‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 15 sur 189 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

et l'autre dans leur conduite et dans leur condam* nation. Augereau, d'après Marmont, n'était qu'un aventurier j mauvais sujet. Il avait servi et déserté tour à tour^ en France ^ en Autriche , en Espagne , en Portugal, et avait fini par aller faire le mattre d'armes à Naples, lorsque la révolution le ramena dans son pays. (1, 4 48.) Entré dans un bataillon de volontaires à l'armée des Pyrénées orientales , il y passa rapidement par tous les grades jusqu'à celui de général de division. Ses manières étaient triviales et communes y sa. mise celle d'un charlatan. Marmont veut bien lui accorder toutefois , comme à Masséna , d'avoir été bon camarade et serviable; il ajoute même que s'il aimait également l'argent ^ il avait presque autant de plaisir à le donner qu'à le prendre j et que, malgré son origine, il était magnifique dans ses mor nières. Il reconnaît aussi qu't7 disposait bien ses troupes avant le combat; mais cette concession est aussitôt accompagnée de l'accusation la plus grave qui puisse compromettre Thonneur d'un soldat et exposer sa mémoire à l'opprobre. Augereau, s'il faut s'en rapporter à Marmont, était d'une brav^oure me» diacre, et s'il préparait bien ses troupes à combattre, il les dirigeait mal pendant l'action , parce qu'il en

ÉTAIT HABITUELLEMENT TROP ÉLOIGNÉ. « AsseZ hâblèur,

dit-il, il se croyait un grand mérite et capable de commander une grande armée. Le prétendu drapeau porté sur le pont d'Arcole, raconté partout, n'a rien

de vrai. • • • Quoique son nom ait souvent été accolé à celui de Ma^séna y ce serait faire injure à la mémoire de celui-ci que d'établir entre eux la moindre compa^ raison. » (1, 149.)

Que le duc de Raguse fasse du duc de Gastiglione un hâbleur, un charlatan , un aventurier, un mau« vais sujet, déserteur de tous les drapeaux, trivial dans ses manières et d'un esprit peu étendu ; qu'il refuse des sentiments élevés et une haute moralité au bon camarade dont le nom a été justement accolé au sien , dans les manifestes de l'Empereur et dans les chants du peuple, au sujet des trahisons de 4 81 4, ce sont là des appréciations qui peuvent en quelques points paraître exagérées, mais que je n'ai nulle envie de contredire, et dont personne ne se montrera trop étonné. Il en sera autrement du défaut de bravoure imputé au soldat qui a été universellement considéré, dans les traditions de l'armée française, comme l'un des plus intrépides lieutenants du général Bonaparte. L'histoire particulière du drapeau d'Arcole ne serait qu'une fable, ainsi que Marmont est venu le révéler au monde après qu'un demi-siècle avait consacré l'inscription de ce fait d'armes dans nos fastes nationaux , que l'histoire générale des merveilleuses campagnes d'Italie n'en renfermerait pas moins, à chaque page, d'irrécusables témoignages contre la parole suspecte et les calomnies posthumes de Marmont. Les Mémoires

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