LIVRE DOUZIÈME
seulement le joug de son imlinct violent j mais que ce despote si hautain , si entêté , si jaloux de la pré-< dominance de son opinion et de sa volonté , s'était S(Kimis aussi à l'influence d'un conseiller funeste qui flattait ses passions ^ adoptait toutes ses illusions et même les rendait encore plus éblouissantes. Le duc de Raguse désigne ce conseiller; il nomme le duc de Basftano^ et lui consacre quelques lignes injurieuses : la trahison ne devait pas moins à la fidélité. Au portrait que Marmont a osé faire du duc de Bassano, l'histoire opposera celui que Napoléon a tracé luimême dans ses Mémoires. « Maret, disait-il, est un homme très-habile, d'un caractère doux, de fort bonnes manières, d'une probité et d'une délicatesse à toute épreuve, j) (Mémoires de Napoléon.)
La guerre reprit donc son cours, non parce que Napoléon s'était laissé aller tout à la fois à la faugue de son caracthre^ à la passion qui le dominait et à une espèce de finasserie toujours fort de son goût (V, 133), mais parce que l'Angleterre et les puissances du Nord n'avaient jamais voulu sincèrement la paix, parce qu'elles n'avaient pas cessé de pousser l'Autriche à se réunir à elles dans les conférences successives de Reichenbach
et de Trachenberg% pendant que les diplomates russes et prussiens simulaient à Prague le désir et Tespoir de la conciliation; parce que l'Autriche partageait tous leurs ressentiments et brûlait de se joindre à la coalition contre la France'.
Cette guerre , qui recommençait en 1813, n'était^ elle pas toujours en effet la même guerre que TAutriche avait soutenue, la première, en 1792, contre la révolution française, la croisade de la vieille Europe contre le mouvement démocratique de 89? Si quelques révolutionnaires de France, plus préoccupés des formes politiques que des tendances so-»
' Le duc de Bassano avait informé Napoléon de tout ce qui s'était passé dans ces conférences , malgré le secret dont elles ayaient été entourées. c( C'est à Trachenberg, dit M. de Monvéïan , en présence des plénipotentiaires anglais et autrichiens , que ron se donnait rendez» vous dans le camp de l'ennemi. Les conférences de Trachenberg commencèrent le 9 juillet. V (M. de Monvéran sur l* Angleterre, VI, 275.)
^ c II devenait difficile, dit le Manuscrit de 1813, de douter des intentions de 1* Autriche , et du résultat du prétendu congrès de Prague, qui était terminé avant d*être commencé. » {Mantiscrit de 1813 , tome II, page 83.)
L'empereur Napoléon mit à Pépreuve la sincérité de l'Autriche et des autres puissances par la déclaration qu'il chargea M. de Bubna de porter à son souverain que la France adoptait dans leur entier les con* ditions énoncées par M. de Mettemich. M. de Bubna, en montant dans sa calèche , dit être persuadé que Vange de la paix y montait avec lui. 11 devait avoir rempli son message décisif le 14 août, deux jours avant la reprise des hostilités. L'Autriche garda le silence et commença la guerre.
Napoléon persista néanmoinsdans ses efforts pour la paix. (Id., 97, 98.) Il fit proposer l'ouverture d'un nouveau congrès, que M. de Metternich ajourna indéfiniment.. (/(/, lOl )