LIVRE TREIZIÈME
champs^ montrèrent bientôt que l'Empereur avait toujours le secret des merveilleuses combinaisons , et que ses troupes , dociles à sa puissante impul* sion , bien loin d*étre atteintes d'un découragement
* Le duc de Baguse a inséré dans ses Mémoires une anecdote relatiTe au combat de Vauchamps , et dans laquelle il impute au maréchal Grouchy des faits qui ont provoqué la protestation suivante publiée par le MonUettr :
<c J'ai attendu pour répondre aux calomnies et assertions mensongères du duc de Baguse que les derniers volumes de ses Mémoires posthumes aient paru. Sa haine et sa jalousie débordent dans chaque chapitre contre tous ses anciens compagnons d'armes ; pouvait-il en être autrement pour mon père?
» Déjà de nombreuses et énergiques réclamations appuyées de pièces authentiques ont fait justice de ces Mémoires calomnieux; je viens encore donner de nouvelles preuves de la mauvaise foi de leur auteur.
» Ainsi, dans le sixième volume, on lit textuellement :
« Le général Grouchy, dont la cavalerie était restée à Champaubert , » vint de sa personne me demander à souper, ce qui était bien fait; » j'avais sur ma table l'épée du prince Ourousoff ; le général Grouchy » me pria de lui en faire cadeau pour remplacer son sabre, qui le gênait » par suite d'une ancienne blessure.... Mais quel fut mon étonnement » quand je lus quelques jours après dans le Moniteur un article ainsi » conçu :
a M. Carbonel, aide de camp du général Grouchy, est arrivé à Paris , » et a remis de la part de son général à S. M. llmpératrice l'épée du » prince Ourousoff qu'il a fait prisonnier à la bataille de Vauchamps. »
» Si le commencement de cette anecdote est vrai , la fin est un mensonge... . La preuve en est donnée par le Moniteur et le général Carbone!, cités par le duc de Baguse; depuis la date de la bataille de Vauchamps, 14 février, jusqu'au 1«' avril 1814 , le journal ne contient point le fait inventé si insidieusement; il mentionne seulement la remise par le ministre de la guerre à S. M. llmpératrice des drapeaux pris aux batailles de Montmirail et Vauchamps. (Moniteur du 27 février 1814.)
» Voici la déclaration du général Carbonel , qui n'était plus aide de camp de mon père depuis 1812 *•
K Mon cher général, je n'ai pas encore lu les Mémoires du duc de
général, n'avaient pas cessé de garder héroïquement les nobles traditions de la valeur française et de rhonneur national.
A la suite de ces nombreuses défaites , les Prussiens s'étaient mis en pleine retraite. Bâcler d*Albe avait porté cette heureuse nouvelle à Paris , et Rumigny s'était rendu, en courrier, à Chàtillon, pour y instruire le duc de Yicence de la situation des affaires. Napoléon avait toute raison de croire à un succès décisif. Les Prussiens ne devaient pas lui échapper. La ville de Soissons leur ouvrit ses portes. Un général , du nom de Moreau , chargé de la défendre, l'avait livrée, un ou deux jours auparavant, à Wintzingerode et àBulow. Cette capitulation précipitée et inattendue sauva Blûcher et trompa les calculs et les espérances de Napoléon. Le duc de Raguse ne prétend plus ici que c'est l'Empereur qui s'est pe^du lui-même à Brienne, à Laon et à
Haguse; mais si mon nom est cité dans le sixième volume de cette
publication comme ayant été chargé par votre père de porter à Plmpé-
ratrice Pépée du général russe Ourousoff fait prisonnier à Étoge , vous
pouvez, mon cher général, démentir avec assurance une semblable
assertion; car, après avoir été assez heureux pour faire à si bonne
école , et sous le patronage d'un aussi remarquable chef, les campagnes
de 1807, 1808, 1809 et 1812, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en
Pologne et en Russie, j*ai été nommé en 1813 aide de camp de M. le
général comte de Narbonne, mort à Torgau, et, après son décès, j'ai
été appelé à la fin de cette campagne à remplir les mêmes fonctions
près du général comte de Flahaut.
» Général Cabbonel. »
M Agréez, etc.
» Général Grouchy. »