‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 118 sur 189 · LIVRE NEUVmUB · texte numérisé non relu

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MarmoDt, il réussi t après avoir tout fait pour échouer. « L'Empereur, dit-il , supposant à tort que Tarmée autrichienne n'était pas encore formée, donna Tordre au vice-roi de faire attaquer, par le général Macdonald, le centre de l'ennemi, dans la direction de Wagram. Cet ordre avait été donné négligemment sans que F Empereur parût en sentir toute la conséquence. Macdonald en prévit sans hésiter le résultat. Il avait reconnu avec soin l'ennemi et pu juger que cette attaque isolée serait sans succès. Il engagea le vice-roi à faire cette observation à l'Empereur; mais celui-ci ne put jamais s'y résoudre , et Tordre de marcher fut réitéré

» Cette attaque, mal conçue^ faite mal à propos j ne fut qu'une forte échauffourée. Si l'ennemi eût suivi les troupes dans leur retraite précipitée , il est impossible de deviner les conséquences qui auraient pu en résulter. De plus, elle avait été ma/ calculée : car, en supposant le succès, l'heure avancée et les localités n'auraient pas permis d'en profiter, d (W., 232,233.)

Heureusement, l'ennemi ne s'aperçut pas des fautes que Marmont a mis trente ans à découvrir. L'archiduc resta fasciné , et Napoléon gagna le lendemain la mémorable bataille de Wagram.

Mais cette grande bataille, précédée d'attaques intempestives , mal conçues , mal calculées , et qui pouvaient avoir de si funestes conséquences, fut

marquée elle-même j sur sa fin , par un incident déplorable. La cavalerie de la garde, si nombreuse, si bonne , si à portée de compléter le succis, ne s'ébranla pas. €c Si elle eût chargé , dit Marmont, on faisait vingt mille prisonniers. On accusa beaucoup dans le temps le général Walter; le général Nansouty ne parut pas non plus exempt de reproches. Bref, le moment fut manqué, et, en pareil cas, il ne se retrouve plus. » (/d.^ 236.)

Mais le duc de Raguse veut que les torts de nos généraux aient été plus que compensés par les négligences ou les mauvaises combinaisons des généraux ennemis. L'archiduc Charles se priva du concours de forces imposantes qui n'agirent pas. Le corps du prince de Reuss , placé au Bisamberg^ en vue de la bataille^ n'y prit aucune part; huit mille hommes restèrent devant Nussdorfpour se mettre à l'abri d'un passage du fleuve qui ne pouvait être tenté. Sept mille hommes de troupes , aux ordres du générai Sotisteky étaient à Krems tout aussi inutilement. Ainsi ^ sans compter le corps de l'archiduc Jean, il g avait plus de vingt<%nq mille hommes à portée en mesure de prendre part à la bataille^ et qui n'ont pas combattu on ne sait pourquoi. {Id., 237, 238.)

La fascination de Tarchiduc était évidemment devenue contagieuse.

Mais le prince Jean, en position devant Près** bourg, et qui avait reçu l'ordre de marcher sur

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Vienne , de repasser rapidement les ponts et de se porter sur la droite de l'armée française, et qui ne parut pas pendant la bataille^ était «il fasciné aussi comme son fr^e? Il faut bien le croire, puisque le duc de Raguse affirme qu'il suspendit sa marche pour faire la soupe pendant qu'on se baU tait, {IdJ) Heureux Napoléon! « Quinze mille hommes de bonnes troupes et cinquante pièces de canon, dit Marmont, arrivant inopinément sur le champ de bataille et prenant le corps de Davout à revers, pouvaient donner assez d'embarras en menaçant nos ponts d'aval. S'ils s'en fussent empa" rés, et si y en mente temps y le mouvement sur Aspem^ qui a été si près de réussir y avait eu un plein succès , l'arma française courait les plus grands périls* » (W,, 239.)

Ainsi, ce sont bien les archiducs d'Autriche qui ont préparé et Caicilité le magnifique triomphe de l'armée française à Wagram ; c'est du moins l'opinion qu'exprime 9 sur le gain de cette bataille, un général français qui reçut, le lendemain, son bâton de maréchal, impatiemment attendu depuis cinq ans. Mais, selon ce même général, cette journée tant céiébnée ne Ait de plus qu'une vùioire sans résultat y une bataille gagnée qui en promettait plusieurs autres à livrer. (Id. ,243.) Est-ce ainsi que l'histoire a parlé et parlera de ce glorieux événement? Est-ce ainsi qu'il a été caractérisé et qualifié par le grand capi-

taine qui dirigea les mouvements et précipita les coups de l'armée victorieuse ?

<K Wagram! disait le rapport officiel, bataille décisive et à jamais célèbre, où trois à quatre cent mille hommes , douze à quinze cents pièces de canon se battaient pour de grands intérêts sur un champ de bataille étudié, médité, fortifié par V ennemi depuis plusieurs mois.

» Le jour de la bataille, MacdmaUt^ disent les Mémoires de Sainte-Hélène, manœuvra avec habileté et mérita les éloges de Napoléon; mais ce furent le changement de front , Taile gauche en arrière , exécuté par les ordres du prince Eughne; le feu de la batterie des cent pièces de canon de la garde, dirigé par le général Lauriston^ aide de camp de Napoléon; le mouvement du corps du maréchal Davoutj qui tourna toute l'aile gauche de l'ennemi, qui décidèrent de la victoire. » {Mémoires de Napoléon. )

Grâces soient rendues au génie qui représentait à Wagram, comme sur tant d'autres champs de bataille, la France libératrice et non pas oppressive; il a réfuté d'avance les vaines hypothèses et les misérables commentaires du soldat qui se complaisait à diminuer la gloire de nos armes, en attendant de la renier et de la trahir.

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