‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 146 sur 189 · LIVRE DOIZIKUE · texte numérisé non relu

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çiales , se méprenaient sur le vrai caractère de cette grande lutte et ne pouvaient considérer le réorganisateur de la monarchie comme le plus redoutable champion de la cause populaire , les rois de l'Europe ne s*y trompaient pas; et l'empereur d'Autriche luimême j malgré le lien étroit qui devait le maintenir dans l'alliance de Napoléon , ne voyait dans son héroïque gendre que le plus dangereux représentant des idées qui avaient ébranlé lés anciennes institutions et les antiques dynasties.

Les peuples d'Allemagne 9 il est vrai, étaient aussi ardents que les rois à se jeter dans cette croisade , à comibattre et à maudire Napoléon, au nom de la liberté de leur patrie. Mais c'était la nationalité, et non la liberté, qui était réellement en jeu. La fréquence des invasions et l'occupation prolongée du sol germanique avaient seules rendu si vive et si universelle l'impatience de la domination française. Les professeurs et les élèves des universités , les fondateurs et les adeptes du tugend-bund ^ qui apparaissaient en première ligne dans ce soulèvement patriotique , croyaient bien sans doute se dévouer pour les idées libérales et marcher à la conquête des constitutions. Mais leurs superbes alliés du moment se réservaient de les détromper cruellement; et le jour n'était pas éloigné où le libéralisme allemand, relégué dans les forteresses de l'Elbe et de l'Oder, pourchassé par les congrès de la sainte alliance et traqué

3d4 REFUTATION DES MEMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

par la commission de Mayence, allait apprendre, comme le libéralisme espagnol , de quel côté avait été Tesprit de l'avenir, de quel côté l'esprit du passé.

§ VI

Une défection marqua la reprise des hostilités. Le général Xomini , chef d'état-major du maréchal Ney, abandonna le camp français l'avant-veille de la rupture de l'armistice , et se rendit au quartier général de l'empereur Alexandre , où il rencontra le général Moreau.

Napoléon entrait en campagne à la tête de trois cent mille hommes; les armées alliées n'avaient pas moins de cinq cent mille combattants. Le duc de Raguse prétend avoir blâmé le plan que Napoléon lui soumit et dans lequel il divisait son armée en trois corps, l'un poussé sur Berlin, l'autre dirigé vers la Silésie et le troisième établi en Lusace, à égale distance de la Bohême , de la Silésie et du Brandebourg* L'Empereur, en établissant son quartier général dans cette position centrale, se mettait en mesure de suivre y pour ainsi dire de Vosil^ les marches des alliés y le développement de leurs projets et les opérations de ses lieutenants. {Manuscrit (2e 1813, II, 234.)

Des événements imprévus mirent cette prévoyance en défaut* « D'après la teneur de l'armistice > dit le

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