LIVRE QUATOMIÈlflS
pereur, détrôné par un million de soldats étrangers et reprenant ensuite le sceptre avec une poignée de soldats français; à côté de TEmpereur mourant captif à Sainte«Hélène , et ramené en France pour y présider, du fond de sa tombe, après plus d'un quart de siècle, à Télection de l'héritier de son nom et de sa mission , par six millions de suffrages !
L'Empereur, déchu, prisonnier au milieu des mers , abreuvé d'outrages , séparé des siens et manquant de tout , ne perdit jamais le sentiment de la puissance de son nom et de rinfluence de son sou« venir sur l'avenir de la France , parce qu'il sentait profondément aussi la puissance de l'idée qu'il avait merveilleusement liée à ce nom; et que, loin d'ac« cepter le rôle éphémère d'un parvenu politique, comme ses ennemis voulaient le lui assigner dans leurs actes et dans l'histoire , il se considérait tou« jours, au contraire, comme le fondateur de Tordre dans le domaine de là révolution , comme le génie organisateur de la démocratie française, chargé de transmettre la continuation de son œuvre à ceux de sa race qui hériteraient en môme temps de son nom et de sa pensée , et qui mériteraient et obtiendraient comme lui la confiance de la nation.
C'est sous l'empire de ces préoccupations, qui ont acquis depuis un caractère prophétique , que , quinze jours seulement avant sa mort, il formula ainsi le programme politique des chefs de la nou*-
4^ RÉFUTATION DES UÉHOiRBS DU DUC DE RAGUSE.
velle France j pour être appliqué dans la suite des temps à la société européenne tout entière :
c< Établir partout des institutions qui fassent disparaître les traces de la féodalité , qui assurent la dignité de Thomme, développent les germes de prospérité qui dorment depuis des siècles, faire partager à la généralité ce qui n'est aujourd'hui que Tapanage du petit nombre. »
Napoléon , captif, faisait son testament politique comme s'il était encore sur le trône ; il donnait pour double tâche à ses successeurs de relever la dignité nationale et d'améliorer la condition des classes la* borieuses. Mais quand il signalait la nécessité de faire partager à la généralité ce qui n'était que l'apanage du petit nombre, il entendait que cette satisfaction des vœux , des intérêts et des besoins populaires, serait graduellement assurée aux masses, par des réformes politiques, sans brusque déplacement de la fortune, sans atteinte brutale aux droits acquis, sans agrariat, sans communisme.
L'avenir dira .comment cette mission nationale et populaire, religieusement acceptée, a été remplie avec gloire au dehors et poursuivie avec sollicitude au dedans ' .
* Les gi*ands perfectionnements sociaux s'effectuèrent, aux beaux jours de Pancienne monarchie, par Faction lente des idées et par le concours de la puissance souveraine , auxiliaire du travail confre le privilège. Le prêtre et le bourgeois furent admis successivement au droit de propriété primitiventent réservé au Qoble, sans que cette grande