‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 179 sur 189 · LIVRE TREIZIEME. VOS · texte numérisé non relu

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fortune s*est décidée contre lui, ia volonté de la nation seule pourrait le persuader de rester plus longtemps sur le trône L'armée peut être certaine que rhonneur de l'Empereur ne sera jamais en contradiction avec le bonheur de la France. »

L'Empereur avait alors abdiqué en faveur de son fils. La défection du duc de Raguse enhardit les alliés à repousser cette condition et à exiger une abdication complète. L'armée leur semblait abandonner la cause de Napoléon ; Fontainebleau n'était plus une position militaire. Napoléon repoussa d'abord avec indignation les exigences de l'étranger; il finit par céder aux sollicitations des grands officiers de la couronne. « Vous voulez du repos , leur dit-il , ayezen donc 1 Hélas 1 vous ne savez pas combien de cha^ grins et de dangers vous attendent sur vos lits de duvet! Quelques années de cette paix que vous allez payer si cher moissonneront un plus grand nombre d'entre vous que n'aurait fait la guerre , la guerre la plus désespérée 1 » Puis, prenant une plume, il écrivit et signa une renonciation, pour lui et ses enfants, aux trônes de France et d'Itali^, déclarant qu'il n'était aucun sacrifice qu'il ne fût prêt à faire aux intérêts de la France.

Le triomphe de l'orgueil et de l'envie est complet. Napoléon , déchu , insulté , prisonnier, va être conduit à l'île d'Elbe, et Marmont, devenu le héros de l'armée sous l'occupation étrangère , prend l'at-

Mk RÉFinrATION DBS MBIfOllES DU DUC DE RAGUSE.

titude d'un arbitre suprême des destinées de la France^ et il se croit assez puissant pour menacer un membre du gouvernement nouveau^ qu'il ne troure pas assez respectueux envers hàf de le fadre sauter par la /enôre* (VII, 7.)

Mais cette haute influence ne procura pas une félldté parfaite au duc de Baguse. Le souvenir des événements d'Essonne fut pour lui la source de eut* sants chagrins * (YI, 269)^ si bien qu'en rédigeant ses Mémoires^ il en est venu à dire qp'U ne regrettait qu'une seule chose^ c'était de n'avoir pas suivi Napoléon à Vile d'Elbe^ après qu'il fut descendu du trône. (Jd.) Il n'aurait pas moins fallu, en effet; que cette résolution , héroïquement exécutée tant à Ttle d'Elbe qu'à Sainte- Hélène ^ pour que le duc de Raguse, après sa conduite des premiers jours d'avril 4814, put parvenir à persuader ses contemporains que son jugement et son raisonnemetit avaient été seuls coupables dans les funestes événements de cette époque. Mais le marédtal Marmont ne suivit son bienfaiteur, tombé du premier trène du monde, ni dans sdn exil de la Méditerranée ni dans sa prison de l'Océan ; il aima mieux se laisser faire capitaine des gardes du prince qu'il affectait autr^ois d'appeler le prétendu roi de France, en se glonfiaiit d'avoir contribué à le diasser de yérooe.

' Napoléon ayait été prophète quand il s^était écrié, en apprenant la déf06tioftAitdncde]Ugiifle:«L'mgrat!il 8erai^asmftHieiireaxqa«Moi! »

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