LIVRE DEUXIEME
CâMPâGNKS D'iTâliII. -^ Ll 18 riUCTIDOI. — TtftlTi Dl CAMPO-VOUIIO.
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Ce n'est pas seulement sur le général en chef que Marmont établit j dans le secret de sa conscience , une surveillance continue et une juridiction souve* raine. Sans perdre de vue Bonaparte, il se mit à épier et à juger en même temps les autres officiers généraux de Farmée. Masséna figure en tête de cette revue. A voir Tauteur des Mémoires rendre hommage à quelques-unes des grandes qualités du fils chéri de la Victoire j à sa bravoure, à son impassibilité dans le danger j à son activité, à sa pénétration , à la sûreté de son commerce , à sa franchise de bon camarade ^ on croirait que Marmont a triomphé cette fois de sa répugnance à proclamer la supériorité d'aucun de ses compagnons d'armes : ce serait une erreur. Marmont ne consent guère à louer qu'après avoir rais en réserve des traits bien acérés, et qui puissent meurtrir profondément et faire retomber tout
à coup à ses pieds Thomme qu'il a semblé un instant élever au-dessus de lui-même. Ainsi Masséna n'est reconnu naturellement spirituel , incomparablement brave , plein de ressources dans le combat, de calme dans le danger, que sous la condition d'être signalé à la même page (I, 147) comme pauvre cF instruction ^ fort avide ^ trhs-avare^ compromis dans de petites affaires ^ mal famé même avant d'être riche, s'' occupant peu de maintenir V ordre parmi ses troupes et de pourvoir à leurs besoins, faisant des dispositions médiocres avant de combattre, et n'ayant pas en lui les éléments nécessaires à un général en chef de premier ordre, (l, 1 48.) Voilà le Masséna de M. de Raguse ! Ce n'est pas tout à fait celui de la tradition populaire , celui d'Essling et de Zurich , le Masséna de l'histoire, moins jalouse, elle, de faire ressortir les défauts et les taches, que d'entourer de vives lumières les talents et les services.
Âugereau semblait se recommander à Marmont par une communauté de torts et de flétrissure. Le nom du duc de Gastiglione avait été associé à celui du duc de Raguse dans la proclamation vengeresse du golfe Juan. Ce rapprochement, sous le coup d'une môme sentence , n'a fait que rendre Marmont plus sévère , plus dur, plus impitoyable pour son coaccusé. On dirait qu'il a tenu à se distinguer d'autant plus d' Augereau par les qualités et le mérite, que Napoléon s'était appliqué à les confondre l'un