LIVRE TROISIÈME. JS
Cependant le duc de Raguse rattache une autre anecdote à cette menace de descente en Angleterre dont Napoléon a révélé la portée mystérieuse , et l'aide de camp ne craint pas de fournir des détails sur un plan que le général en chef déclare n'avoir imaginé alors que pour cacher ses véritables des<seins. A en croire Marmont, Bonaparte songeait très-sérieusement à cette expédition, et il n'y renonça qu'après son inspection des côtes. « Huit jours , dit-il , suffirent pour lui démontrer la disproportion existante entre le but et les moyens. Il fallait tout créer, et un temps très-considérable devait y être nécessairement consacré. Il ne trouvait pas d'ailleurs dans le Directoire la force et la tenue nécessaires à des travaux d'une aussi longue haleine, et, dès lors, il crut devoir y renoncer. A son retour, il me dit à peu près ces paroles : « // n'y a rien à faire avec ces gens-là ; ils ne comprennent rien de ce qui est grand; ils nont aucune puissance d'exécution. Il nous faudrait une flottille pour l'expédition, et déjà les Anglais ont plus de bateaux que nous. Les préparatifs, pour réussir, sont audessus de nos forces ; il faut en revenir à nos projets sur l'Orient : c'est là qu'il y a de grands résultats à obtenir. ))(I, 347,348.)
Le témoignage de Napoléon donne un démenti formel à cette citation. L'inspection des côtes ne pouvait pas faire renoncer le général Bonaparte à
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rexpéditkm d'An^eteire pour nuneDW sa pensée vers rOiieat, puisque rexpéditkm ditgjfle était déjà déddée, et que les coursa myslirieuses deBonor parte en Xarmandie, en Picardie et en Belgi^, ne fureni entreprises que pour inqmAer d'autant plus Londres et masquer davantage les préparatifs dans le Midi. Mais il Êdlait qae la descente en Angteterre en 1798 prit un caractère certain et sérieux dans rbistoire pour que le duc de Raguse pût bro* der sur ce projet l'incident qui relevait moralement au-dessus de Duroc , et la confidence qui rabaissait si durement les membres du Directoire. De là le parti si bravement pris par le duc de Raguse de faire sa version sans s'arrêter aux attestations contraires du général Bonaparte.
L'expédition d'Orient résolue , Marmont conserva ses fonctions auprès de son général et partit avec lui pour aller s'embarquer à Toulon , où ii trouva les vaisseaux mal armés ^ les équipages incomplets et peu instruits, les bâtiments de guerre encombrés de troupes et de matériel d'artillerie qui gênaient la ma^ nceuvre. (1, 355-356.)
Mais avant d'entamer le récit de l'expédition , il croit devoir raconter le voyage de Bonaparte à tra-