LIVRE ONZIEME
les autres chefs de corps et avec le roi Joseph que Tentente était peu cordiale entre les commandants des troupes françaises en Espagne , et que le défaut d'ensemble qui devait en résulter dans les opéra* tions militaires ne pouvait amener que des revers et des catastrophes. Marmont, avec son caractère jaloux, sa susceptibilité vaniteuse et son impatience de la subordination 9 eut naturellement une bonne part dans cette mésintelligence , et aussi dans les malheurs qui en furent la suite. Le fait d'armes qui a le plus engagé sa responsabilité est la bataille des Arapiles. Il accepta le combat sans attendre les renforts qui lui étaient annoncés de l'armée du Nord et de Madrid , et il a été accusé , par l'Empereur lui-même , d'avoir pris cette résolution dans la crainte que l'arrivée du corps auxiliaire , sous les ordres de Joseph, ne lui fit perdre les avantages du commandement en chef, pendant l'action, et les pr(^ts du triomphe après la bataille.
')> l'Empereur, répondit ce brave officier, m^ confié le commandement » de Ciudad-Rodrigo ; moi et ma garnison sommes résolus à nous ense- » Telir sous ses ruines. »
Mais la réputation , Phonneur, la gloire des généraux n'ont pas suffi au désir effréné de dénigrement qui tourmente le duc de Raguse. L'armée d'Espagne n'est pas plus ménagée que ses cliefs. Marmont dit, à propos de la capitulation de Baylen : « L'incapacité, dans la conduite des troupes, fut encore surpassée par la lâcheté, le pillage, le brigandage, » etc.
Les libelles publiés à l'étranger contre la France n'ont jamais eu un caractère plus récoltant.
Marmont s'est défendu en disant qu'il avait ignoré la marche du roi^ et il a ajouté que les malheurs de cette journée étaient dus : 1^ à l'impatience du général Maucune , qui attaqua mal à propos ; %'' à la blessure qu'il reçut lui-même au commencement de l'action, et qui l'obligea de quitter le ehainp de bataille ; 3"" à l'infériorité numérique de son corps d'armée y et partant au refus de secours qu'avaient opposé à ses demandes pressantes les maréchaux Soult et Suchety le général Caffarelli et le roi Joseph lui-même.
Cette dernière excuse était peu fondée j du moins en ce qui concernait le roi Joseph ^ , qui accourut au secours de Marmont , aprèis le lui avoir annoncé par divers messages , au moment où le maréchal se décida à combattre.
Mais le duc de Raguse a été plus loin dans ses récriminations, il a fait remonter jusqu'à l'Empereur lui-même la responsabilité des événements de Salamanque. Si l'armée de Portugal fût restée dans la vallée du Tage , cette bataille désastreuse aurait été évitée, et le maréchal Marmont, les lettres du major général à la main , affirme que c^est bien par
' Marmont a commeneé par faire parade de beaux aentiiiieBts d^amitié et d^esttme pour Joseph Bonaparte. C'est ainsi qu'il en a toiqonni agi enrers la plupart des bommes honorables etdes illustres personnageaqnHl se réserrait d'attaquer ensuite ayec le plus de ténacité et de malTeillance* Les événements de 1814 remettront en présence le roi Joseph avec sa bienTeiilance inépuisable et Marmont avec sa liaine penérérante.