FRED. MAITLAND
Capitaine du vaisseau de S. M. B. le Bellérophon,
Cette lettre ne répondait à rien ; elle était d'ailleurs dictée par une combinaison que la relation du capitaine Maitland elle-même exprime
en ces termes ( page 3o) :
( 18) « Mes ordres m'enjoignant le se*-
a cret le plus absolu , et sentant que a les forces que j'avais à ma disposi- « tîon étaient insuffisantes pour garf( der les différens ports et passages w d'où l'on pouvait s'échapper, surce tout si l'on adoptait le plan de M mettre en mer sur un petit bâtiw ment, je répondis, comme on va le « voir, à la lettre ci-dessu&^ espérant a par ce mojen engager Napoléon « h attendre la réponse de V amiral, M ce qui donnerait le ternps à des w renforts d* arriver. »
Cette combinaison indique dans quel esprit se commençaient , de la part djB l'agent du gouvernement anglaîs, ses relations avec Napoléon.
Dans cette première entrevue sur
( 19) lé Beliérqphoriy les rapports dès deux parlementaires envoyés par Napoléon, avec le capitaine Maitland, ne se réduisirent pas à un échange de lettres : M. le comte de Las Cases déclare qu'il fut question de l'Angleterre comme de Tasile qu'on pourrait d'abord choisir. Voici ses expressions (voirie Mémorial^ lundi lo juillet 1 8 ï 5) : « Il fut dit que tout bâtiment «neutre serait strictement visité , et « peut-être même conduit aux ports « anglais , mais il nous fut suggéré a de nous rendre en Angleterre , et « affirmé tju^on ne poussait y àrain-a dre aucun fnauçais traitements' »
Le capitaine Maitland entre dans des détails sur cette conversation ; d'après l'assurance qnelui donnait le
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« à être pris , il doit m' être amené ce dans cette baie, parce ^uefai des « ordres pour disposer de sa per-
i< sonne. »
Et dans les instructions du 8 juillet :
K Si vous êtes assez heureux pour « Vîntercepter , vous devez le transit féreravecsa famille sur le vaisseau M que vous commandez , Ty tenir sous «bonne et sure garde , et revenir (c avec toute la diligence possible au « port d'Angleterre le plus voisin ; à « votre arrivée vous interdirez toute « communication avec la terre. »
Et c'est le lendemain de la réception de ces instructions , qui certainement annonçaient qu'un parti sévère avait été arrêïé par le gonver-
duc de Rovigo , que Napoléon avait abjure toute ambition , et qu'il voulait finir ses jours au sein du repos et de la tranquillité : « S'il en est vu ainsi y repris-je (c'est le capitaine « Maitland qui parle ) , pourquoi ne « pas demander un asile en Angle- « terre? » ( Relation du capitaine Maitland, page 36. )
En supposant que les suggestions du capitaine Maitland se soient réduites à ce peu de paroles , elles auraient un caractère étrange de la part de celui qui, la veille même , avait reçu les instructions les plus sévères.
Qu'on se rappelle les expressions de la lettre du 7 juillet : « C'est à vous « d'employer les meilleurs moyens « potir intercepter le fugitif. S'il vient
« à être pris , il doit m'être amené w dans cette baie, parce que j* ai des « ordres pour disposer de sa péri< sonne. »
Et dans les instructions du 8 juillet :
« Si vous êtes assez heureux pour w Tintercepter, vous devez le transie féreravecsa famille sur le vaisseau « que vous commandez , Fy tenir sous « bonne et sure garde , et revenir a avec toute la diligence possible au « port d'Angleterre le plus voisin ; à « votre arrivée vous interdirez toute « communication avec la terre. »
Et c'est le lendemain de la réception de ces instructions , qui certainement annonçaient qu'un parti sévère avait été arrêté par le gouver-
nemeatangUis, lorscpi'il était évident que dans ces mots : « Tai des ordres « pour disposer de sa personne , »
se trouvait déjà Sainte - Hélène ou tout au moins la captivité ^ que le capitaine Maitland s'écrie : n Poura quoi ne pus demander un asile en « Angleterre? ^^ Sans doute il devait tenir secrets les ordres qu'il avait reçus ; mais ces mots ne sont-ils pas autre chose que de la discrétion.
Toutefois, cette entrevue n'avait ipîen décidé : si Napoléon était pressé et menacé en France par les événemens, plusieurs Français dévoués le sollicitaient vivement de ne pas attendre des sauf-<onduits , et d'accepter divers moyens qui lui étaient offerts de se soustraire à ses ennemis.
• (23.) Il lui restait le terrible moyen de dërbarquer en France et d'appeler à la guerre civile une partie des Français.
Les moyens de teilter k passage en Amërique^ au travers de la surveillance anglaise, avaient été discutes :
ils présentaient tous des difficultés } Fidée de la guerre civile, et c'est un nânoignage qu'ont rendu à Napoléon touseeiix qui l'ont environné , avait toujours répugné à son esprit. Le ^ 1 4^ juillet, il arrêta qu'il irait se placer soûè la protection des lois de l'Angleterre. Voici comment il y fut déterminé, i : M. de Las Cases avait eu ce jour même une deuxième entrevue avec le capitaine du Belléropbon : il s'é-r tait rendu à son bord , accompagné
du général Lallemand , pour savoir s'il n'était arrivé aucune réponse rè^ lativement aux sauf -conduits. Je transcris ici la relation de M. le comte de Las Cases. (Voir le Mémorial y vendredi 1 4 juillet 1 8 1 5 .) « Le capitaine (c anglais nous dit qu'il Vattendcnt « {celle xé^onse^ h chaque rninute y ei a il ajouta que si V empereur voui< lait dès cet instant s* embarquer « pour V Angleterre , il avait auto^ i< rite de le reces^oir pour Vy con^ , « duire. Il ajouta encore que , d'aw près son opinion privée, et plu- « sieurs autres capitaines présens « se joignirent à lui , il n'y avait nul « doute que Napoléon ne trouvât en « Angleterre tous les égards et les it traitemens auxquels il pouvait pré-
(c tendre ; que dans ce pays le prince w et les ministres n'exerçaient pas M Fautoritë arbitraire du continent ; (c que le peuple anglais avait une gé- « nérosité de sentimens et une libé- « ralité d^ opinions supérieures à la w souveraineté même. Je répondis « que j'allais faire part à Tempereur w de Toffre du capitaine anglais , et w de toute sa conversation ; j'ajoutai « que je croyais assez connaître Fem- « pereurNapoléon pour penser qu'il w ne serait pas éloigné de se rendre « de confiance eu Angleterre même , « dans la vue d'y continuer sa route w vers les Etats-Unis.
M Avant de nous quitter, nous « nous résumâmes. Je répétai qu'il «serait possible que, vu les cîrcon-
(c Stances et les intentions arrêtées de w Tempéreur, il se rendît en Angle- « terre , diaprés l'offre du capitaine « Maidandyi pour y premdre des « sauf- conduits pour l'Amérique>j (c Le capitaine Maitlrâd^ désira qu'il « fût bien compris , qu'il negaran^ (I tissait pas qu'on les accorderait^ « et nous nous séparâmes. » : . . :
La relation du capitaine Maidand^ sur cette entrevue • a un tout autre caractère. La voici :
(c Le comte de Las Cases me dit « alors : L'empereur a tellement à n cœur de prévenir une nouvelle ef- « fusion de sang , qu'il se rendra en « Amérique de toute manière i(|ue le ce gouvernement anglais approuvera ^.
«sur un bâtiment de guerre fran^çais^
(27) M sur un vaisseau arme en flûte , sur « un navire marchand ou même sur w un bâtiment de guerre anglais. Je w répondis : Je nç suis autorise à acc< quiescer à avicun arrangement de « cette nature ^ et je ne crois pas que et mon gouverniement y consente j <c mais je pense que je puis me ha^ ce sarder h le recevoir à bord de ce « vaisseau , et à le conduire en Anw gleterre. Toutefois y ajoutai -je ^ « s'iladopteceplany je ne puis faire a aucune promesse relativement à H ZWcwei/qu'ilpourra recevoir,piiis- M que, dans le cas que je viens de sup-î w poser, j'agirai sous ma propre res-^ Ci ponsabilitë, et je ne suis pas assuré c< que ma conduite obtienne F auto- « risation du gouvernement anglais . n
M : le comte de Las Cases dëclare inexacte cette dernière relation, et s'en réfère à ce qu'il a publie dans son Mémorial de Sainte-Hélène.
Ainsi , selon le parlementaire de Napoléon , le capitaine anglais se serait déclaré autorisé à recevoir Napoléon pour le conduire en Angleterre , ajoutant seulement qu'il ne garantissait pas , de la part de son gouvernement , des sauf-conduits pour l'Amérique. Selon le capitaine du Belléroplvon^ il aurait émis une opinion qui n'avait rien de positif. « Je pense « que je puis me hasarder à le rew cevoir. » Et il aurait ajouté qu'il ne promettait rien sur l'accueil que Napoléon pourrait recevoir.
De quel côté est la vérité ?
Les ëlëmens qui servent de foiidemeut à la conviction des hommes , sont partout les mêmes. Alors qu'il s'agit de découvrir la vérité au seiu d'une discussion contradictoire, ou apprécie d'abord la moralité des témoignages , l'intérêt qui a pu les dicter, la vraisemblance des récits, la conduite de ceux qui ont participé à une convention à l'instant même de l'exécution.
La moralité des témoignages , l'intérêt qui a pin les dicter, leur vraisemblance ! . . .
De tous les écrits qui ont paru sur le captif de Sainte-Hélène , il n'en est pas qui aient inspiré plus de confiance dans l'exactitude de la relation, que le Mémorial de M. deLasCa^es :
( 30) tout y respire la candeur et la plus attrayante bonne foi. Dans son admiration pour les hautes facultés de Napoléon , le dévouement de M. de Las Cases à sa personne, a semblé de- V€fnir une sorte de culte par la con-^ templation des longues et basses persécutions qui ont assailli les derniers temps de cette grande existence. On est (Convaincu , en lisant le livre , que Fauteur n'a pas cru avoir besoin d'exagération pour inspirer un grand intérêt pour l'homme auquel il s'é* tait voué. La vérité suffit à sa conviction» ^ particulière , et il la dit avec simplicité dans tous ses détails. *
M. de Las Cases n'avait d'ailleurs aucun intérêt à déguiser la vérité :
après avoir vécu dix années en An-
gléterre , il estimait les lois de ce pays et le caractère de ses habitans.
Quel motif aurait pu le perler à soutenir mensongèrement qu'un agent de l'Angleterre avait pris avec Napoléon un engagement au nom de son gouvernement , pour se donner ensuite la satisfaction de reprocher? à èe gouvernement la violation de la édI donnée? ; ^
Sans doute Napoléon et tous ceux qui s'étaient consacrés à lui ont: eu à fSe plaindre des persécutions du gouvernement anglais. Jamais tyranyi ni^ fut-elle plus cruelle; et plusjgnorbl^ique Celle dont sir Hudson*Lowe consentit à être l'instrument? Mais pour caractériser cette tyrannie et pour la punir aux yeux de la posté-
rite, en publiant des actes d'une cruauté inouïe , était-il donc si nécessaire de la flétrir encore par une calomnie que le caractère si bien connu de M. de Las Cases ne permet pas de supposer?
Le témoignage d'un homme qui s'est condamné de lui-même à toutes les privations, qui a accepté l'exil dans une île sous les tropiques, à deux mille lieues de sa patrie, pour adoucir, en le partiageant, le supplice de celui que poursuivaient à la fois la colère des rois et la haine de leurs ministres , m'en impose indépendlammeut de ma volonté. Cette conscience de ce qui est bon et généreux , qui lui a par lé assez haut pour lui inspirer un si noble , un si pur
dévouement, Taura-t-elle abandonné subitement , lorsqu'il s'est agi de rendre témoignage sur des circonstances graves et que T histoire revendiquait ?
M^ de Las Cases , qui affirme que le capitaine du Bellérophon se déclara autorisé à recevoir Napoléon pour le conduire en Angleterre, était assisté du général Lallemand. Il rendit compte dans ce sens à Napoléon de l'entrevue qui venait d'avoir lieu.
Dans cet instant , il était impossible de prévoir les traitemens réservés par le gouvernement anglais ; M . de Las Cases, tout dévoué à Napoléon, avait le plus grand intérêt à ne dire que la vérité. Il faudrait donc adniiettre une
erreur de sa part; mais cette erreur
( 34 ) aurait été partagée par le général Lallematid , qui ne quitta pas M . de Las Cases, et qui rendit compte avec lui de l'entrevue du BeUérophon.
L^ erreur d'ailleurs est impossible :
M . de Las Cases entre dans de tels détails, il précise si formellement les déclarations du capitaine Maitland, aujourd'hui mêtne encore il proteste avec une tçUe force de rexactitude de ses souvenirs , qu'il faut reconnaître qu'il a dit vrai, dès qu'il est impossible de révoquer en doute sa bonne foi et sa loyauté.
Il- m'était interdit de parler des garanties que peut offrir à ceux qui le connaissent , le caractère persort-
nel de M. le * comte de Las Cases ^ lorsqu' il s* agit de balancer son tëmoi- * gnage avec celui d'un étranger : il n était permis d^nvoquer que cette moralité incontestable pour les étrangers comme pour les Français , et qui résulte de sa conduite envers Napoléon déchu, et du défaut d'intérêt 'à déguiser la vérité. Cette moralité seule et l'impossibilité d'une erreur, donneront une grande force à ce témoignage pour tous ceux qui chercheront la vérité de bonne foi. ' ,
La rjelation du capitaine du Bellerophon présente-t-elle les mêmes caractères? // a écrit en i%i6 y c^n * gu on voie y dit-il y que la bonne foi de ' la nation anglaise ne fut point
compromise dans cette occasion.
Ainsi ^ ce serait un intérêt patriotique, un sentiment pur dans son principe, qui aurait dicté la relation du capitaine Maitland.
Mais le désir de défendre son honneur personnel ne fait-il pas souvent nier avec force les vérités qui peuvent le compromettre? L'honneur d'un gouvernement qu'on sert ne peut-il pas donner la même impulsion ? Et combien d'historiens dont la bonne foi n'a échoué que dans les circonstances où l'honneur national était engagé? Le patriotisme est aussi un intérêt : l'honneur , bi^n ou mal compris de son pays, a dicté souvent des ruses , des fraudes , quelquefois des crimes ; et quoiqu'on
soit assez dispose à prendre un tel intérêt pour excuse , il faut savoir parfois, dans les questions historiques, se défier de son influence.
Le capitaine Maitland ji'est-il pas d'ailleurs intéressé personnellement?
N'est-ce pas lui qui a reçu Napoléou sur son bord , et qui aurait provoqué sa confiance en se disant autorisé par son gouvernement à le conduire en.
Angleterre? Et da,ns le cas ou un piège aurait été tendu, le capitaine du BeUérophon n'en aurait- il pas
été l'instrument? Ne se trouvait- il
pas dans l'alternative ou d'accuser le gouvernement qui aurait compromis le caractère de son agent , ou de se défendre en s' efforçant de prou-
( 38) ver, par une tardive relation, que la foi britannique n'avait pas été engagée.
C'est le dernier parti qu'a adopté le commandant du Bellérophon : sa relation pourrait être vraie , mais elle n'est pas dé^ntéressée.
Cet officier avoue lui-même que y dès sa première entrevue , il se crut dans la nécessité d'user d'une certaine dissimulation.
Le 7 et le 8 juillet , il est instruit positivement que les sauf-conduits sont refusés, que des ordres sont donnés pour disposer de la personne de Napoléon (si ton est assez heureux pour s'en emparer) i on vient lui demander si les sauf-conduits sont arrivés ^ et si on laisserait passer des
bâtimens de commerce; il répand par une lettre ambiguë; il déclare qu'il va consulter lord Hotham , espéram par ce nu^en engager Napoléon à attendre Ut réponse de Va-mirai y ce qui donnerait le temps h des renforts d' arriver } il va même jusqu'à dire , d'après son propre aveu : Pourquoi Napoléon ne demanderait-il pas un asile en Angleterre ?
Dans la deuxième entrevue, le capitaine du Bellérophon déclare qu'il s'exprima en ces termes : a Je « ne suis autorisé à acquiescer à au- « cun arrangement de cette nature c< (laisser a Napoléon la liberté de c< passer en Amérique ), et je ne crois « pas que mon gouvernement y con-
<( sente; mais je pense que je puis w me hasarder à le recevoîr à bord « de ce vaisseau et à le conduire en « Angleterre. »
M. de Las Cases proteste contre toutes ces formes dubitatives^ mais je pense que je puis me hasarder , etc .
En admettant que le capitaine an*^ glais se soit toujours enveloppe de ces formes, comment a-t*il pu adresser, le jour même de Téntrevue, ces expressions au secrétaire de Tamirautë : « Le comte de LdOs Cases et (V le général Lallemand sont venus ^aujourd'hui à bord du vaisseau « que je commande y m'apportant « une PROPOSITION de la part du gé-^ ff néral Bertrand , de recevoir Napo- « lëon. Bonaparte, pour rem^ettre sa
( 4t ) « personne a la générosité du prince « r^g^^nf?» Comment a-t-îl pu écrire à lord Keith, le 1 8 juillet : « Je me « laissai persuader de recevoir.Na- « polëon à bord du vaisseau que je w commande ? »
N*est-îl pas certain au contraire ^ diaprés sa relation, que c'est lui qui, le premier, a parlé de l'Angleterre comtne d'un asile , et qui a proposé l'hospitalité du BellérophonP Alors resterait entière la foi due à M. le comte de Las Cases , et ses déclarations solennelles ne sont en rien affaiblies par des restrictions qui , par leurs expressions mêmes , trahissent un véritable embarras.
Il a pu convenir à la politique de Castelreagh , et à la position parti-
culîère des agens chargés d^ntercepter Napolëon à son passage pour rAmérique, d' accréditer que ce fut lui qui demanda à être admis sur un vaisseau ennemi , se livrant à discrétion , et faisant pour ainsi dire une sorte de violence morale à un capitaine anglais, qui se laissa persuader. Napoléon aurait voulu s'emparer, de force ou par surprise , des droits de l'hospitalité; la vérité contraire paraît démontrée : l'hospitalité anglaise lui fut offerte , il l'accepta avec confiance.
Mais, dans les actes produits par le commandant du Bellérophon , il en est un qui dira à la postérité , avec une force que rien ne peut ébranler, à quel titre , à quelles conditions
Napoléon fut reçu sous pavillon anglais : c'est la lettre du général Bertrand, écrite le i4 juillet, sous les inspirations mêmes de Tentrevue qui venait d'avoir lieu.
i 4 juillet 181 5.
A monsieur le commandant des croisières devant Rochefort.
Monsieur le commandant,
« M. le comte de Las Cases a rendu « compte h V empereur de la converti sation quHl a eue h votre bord.
w Sa Majesté se rendra, à la marée de w demain, vers quatre ou cinq heures w du matin , à bord de votre vaisseau .
« Je vous envoie M. le comte de Las
« Cases, coaseiller-cVétat, faisant les « fonctions de maréchal-des-logis , « avec la liste des personnes compow sant la suite de Sa Majesté. Si T amici rai, enconsëquencedela fifema/Mfe « que vous lui a^ez adressée ^ vous « envoie les sauf-conduits demandés w pour les Etats-Unis, Sa Majesté s'y « rendra avec plaisir, mais au défaut « de sauf-conduits , elle se rendra « volontiers en Angleterre, comme « simple particulier y pour j jouir de « la protection des lois de votre
« pays.