LIVRE SEPTIEME
BKS TEMPS MODERNES , présentaient le spectacle le plus auguste qui fût jamais. Rien ne manquait à la céré* roonie : j'en ai vu depuis deux autres du même genre y elles étaient belles; mais^ dans celle-ci, la gloire des armes, le triomphe de la civilisation et l'intérêt de l'humanité en faisaient à la fois l'éclat et romement. » (II, 244 ,)
Ck)mment concilier ce langage enthousiaste sur la réunion de toutes les capacités et de toutes les gloires ^ groupées autour du trône de Vhomme le plus marquant des temps modernes y avec la persistance que le duc de Raguse a mise jusqu'ici à dénigrer toutes les célébrités contemporaines , sans en excepter celle qui domine toutes les autres ?
Est-il maintenant converti ? Le spectacle auguste du couronnement l'a-t-il éclairé tout à coup sur le mérite des hommes qu'il déchirait naguère ; et pouvons-nous croire qu'il soit sincèrement disposé à ne plus écouter les conseils de l'envie, quand elle viendra l'exciter encore contre les gloires et les capacités dont la France est justement iBière , et parti*» culièrement contre la plus haute des renommées dest temps modernes ?
Le maréchal Marmont, après avoir peint sous de si vives couleurs l'imposante et majestueuse céré<> monie du couronnement, n'a pas voulu quitter la plume sans nous avoir fourni immédiatement une réponse formelle aux questions que ce mouvement
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inattendu de justice et de bienveillance ^ de la part d'un détracteur maniaque, devait nécessairement soulever.
c< Cette grande circonstance du couronnement, cette solennité si imposante à l'occasion de l'érection d'un trône , devaient faire une impression profonde sur Napoléon. Il semblait que son âme ardente dût éprouver sa plus grande expansion, être enfin dans la plénitude de ses jouissances. Eh bien , il en était autrement. Son ambition était si vaste, que déjà il trouvait la terre trop petite pour lui; ce sentiment, manifesté à cette occasion, n'a jamais cessé d'agir sur son esprit avec une nouvelle force, et au point de finir par lui inspirer quelque croyance à une origine céleste.
» Le lendemain de son couronnement, il dit à Decrès , ministre de la marine , en causant familièrement avec lui (et celui-ci me l'a répété après), ces paroles : « Je suis venu trop tard ; les hommes sont » trop éclairés : il n'y a plus rien à faire de grandi » — Comment, sirel votre destinée me semble avoir » assez d'éclat : quoi de plus grand que d'occuper le )) premier trône du monde, quand on est parti du rang » de simple officier d'artillerie? — Oui, répondit-il, » ma carrière est belle, j'en conviens, j'ai fait un beau » chemin; mais quelle différence avec l'antiquité! » Voyez Alexandre : après avoir conquis l'Asie et » s'être annoncé aux peuples comme fils de Jupiter,