‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 129 sur 207 · LIVRE NEUVIKME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIKME

S ni.

Ce n'est pas assez pour le duc de Raguse d'avoir dénaturé le grand fait d'armes de Wagram , en haine de Napoléon * et des généraux signalés dans les Mémoires du grand homme, il éprouve le besoin de donner des proportions plus larges à son système de dénigrement, et d'étendre à l'armée tout entière ses remarques et ses observations malveillantes. Il mentionne donc une panique qui se produisit dans Tarmée française à la suite de la bataille de Wagram , et qui fut occasionnée par des coureurs du corps de Tarchiduc Jean, tombés à l'improviste sur des maraudeurs.

a Les terreurs paniques , dit le duc de Raguse ,

1 Mannont, qui a reconnu maintes fois la sensibilité Traie dont Napoléon était doué , semble vouloir la mettre en doute à Poccasion d^une visite de l'Empereur au champ de bataille de Wagram. '< Je n*ai jamais compris, dit -il, Pespèce de curiosité qu'il éprouvait à voir les morts et les mourants couvrant ainsi la terre. » (IH, 243.) Cette curiosité s'explique pourtant par une sollicitude que Napoléon avait montrée eonstamment, et qui prenait sa source dans un vif sentiment d'humanité. î\ tenait à voir par lui-même si les blessés n'étaient pas oubliés parmi les morts, et si cette partie essentielle du service administratif de l'armée était faite avec soin et exactitude, il remplissait ce pénible devoir après un combat en Italie , lorsque quelques officiers de son étatmajor ayant fait une remarque peu convenable sur un chien qui ne voulait pas abandonner le cadavre d^un officier autrichien , il leur dit : Messieurs, ce chien vous donne une leçon cV humanité.

sont un triste symptôme de l'état moral d'une armée. Il en est arrivé quelquefois dans les armées françaises ; mais ce n'est jamais dans leur bon temps. L'armée d'Austerlitz et celle d'Iéna n'en ont pas offert d'exemple. Les paniques sont toujours la preuve d'un grand relâchement dans la discipline, d'un défaut de confiance et d'une altération dans les vertus militaires. »

Le duc de Raguse est pressé , on le* voit, de signaler l'approche de la décadence , nonnseulement pour le grand homme , mais aussi pour la grande armée. Qui l'aurait crul Ces fiers vainqueurs de l'Autriche, redoutés et admirés de toute l'Europe, et dont la Providence marquait encore les nouvelles et glorieuses étapes du nord au midi du continent, n'avaient déjà plus à Wagram les vertus militaires des temps d'Austerlitz et d'Iéna 1 C'est un soldat français, à qui la journée de Wagram valut la plus haute dignité de l'armée, qui semble heureux de faire apparaître et remarquer ce signe de déclin au sein du plus beau triomphe. Pourquoi cette précipitatioD impie ? Parce que ce soldat a trahi depuis les lauriers de Wagram et de toutes les immortelles campagnes de la République et de l'Empire , et qu'il a cm atténuer son crime en montrant la vertu militaire comme altérée dès 1 809, et menant fatalement, par sa ruine accélérée, aux revers et aux péripéties de 1 81 4. Misérable calcul ! Pour justifier son épée d'une trahison

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