‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 30 sur 189 · LIVRE DEOXIÈ&IE · texte numérisé non relu

LIVRE DEOXIÈ&IE

même à Sainte-Hélène. (Mém. de Napoléon j I, 240.) M. Thiers l'a reproduit à peu près dans les mêmes termes en 1 828 (Histoire de la Révolution^ YIII, 282- 283), sous les yeux du duc de Raguse, qui s'empressait sans doute , comme tout le monde , de lire les pages si attrayantes sorties de la plume de l'illustre historien , et qui avait déjà pu connaître également les Mémoires de Sainte-Hélhne. Mais il n'en- . tendait pas acquiescer par son silence au témoignage de ces imposantes autorités, ni renoncer par là au bénéfice du conte qu'il préparait peut-être dès lors pour représenter le général Bonaparte s'esquivant à pied par une petite porte, et prenant ensuite le cheval d'un fuyajd pour gagner solitairement le pont où était le refuge, après avoir refusé de se fier à la bravoure de son escorte et de marcher à sa tête pour s'ouvrir un passage à travers l'ennemi.

Tout est donc mensonge dans ce tableau. L'ennemi, dont la présence dans le village aurait amené la perte de Bonaparte, d'après Marmont, y parut réellement et parvint jusqu'au logement du général ; et ce fut le piquet d'escorte lui-même, dans lequel se trouvait Marmont, qui sortit tout entier avec le général par une porte de derrière , en traversant les jardins, et tout disposé à passer sur le ventre de l'ennemi, s'il se fût présenté.

On aurait peine à comprendre cette première tentative de faire apparaître un léger nuage sur l'un

des plus grands courages qui aient brillé dans les fastes militaires de la France et de tous les pays , si Ton ne savait que le maréchal Marmont ne fait ici qu'essayer son audace pour la retrouver plus tard suffisamment exercée et l'appliquer mieux à Taise à des insinuations de même nature j dans des cir« constances plus graves , dans une crise décisive ^ à un moment suprême , sur le champ de bataille de Waterloo.

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