‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 18 sur 189 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

ses troupes en l'air et de les avoir mises à la discré-' tion du général autrichien.

Mais ce n'est pas seulement à l'ineptie de Beaulieu^ allant parader devant Gènes au lieu de suivre les conseils de Golli, que Marmont s'en prend du bonheur de Bonaparte, dont la fortune aurait , selon lui j couvert les imprudences et les fautes par des victoires. GoUi a son tour dans la responsabilité que l'aide de camp du général français fait peser sur lés généraux étrangers dans les rapides succès de l'armée républicaine 9 comme s'il se mêlait un peu de regret, dans l'âme du duc de Raguse, au souvenir des triomphes que l'on devait croire avoir fait la joie et l'orgueil de Marmont dans sa première jeunesse.

Après la bataille de Dégo, le général Provera reçut du général Golli l'ordre de se maintenir au vieux château de Gossario et de le défendre à outrance. « Rien, dit Marmont, ne peut justifier une pareille disposition; ce poste, isolé du reste de l'armée , nous gênait , mais ne défendait rien , et les troupes qui l'occupaient ne pouvaient y rester trois jours, puisqu'elles s'y trouvaient sans vivres, sans eau et sans munitions. Les Piémontais de Montésimo et du camp retranché de Ce va devaient, sans perdre nn instant, tomber sur la division Augereau, qui couvrait notre gauche, la culbuter et venir au secours des Autrichiens, avec lesquels nous étions aux prises.

Si ce mouvement^ indiqué et commandé par V évidence y

*eût été exécuté j^ il est possible que cette méhorable CAMPAGiiE , à juste titre V admiration des gens du mé^lier y et destinée à être Vétonnement de la postérité, eut ÉCHOUÉ EN NAISSANT , car, cû supposaiit même que les succès des Piémontais n'eussent pas été complets et décisifs 9 si les événements nous eussent forcés à séjourner seulement huit jours de plus dans la vallée de la Bormida, la mishre et V embarras des subsistances, dont les effets étaient portés à leur comble dès le quairïèmejour et causaient les plus grands désordres, auraient détruit V armée; elle aurait cessé d' EXISTER... r. » {Mém. deMarmontj 1, 158-159.)

Ainsi , il dépendit successivement des deux généraux en chef des armées ennemies, Beaulieu et GoUi, d'anéantir l'armée française et de faire avorter, au début, la campagne qui devait élever si haut Bonaparte et la France. Il fallut que le premier, qui était pourtant un officier distingué, ayant acquis de la réputation dans les campagnes du Nord {Mém. de Nap., 1 , 1 71 ) , négligeât de marcher vigoureusement sur les troupes françaises mises à sa discrétion par leur chef, et que le second , dont Marmont reconnaît d'ailleurs le mérite, s'abstînt de faire un mouvement indiqué et commandé par r évidence, pour que la campagne d'Italie n'échouât pas en naissant et que

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