ART. III
« Les frégates ne quitteront pas « la rade de Rochefort avant que les a sauf-conduits demandes ne soient « arrivés. »
Afin que rien n'entravât l'exécution de cet arrêté , le gouvernement provisoire de la France s'était empressé d'adresser au gouvernement anglais une demande à l'effet d'obtenir un passeport et un sauf-conduit pour que Napoléon pût se rendre en Amérique : cette demande
( 10) aTriv^ au miiustère anglais ^^ns la nuit d\i 3o juin.
« Une réponse négative a ^te faitç f< à cette demande , e^ ^ en conséfc quence , lord Keith ordonne de ce redoubler de vigilance pour intérim cepter Bonaparte. S'il vient à être H pris y il doit m' être amène dans cette « hBX^i^\imou\}Di)^paTce.que j'ai des fc ordres pour disposer de s^personr « n^.» — Ces expressions i^ont çxtraites d'uue lettre du contre amiral sir Henri Hottam , adressée $iu capitaiqe Maitland, commandant le BeUéro^ phon, le 7 juillet i8i5.
Le lendemain , 8 juillet , le capitaine Maidand reçoit une nouvelle lettre ainsi conçue :
« Les lords commissaires de Ta-
« mirautë , ayant tout lieu de croire a que Napoléon Bonaparte médite
<f de s'évader de France en Ame-
ce rique avec sa famille , il vous çsf, « enjoint par le présent ordre conc< forme à ceux de leurs seigneuries , a et qui m'a été signifié par le très i< honorable vicomte Keith , amiral, li d'exercer la vigilance la plus acr « tive à Veffet de Vintercepter, et « défaire les plus strictes recherches « à bord de tout bâtiment que vous « rencontrerez. Si vous êtes assez u heureux pour Vintercepter y vous « devrez le transférer avec sa fa- « ndUe, sur le vaisseau que vous c( commandez y Vy tenir sous bonne « et sûre garde y et revenir avec « toute la diligence possible au port
( 12) « d'Angleterre le plus voisin j à votre « arriçée vous interdirez toute corna munication açec la terre , excepté « comme il est ordonné ci-après} « et sous votre responsabilitë perce sonnelle , vous ferez en sorte que w le plus profond secret soît garde « sur toute l'affaire , jusq[u'à ce que « vous receviez des ordres ultérieurs « des loi'ds de Tamirautë. »
Cependant, Napoléon avait quitté Paris le 29 juin : le 3 juillet , il était à Rochefort : il y séjourna quelques jours , non en fugitif, mais comme prince, reçu par la première autorité du département, accueilli par des acclamations : on lui rend les mêmes honneurs qu'aux Tuileries.
Après avoir visité les fortifications
( 13 J de l'île d'Aix, où il s'ëtait fait conduîre à bord de la Saal, et s'être embarqué sur ce vaisseau , dans la nuit du 9 au jo juillet, il envoie le comte de Las Cases et le duc de Rovigo vers le Bellérophon^ pour demander à l'amiral qui commandait la croisière anglaise , si on avait reçu les sauf-conduits pour l'Amérique-
La lettre que M. de Las Cases et le duc de Rovigo remirent entre les mains de sir Frédéric Maidand, commandant le BeUérophoUy est ainsi conçue :
« L'empereur Napoléon ayant abcc diqué le pouvoir et choisi les Etats- « Unis d'Amérique pour s'y réfugier, w s'est embarqué sur les deux frégates a qui sont en cette rade pour se rendre
w à sa destiuatioa : il attend le sauf- M conduit du gouvernement anglais^ ic qu'on lui a annonce , ce qui me « porte à expédier le présent parle- « mentaire pour vous demander , «monsieur Famiral, si vous avez « connaissance dudit sauf-conduit , ic ou si vous pensez qu'il soit dans <i Tintention du gouvernement an- « glais de mettre de Tempêchement « à notre voyage aux Etats-Unis : je « vous serai extrêmement obligé de « me donner là-dessus les renseigrie- « mens que vous pouvez avoir.
« J'ai l'honneur d'être , etc., (c Le grand maréchal ,
« Comté BERIflAND. »
Voici quelle fut k réponse du capitaine Maitknd :
A bord du vaisseau de Sa Majesté britannique, le Belléropkon, le i o jitillet i Si 5 .
^u grand maréchal comte Bertrand.
Monsieur ,
(c J'ai reçu voùreiettredatëed^bier^ M 'et adressée à l'amiral oonmiâtidant t< les croisièt^s anglaises devant Ro- ^chefort, par laquelle vous.m'ant< noncets que l'empereur ayant abditi que le trône de France et choisi les a Etats-Unis d'Amérique pour s'y ré- (c fu^i^ ) s' est embarqué sur les deux H frégates en rade de T^le d' Aix: pour «^e rendre à sa destination, et attend « un Bauf-conduît du gouvernement
te duc d. B»"S»^ ^i, ,«.-