‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 146 sur 207 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

de l'impression qu'il en avait reçue , par une lettre , sous la date du 2 septembre^ et qui était ainsi conçue :

a Monsieur le duc de Feltre, j'ai reçu le rapport du duc de Raguse sur la bataille du 22. Il est impossible de rien lire de plus insignifiant ; il y a plus de fatras et plus de rouages que dans une horloge ; et pas un mot qui fasse connaître l'état réel des choses.

» Voici ma manière de voir sur cette affaire et la conduite que vous devez tenir :

» Vous attendrez que le duc de Raguse soit arrivé, qu'il soit remis de sa blessure et à peu près entièrement rétabli. Vous lui demanderez alors de répondre i^tégoriquement à ces questions :

» Pourquoi a-t-il livré bataille sans les ordres de son général en chef?

)» Placé y par les dispositions générales de l'armée, à Salamanque , il était tout simple qu'il se défendit s'il était attaqué; mais puisqu'il avait évacué Salamanque de plusieurs marches, pourquoi n'en a-t-il pas instruit son général en chef ?

>? Pourquoi n'a-t-il pas pris ses ordres sur le parti qu'il devait suivre , subordonné au système général de nos armées d'Espagne?,..

p Et comment pouvait-il sortir de la défensive pour prendre l'offensive, sans attendre la réunion et le secours d'un corps de quinze à dix -sept mille hommes ?

3iS RÉFIJTATION DES MÉIfOIRES DU DUC DE RAGUSE.

» Le roi avait ordonné à l'armée du Nord d'envoyer sa cavalerie à son secours; elle était en marche.

» Le duc de Raguse ne pouvait l'ignorer, puisque cette cavalerie est arrivée le soir de la bataille.

» En faisant coïncider ces deux circonstances, d'avoir pris l'offensive sans les ordres de son général en chef et de n'avoir pas retardé la bataille de deux jours pour recevoir quinze mille hommes d'infanterie que lui amenait le roi et quinze cents chevaux de l'armée du Nord , on est fondé à penser que le duc de Raguse a craint que le roi ne participe au siœch^ et qu'il a sacrifié à la vanité la gloire de la patrie et l'avantage de mon service

)) Vous ferez connaître au duc de Raguse , en temps opportun , combien je suis indigné de la conduite inexplicable qu'il a tenue j en n'attendant pas deux jours que les secours de l'armée du centre et de l'armée du Nord le rejoignissent. » {Mémoires du roi Joseph j IX, 82.)

L'indignation de l'Empereur était certes bien légitime. Mais le mécontentement une fois exprimé, avec plus ou moins de vivacité et d'amertume, le meilleur des hommes ', comme l'appelait Marmont, ne tardait pas à reparaître , et il inclinait toujours à la clémence. On a dit communément qu'il s'était

* La mère de Napoléon disait de lui : « L'Empereur a beau fidre, U est bon ! » Tous ceux qui Pont tu de pràs, ses détracteurs eux-mêmes , ont partagé le sentiment de sa mère.

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