LIVRE DOUZIEME. d
Ctmtinuant sa tournée^ il traverse la ville et se rend à Lindenau^ auprès du général Bertrand. Il ordonne à celm<î de se mettre en marche pour Lutzen^ et de gagner sans perdre de temps les défilés de la Saule , dont il doit rester maître.
» En revenant j il visite les ponts de Lindenau, donne des ordres pour qu'on établisse dans les marais voisins quelques nouveaux passages qui puissent faci'^ liter la traversée de ce long défilé y et fait relever les postes du général Bertrand à Lindenau par deux divisions de la garde ^ sous le commandement du duc de Trévise. Enfin ^ à huit heures ^ f Empereur revient d StatferitZj où son quartier général s'est établi dans la nuit. Mais à peine a-t-il mis pied à terre que le canon de Schwartzenberg se fait entendre. Aussitôt il remonte à cheval pour se porter à la position du moulin. Tout rétat-major de l'armée le suit. » (Manuscrit de i 81 3 , II, 416, 417, 418.)
C'est ainsi que Napoléon se montra insouciant et s'endormit entre le canon de Vachau et celui de Leipzig.
A Leipzig, l'Empereur et ses lieutenants, sans en excepter Marmont , maintinrent la haute renommée des armes françaises. Mais les défections trompèrent tous les calculs, et rendirent vains tous, les héroïsmes*. Napoléon eut à subir encore une re-
' Le duc de Raguse admet bien que Phéroïsme ne lui fit pas défaut h lui-même, mais il s*en faut qu'il rende la même justice à ses frères
défection. Demandons^leur ce que faisait TEmpereur le 1 7 octobre , et s'il est vrai qu'il soit restéoisif et impassible dans sa tente, quand l'heure de la retraite était évidemment venue , et que c'était le moment de déployer la plus vive sollicitude et la plus grande activité.
a La nuit arrive, dit le secrétaire de Napoléon, la pluie tombe à verse sur les bivouacs. Un profond silence règne autour des tentes du quartier général, jusqu'au moment où le lever de la lune vient dissiper l'obscurité de la plaine. Alors le mouvement prescrit commence à s'eœécuter.
» Les équipages et les caissons se mettent en route pour traverser Leipzig et gagner Lindenau. On brûle çà et là des caissons vides qu'on ne peut emmener, et les explosions qui en résultent sur divers points achèvent de réveiller le camp.
» L'Empereur quitte son bivouac à une heure du matin ^ et se porte d'abord dans la direction de Leip^ zig. Arrivé à V embranchement des deux routes de Rocklitz et de Grimma , il cherche à reconnaître le phr teau^ qui va devenir le centre de notre nouvelle posi^ tion. Un moulin à tabac sur une éminence appelée le Thonberg lui parait un emplacement favorable pour son état-major.
» L'Empereur se fait ensuite conduire à ReudrUtz, où le prince de la Moscowa a son quartier général. Il le réveille et lui donne ses ordres pour le lendemain.