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IIT ACCUSATION
__ Je vous accuse d'avoir répandu toutes espèces de faux bruits sur mon compte à votre retour de Rome. Dans votre lettre du 17 octobre dernier vous dites :
‘“ Ce qui fait le sujet de votre seconde plainte, ( vous ’ : À . CE : à » / LL?
‘auriez dû dire troisième plainte) me parait fondé sur pce
Te
“ des exagérations aussi dénuées de fondement que les ‘“ premières. ”
Vous devez être plus que convaincu maintenant que mes deux premières plaintes ne sont point dénuées de fondement comme vous l'avez cru d’abord.
Les pièces que j’amène à l'appui de mes accusations
doivent suflire pour vous en con\aincre.
Je sais que je ne vous arrache la vérité que par lam-
beaux ; il vous en coûte de vous avouer coupable, et après avoir nié mes accusations d’abord, vous êtes forcé de les admettre ensuite. ä
J'en ai vos lettres pour preuve.
Cette trosième accusation n’est pas plus dénuée de
fondement que les deux autres, et pour preuve lisez la lettre suivante de Mgr. l'archevêque de Québec adressée à
l’un de ses curés :
‘ Archevêché de Québec.
“8 juin 1885.
‘“ Monsieur le curé, ‘ D'après les informations prises à Rome “ par Mgr. de Chicoutimi, M. Charles Guay n’a pas obte- “ nu de qui de droit son diplôme de protonotaire apostoli-
‘“ que, et par conséquent n’a pas doit d'en prendre le titre, ‘“ ni d’en porter les insignes, soit au chœur, soit hors du
Votre tout dévoué serv. (Signé) E. À. ARCH. de Québec.”
Que dites-vous de cette lettre de Mgr.
l'archevêque ?
Aviez-vous été chargé par mon évêque de vous in-
former à Rome, si j'avais mes brefs ou non ?
Est-ce que ce n’était point à mon évêque d'y voir ?
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Vous semblez ignorer que vous n'avez aucune juridiction sur moi. |
Je sais de source certaine que mon digne évêque ne vous a jamais chargé de telle démarche auprès de la secrétairerie des Brefs ; maïs pour vous rendre officieux, vous avez fait encore, de votre chef, cette perquisition, afin d'avoir beaucoup de nouvelles à répandre dans le pays à votre retour de la Ville-Eternelle.
Vous n’avez pas craint de lancer la bonne nouvelle aux quatre coins du pays, par la voie même des journaux.
C’est encore là, de votre part, une marque de votre grande charité, n'est-ce pas ?
Il y a dans le pays un système de dénigrement, de jalousie et de perquisition auquel malheureusement vous n'êtes pas étranger. C’est pénible à dire, mais c’est malheureusement trop vrai.
Il faut dire maintenant comme une certaine école, penser comme elle, agir comme elle, avec toutes ses intrioues ; autrement ce sont les perquisitions, les haiïines et les calomnies de toute espèce et sans fin.
Je pourrais au besoin vous citer encore d’autres documents, mais je crois que cela suffit pour vous démontrer qu'à votre retour de Rome, vous m'avez calomnié en répandant toute espèce de faux bruits sur mon compte, et vous savez que dans certains hauts quartiers que vous connaissez mieux que moi, on ne s’est pas gêné de me traiter d’imposteur, de fou. be, etc., etc.
Vous devez avoir encore mémoire de ce que vous avez dit à certaines personnes de la rue St-Valier, à Saint-Roch de Québec.
Vous pouvez y aller manger des huîtres si vous le désirez, mais de grâce, tâchez de retenir votre langue et de ne pas trop exciter votre imagination.
Pour toutes ces calomnies on s’est toujours appuyé sur les bonnes nouvelles de l’évêque de Chicoutimi, qu'il avait apportées de Rome.
C’est très édifiant pour un évêque qui a souci de son salut, comme vous me le dites dans votre dernière lettre. Vous ne pouvez nier ces choses ; tot le monde les
connaît, et on vous les a entendu dire et répéter maintes et maintes fois.
Vous savez ce qui vous attend assez prochainement à défaut d’une lettre d’apologie de votre part.
Je suis décidé de voir la fin de toutes ces calomnies et de ce système de dénigrement continuel ; soyez certain que j'ai des pièces en mains qui ne vous feront pas hon: neur, si elles viennent devant le public.
Je suis comme Mgr. l'archevêque de Québec : “Je veux en avoir le cœur net.”
Heureusement que je ne crains ni vos coups, ni ceux de la clique. Je suis armé pour les recevoir et y répondre. Tenez-vous-le pour dit.
Bien respectueusement, etc.
Cas. Guay, Pt. Miss, Prot. Apost , ad inslar.
P.$. -— Un jour on demandait à un des agents des messieurs de Québec à Rome pour quelle raison il s’opposait tant à l'émission de mes brefs de protonotaire apostolique, il répondit :
“ Je n’ai aucune raison DRAUEREAE de m'opposer à “ l'émission des brefs de Mgr. Chs. Guay. Je crois que “ c'est un brave homme.
“ Québec fait bien courir des bruits sur son compte, “ mais son évêque écrit de bonnes lettres en sa fareur ; “ moi, je suis payé par les gens de Québec pour faire cet ‘“ ouvrage et je le fais. ”
Très-édifiant, n'est-ce pas ?
On écrivait de Rome ce qui suit :
“ J'ai su d’une façon positive que les adversaires de “ Mgr. Guay ont tout mis en œuvre pour qu'il ne “ reçoive jamais ses brefs. Ils ont même amené le pape à “ dire qu'il ne se rappelle pas avoir créé ce monsieur pro-
“ tonotaire apostolique, au moins voilà ce que ses adver-
“ saires font d're au Saint Père. Ils veulent obtenir que le
es 90:
“ pape autorise la propagande à écrire cela à l’évêque de “ Rimouski et au métropolitain, avec ordre d’enjoindre sé- “ vèrement à Mgr. Guay de ne plus s’intituler de ce titre.
“Ils ajoutent qu'il est nécessaire de faire savoir “ publiquement que le pape ne l’a jamais élevé à aucun “ honneur, et que ce monsieur a tout simplement usurpé “ son titre.”
Très charitable, n'est-ce pas ?
“ Il est ce’tain que l’agent de Québec à Rome obtien- « dra le document que les gens de Québec désirent tant et “ qu'ainsi, non seulement il ne sera plus possible d'obtenir “ les brefs de votre nomination, mais que vous serez pour “ toujours déshoioré, car vous aurez beau dire ; — Le Pape “ m'a nommé. — Vos adversaires diront : — Le Pape a fait “ affirmer le contraire dans un document solennel. — Que “ vous n'obteniez jamais vos brefs, après tout, vous pouvez “ vous en consoler, mais qu’au lieu de les obtenir vous “ receviez un démenti solennel, c'est ce que vous devez “ empêcher à tout prix.”
Que pensez-vous de la conduite de ces braves gens de Québec et de celle de l’un de leurs agents à Rome ?
Que diriez-vous, sion vous en avait fait seulement la moitié? Et vous savez parfaitement bien que vous n'êtes pas étranger à cette odieuse persécution.
Au revoir,