LIVRE ONZIKIIE
une ou deux divisions sur Badajoz , quand Badajoz est une place forte et que le duc de Dalmatie a quatre-vingt mille hommes.... Enfin si Wellington marehait sur Badajoz^ vous avez un moyen sûi^^ prompt et triomphant de le rappeler^ celui de marcher sur Almeida ou Rodrigo. » (/6., 335.)
Le duc de Raguse n'avait marché sur aucune place frontière du Portugal; il n'avait menacé ni Goïmbre ni Lisbonne ; il n'avait rien fait pour inquiéter incessamment les Anglais de ce côté , suivant les intentions de l'Empereur; et quand il avait manqué aussi évidemment à l'esprit et à la lettre de ses instructions, il osait écrire au major général, de qui elles émanaient, que c'était par pure obéissance à ces mêmes instructions qu'il avait gardé la position qui était devenue le théâtre de sa défaite. Il croyait sa justification parfaite, quand il avait retranché deux lignes sur quatre dans les prescriptions de l'Empereur, transmises par Berthier, et que , dénaturant les ordres du major général en les lui rappelant à lui-même, il s'était fait dire tout simplement ; a Si Wellington marche sur Badajoz^ laissez-le aller ^ rassemblez votre armée j il vous reviendra vite; au lieu d'ajouter : et marchez droit sur Almeidaj et poussez des pointes sur Cdimhre. Wellington reviendra bien vite sur vous. »
Tous ces petits expédients n'étaient pas faits pour réussir auprès de l'Empereur. D'ailleurs, les torts
310 RÉFUTATION DES HâlOIRES DU DUC DE RAGUSE.
nouveaux du duo de Raguse dana Taffidre des Ara-* piles furent d*une nature si grave et eurent des conséquences si désastreuses que Napoléon dut braver les inconvénients d'un éclat et faire demander des explications formelles à son ancien aide de camp. Il paraissait certain que le soldat vaniteux et indisciplinable, qui avait laissé échapper Tocoasion de détruire Tannée autrichienne à Znaïm, pour éviter d'être placé sous les ordres de Davout, s*était laissé battre à Salamanque par l'armée anglaise pour n'avoir pas voulu attendre un renfort qui lui aurait donné un supérieur sur le champ de bataille dans la personne du roi Joseph. Marmont a protesté contre cette accusation en niant avoir reçu les lettres et les messages qui lui annonçaient l'approche de ce renfort. Mais sa dénégation manque tout à fait de vrai* semblance, Joseph lui avait adressé de nombreux émissaires pour mieux s'assurer que son avis lui parviendrait à temps ; et l'on trouva chez le général Sarnit j qui commandait une division de l'armée de Portugal y l'un des billets envoyés par le roi au général en chef de cette armée.
Marmont , interpellé par le ministre de la guerre au nom de l'Empereur, élabora un rapport où l'obs* curité et les embarras de la rédaction trahissaient la gène et les difficultés de la justification, Cette pièce parvint à Napoléon à Moscou. Dès qu'il en eut pris connaissance , il se hâta d'aviser son minisbre