‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 102 sur 207 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

membres choisis par vous dans les différentes classes de rinstitut. C'est là que l'Europe savante doit chercher des juges pour résoudre la question dont il s'agit. Une grande vérité^ une vérité physique ^ pal^ pable^ est devant mes yeux. Ce sera à ces messieurs de la voir et de tâcher de la saisir. Aussitôt le rapport fait, il vous sera transmis, et vous me l'enverrez. Tâchez que tout cela ne soit pas l'affaire de plus de huit jours ^ car je suis impatient.

» Napoléon. »

Devant cette lettre, l'homme à préjugés disparaît, et l'ennemi des innovations fait place au provocateur infatigable et au protecteur constant des améliorations en toute chose.

Marmont attestait naguère que le Premier Consul avait voulu sérieusement la paix à Amiens , et que le renouvellement de la guerre avec la Grande-Bretagne l'avait ensuite vivement contrarié.

Mais la guerre une fois déclarée. Napoléon dut s^occuper des moyens de la conduire à un prompt et vaste résultat. Il médita et prépara activement à cette fin une descente en Angleterre. « La faiblesse de Villeneuve, dit Marmont, son irrésolution, ont

tout fait manquer. x> (H, 215.) Cependant le gouvernement anglais, menacé dans Londres même, s'était efforcé de rallumer la gaerre sur le continent, et il était parvenu à former une nouvelle coalition, dans le Nord, contre la France. Cette diversion n'aurait pas suffi pour faire renoncer Napoléon à son idée d'une descente sur le sol britannique , si le concours de l'escadre de l'amiral Villeneuve, sur lequel il avait principalement compté , ne lui eût fait défaut, car il disait à Marmont pendant la campagne d'Allemagne : « Si nous eussions débarque en Angleterre et que nous fussions entrés à Londres, comme cela aurait incontestablement eu lieu, les femmes de Strasbourg auraient suffi pour défendre la frontière. » (II, 216.)

Le duc de Raguse place ici une anecdote relative au général Foy, et, comme toujours, sous l'apparence d'une vive sympathie pour l'un de ses anciens camarades, il s'attache à faire remarquer, dans l'illustre orateur dont la France adopta depuis les enfants, des habitudes et des défauts qu'il n'est pas fâché d'opposer à l'admiration et à la reconnaissance nationales.

« Un soir, dit-il , étant allé travailler aux Tuileries avec le Premier Consul, il me dit brusquement: « Que fait à Paris le colonel Foy ?» Je lui répondis : (( Mon général , il est en congé , et s'occupe , je » crois, de ses plaisirs. » Il me dit : « Non, il intri*

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