‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 151 sur 189 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

Jamais il n'aura une plus belle occasion de gagner le bâton de maréchal. y> (Manuscrit de 1813, 11,259,260.)

Le troisième jour de la bataille de Dresde , Napoléon , assis dans un champ , au bord de la route de Pyma , sur une chaise qu*on avait été chercher dans une chaumière voisine , interrogeait les gens du pays sur les opérations que le corps de Yandamme avait dû faire dans les environs. Il apprit que les mesures qu'il avait prescrites s'exécutaient , que le général Yandamme, ayant débouché le 25 par le pont de Lilienstein sur Konigstein , avait repris le 26 la position de Pyma , après avoir combattu quinze mille Russes qui gardaient ce débouché , sous les ordres du duc de Wurtemberg. Il sut que le 27 au matin Yandamme interceptait la grande route de Prague à Dresde, et que c'était à la nouvelle de sa marche que les alliés, vaincus devant Dresde , n'avaient plus hésité à se retirer par les montagnes. Enfin il fut averti que dans la matinée de cette journée même , 28 août, Yandamme était encore aux prises avec le duc de Wurtemberg , et qu'il le rejetait en ce moment sur les hauteurs de la frontière de Bohême. Le soir, il devait arriver à Hollendorf, et* peut-être à Péterswalde.

a Ainsi cette grande porte de la Bohême ^ comme dit le baron Fain, allait être fermée à l'ennemi, et Yandamme allait voir arriver sous son feu une

partie des colonnes que l'armée française chassait devant elle. Ainsi toutes les opérations en se développant se prêtaient un mutuel appui, et le succès dépassait toutes les espérances. » {Manuscrit de 4JB13,II,294,295.)

Telle était la position de Tarmée victorieuse le 28 août au soir. Le lendemain , Yandamme j voulant poursuivre ses avantages de la veille , descendit avec son avant-garde jusqu'à Gulm. Il y rencontra un corps russe qui lui barra le chemin et Tempécha d'enlever Tœplitz, ce qui aurait pu avoir des résultats immenses. Persistant néanmoins à forcer le passage du défilé , il appela à lui son corps d'armée tout entier, et dégarnit ainsi les hauteurs de Péterswalde. Mais le corps russe d'Ostermann avait été renforcé , et Yandamme , n'ayant guèi:e que vingt mille hommes sous ses ordres, eut bientôt sur les bras une armée de près de deux cent mille hommes. Un épouvantable désastre s'ensuivit. Le premier corps de l'armée française se trouva anéanti. Quand Napoléon apprit cet affreux événement, il exprima son étonnement de la précipitation de Yandanune à se jeter avec toutes ses forces et sans réserve dans le fond de la Bohême. « A une armée qui fuit, répétait-il sans cesse , il faut faire un pont d'or ou opposer une barrière d'acier. Or, Yandamme ne pouvait pas être cette barrière d'acier. »

Cependant l'Empereur, qui connaissait la capacité

Page 1