LIVRE DEUXIEME
division de son armée, on le dut uniquement à rineptie du général autrichien , qui alla parader inutilement devant Gènes , au lieu de mettre à profit les mauvaises dispositions et les fautes du général français. Marmont le dit expressément.
Mais Bonaparte 9 qui ne pensait pas sans doute alors que son aide de camp attribuerait un jour les premiers succès de l'armée républicaine en Italie au général autrichien qui n'aurait pas su profiter des fautes du général français; Bonaparte a donné aussi, dans ses Mémoires j l'explication des mouvements que Marmont a trouvés si compromettants pour l'armée française. Le jeune général savait très-bien que, n'ayant que 30,000 hommes et 30 pièces de canon à opposer à 80,000 hommes et à 200 pièces de canon , il devait éviter une bataille générale , dans laquelle Vinfériorité du nombre et son infériorité en artillerie et cavalerie ne lui auraient pas permis de résister. Il dut suppléer au nombre par la rapidité des mxirches^ au manque d^ artillerie par la nature des manœuvres j à Vinfériorité de sa cavalerie par le choix des positions. {Mém. de Nap.^ I, 174-175.) L'essentiel était de séparer les armées sarde et autrichienne ^ et c'était dans cet espoir qu'il s'était décidé à péné^ trer en Italie par Savone^ Cadibone^ Carrare et la Bormida, de manière à menacer également la Lombardie et le Piémont^ et à pouvoir marcher sur Milan comme sur Turin. {Id., 171.) Le mouvement sur
Gènes et l'occupation de Vol tri par la division Laharpe avaient donc pour but de faire croire à Beaulieu que Bonaparte songeait sérieusement à pénétrer dans la Lombardie, ainsi qu'il le faisait annoncer partout eti même temps qu'il demandait au gouvernement génois le passage par la Bocchetta et les clefs de Gavi. {Id.y 176.) Les combinaisons du général français réussirent complètement. La mmeur fut extrême dans Gènes ; le sénat j les conseiUse mirent en permor nence. Le contrecoup s'en fit ressentir à Milan. Beaulieu, alarmé , accourut en toute hâte au secours de Gênes ^ et partagea son armée en trois corps. (Id.) Ces dispositions , qui paraissaient bien entendues au pre^ mier aspect y justifièrent les prévisions et remplirent les vues de Bonaparte , en divisant les forces ennemies, tandis que V armée française, au contraire, était placée de maniire à powooir se réunir en peu d'heures et tomher en masse sur Vun ou sur l'autre des corps ennemis. {Id., 477.) Tout se passa ainsi que Bonaparte l'avait prévu. D'éclatants succès couronnèrent l'habileté de ses calculs et la promptitude de ses manœuvres. Montelegino, où Rampon^ à la tête d'un bataillon de la 32"" demi-brigade , fit des prodiges de valeur, prépara la mémorable journée de Montenotte, dont le vainqueur, oublieux de l'illustration de ses ancêtres , voulut faire la seule date de sa noblesse. C'est ainsi que le général en chef de l'armée française mérita le reproche d'avoir placé