‹ Réfutation de la doctrine de Montesquieu, sur la balance des pouvoirs, et aperçus divers surChapitre 3 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le moment parait faiforable pour fixer les-piùrt' cipes du droit public en France.

Si je n'étais persuadé que nous sommes parr Tenus à une époque où Ton peut livrer des combats décisif au:8L fausses doctrines qui, depuis {)Iùs d\m demi-siècle , ont menacé de replonger 1&

(6) genre humain dans les violences , et, par une suite nécessaire, dans la stupidité des temps les plus barbares, je n'espérerois aucun succès pour des vérités toutes différentes de ces illusions d'orgueil et d'indépendance auxquelles nos esprits cherchent si naturellement à s'abandonner : je me contenterais de professer mes principes dans les lieux et dans les occasions où il serait de mon devoir spécial de le faire, et j'attendrais du temps et dune expérience tardive le remède à d'inévitables malheurs. Mais cette expérience est arrivée. Appuyés sur elle, les argumens prennent une telle force, que la résistance la*^Ius opiniâtre en est ébranlée. En vain un cours d'ndées contraires, et la crainte d'apercevoir et de reconnaître qu'on s'est trompé, viennent-ils épaissir les voiles qu'on voudrait jeter au-devant d'une lumière importune; un peu de constance doit achever de les écarter, et ce serait une grande faute que de laisser ce reste de nuages prendre une nouvelle consistance, et rendre encore une fois nos destinées incertaines.

L'on ne s'étonnera donc pas que , touchant au moment où les Chambres vont avoir de nouveau à s'occuper du sort de la France, je m'efforce d'arriver , s'il est possible , à des solutions incontestables, même pour les esprits les plus prévenus. Je désire, sans que cependant cela soit indispensable, qu'on veuille bien se rappeler les

principes que j'ai exposés par suite de ma propo-» sition du 8 janvier denlier, à la Chambre des Pairs , et que j'ai étendus depuis dans de non-^ veaux développemens postérieurement publiés.

Je continuerai à prendre le texte de mes observations dans les objections qu'on m'a faites , et particulièrement dans un journal dont les rédacteurs, quoique d'un avis différent du mien , me semblent avoir reconnu que la doctrine que je professe est digne de quelque attention, (i).

Je ne cacherai pas à mes nombreux adversaires que, poursuivant toujours de vrais romans en: politique et en législation , ils rendent de mauvais services à l'humanité en la retenant , sans toutefois le vouloir, dans les régions de l'erreur. Je persiste donc dans mes réfutations j et, reprenant une attaque que d'autres occupations avaient intei'rompue , je viens, dans un troisième écrit, révéler au public des réflexions que , je n'en saurais douter, il a déjà faites de lui-mcme, mais dont il ne s^est peut-être pas rendu compte d'une manière positive. Cette discussion nous conduira, d'ailleurs, à dçs aperçus politiques dont je n'avais pas encore parlé j et cette fois j'ai lieu de penser

(i) Ce journal est le Constitutionnel^ il a employé deux articles dans ses feuilles du a2 mai et du g juin , pouir répondre à mon dernier écrit«

fttc mon sujet étant presque épuisé , naes lecteurs n'auront plus qu'à prononcer leiu: jugement , sans qu'il soit besoin désormais de plaidoyer» ultérieurs.

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