma dernière <rbseirvation. Dans le cours de cet examen critique , je vous ai laissé
entrevoir plus d'qne fois le désir de signaler, au blâme public , les écrivains qui m'ont paru se cacher derjière l'ombre d'un homme mort depuis deux anft, pour louer leurs amis sans retenue et ou<t trager impunément leurs ennemis : c'est assez voqs dire que je ue veux pas les imiter, en vous laissant la responsabilité de cet écrit» Veuillez donc, en en-? voyant cette dernière lettre à l'impression , ne pas toucher à signature qui doit vous décharger du fardeau que vous avez accepté, dans yotre pr^t fpeçtus.
J'ai riionneur,etc,
grande «n France; et c^ett ce qui «t'a fiiit dire que no» ârîoaa plus libres , par la grâce de Dieu,, qo'oa ne Vest en Amérique, parla volonté du peuple; mais il faut étendre l'empire de cette liberté réelle, et en faire pour tous un moyen de développement pour les forces sociales qui doivent assurer rprdie et le boniieuf: de ravenir.
Oiyi: