‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 147 sur 189 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

colonel Butturlin, aide de camp de Tempereur de Russie y les hostilités n'auraient dû commencer que six jours après sa dénonciation, c'est-à-dire le 1 6 août ; mais les alliés , se prévalant de quelques légères infractions des Français , saisirent l'occasion qui leur était offerte, et, dès le H, se mirent en mouvement , afin de prévenir l'ennemi à Breslaw. »

Les troupes françaises, surprises de toutes parts dans leurs cantonnements, se retirèrent à la hâte derrière le Bober.

Cette attaque prématurée de Blucher prouvait que le généralissime prussien connaissait bien la résolution suprême des alliés et la vanité de leurs démonstrations pacifiques.

Trois jours sufiirent à Napoléon pour replacer ses aigles sur les bords de la Katzbach et pour forcer Blucher à la retraite. Mais la grande armée ennemie de Bohême appela bientôt son attention. Laissant alors à Macdonald le soin de contenir Blucher et de conserver la Silésie, il se rapprocha de Dresde. Au milieu de ses nouveaux succès , il ne pouvait s'em*» pêcher de faire de tristes réflexions sur des symptômes de découragement qu'il surprenait parfois dans quelques-uns de ses lieutenants. « En général , écrivait-il de Lowenberg, le 22 août, au duc de fiassano, ce qu'il y a de fâcheux dans la position des choses , c'est le peu de confiance qu'ont les gêné-' raucD en eux-mêmes : les forces de r ennemi leur

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paraissent considérables partout où je ne suis pas... » (Manuscrit de 1813, II, 247.)

Cette malheureuse disposition d'esprit était celle que Marmont manifestait constamment dans ses entretiens et sa correspondance avec l'Empereur. N'avait*il pas toujours aperçu et signalé des chances de revers là où Napoléon avait remporté ses plus beaux triomphes , et n'avait-il pas sans cesse expliqué par l'inhabileté et l'ineptie des étrangers le démenti donné à ses savantes conjectures et à ses tristes prévisions? Les appréhensions qu'il avait éprouvées aux jours prospères d'Arcole, de Marengo , d' Austerlitz et de Wagram ne devaient-elles pas lui revenir plus vives que jamais après les désastres et les défections qui avaient suivi la retraite de Moscou? Il les exprima hardiment à l'Empereur, s'il faut l'en croire , dans une conversation qu'il dit avoir terminée par cette phrase :

« Par la division de ses forces , par la création de trois armées distinctes et séparées par de grandes distances , Votre Majesté renonce aux avantages que sa présence sur le champ de bataille lui assure , et je crains bien que, le jour où elle aura remporté une victoire et cru gagner une bataille décisive , elle n'apprenne qu'elle en a perdu deux.

» Je fus malheureusement prophète. Ce fut précisément ce qui arriva. Pendant la victoire de Dresde, nous étions battus à la fois en Silésie , sur la Katz-

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