‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 178 sur 189 · LIVRE TItKteliMfe. toi · texte numérisé non relu

LIVRE TItKteliMfe. toi

alarma les généraux , mntiis des instractions de Marmont^ éi qui les détermina à exécuter le mou-' vement i^ar Versailles^ tel qti'il avait été convenu^ et sans tenir compté de la stispension conditionnelle* ment pf escrite^

Mais les soldats dti 6^ corps ignoraient le pacte de leur général en chef a^ec l^ennemi ^ et ^ eu arri-' vaut à Versailles, ils se répandirent dans led mes et snr les places , accusant hautement leurs généraux et demandant à rejoindre l'Empereur. Les officiers partageaient l'indignation et l'emportement des soldats. Les colonels, animés du même esprit, se réu* nirent chez l'un d'entre eux, le colonel Ordener, et convinrent d'emmener le 6* corps à Rambouillet, et de là à Fontainebleau.

Le maréchal Bfarmont se rendait alors à Versailles. Êtàit-ce pour y ramener ses lieutenants au devoît, et pour leur reprocher d'avoir, en son absence , et malgré l^opposition énergique de Fabvier, son aide de camp , repriê Vea^écuUan de leur coupable dessein? S'il avait été étrauger à cet acte criminel ^ n'auratt-il pas été impatient d'en punir les auteurs et d^en arrêter les Conséquences ? Est-ce là ce qu'il fit à Versailles?

Non^ le duc de Râguse, arrivé daUs cette ville ^ ne fut pressé que de courir après les soldats et les officiers fidèles qui allaient rejoindre l'Empereur^ afin de les faire rentrer dans la voie de la défection*

Ml RKKUTATION DBS IIBUOiReS IMJ DUC DK RAGUSE.

Son empressement et son succès mirent en relief sa complicité, ou plutôt sa culpabilité principale, son initiative, dans le mouvement des chefs du 6^ corps. Il mentionne Taccueil qu'il reçut le soir, dans le salon de M. de Talleyrand (où il fut d'autant plus fêté et complimenté j que sa présence et son récit firent cesser de vives inquiétudes ^ YI , 269) , sans s'apercevoir que les félicitations dont le souvenir semble le flatter ne pouvaient que confirmer l'accusation dont les générations contemporaines l'ont chargé, et qu'il s'est efforcé de faire retomber sur ses lieutenants.

Napoléon ne voulut pas croire d'abord à la défection du duc de Raguse. Quand il ne lui fut plus permis d'en douter, il se livra aux idées les plus sombres , et ne rompit le silence que pour s'écrier : « L'ingrat! il sera plus malheureux que moi! »

L'Empereur publia ensuite un ordre du jour où il signalait à l'armée la trahison de Marmont : « Le soldat, disait-il, suit la fortune et l'infortune de son général, son honneur et sa religion. Le duc de Raguse n'a point inspiré ce sentiment à ses compagnons d'armes; il a passé aux alliés Si l'Empereur avait méprisé les hommes , comme on le lui a reproché, alors le monde reconnaîtrait aujourd'hui qu'il a eu des raisons qui motivaient son mépris I^ bonheur de la France paraissait être

dans la destinée de l'Empereur; aujourd'hui que la

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