‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 198 sur 207 · LIVRE QUATORZIÈME* 4S · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME* 4S

C'est que cette confiance soudaine et insolite sert de prétexte au maréchal Marmont pour accuser le maréchal Davout, et pour essayer d'établir, à son propre avantage, une comparaison entre les deux capitulations de Paris , de 1 81 4 et de 1 81 5.

Si Paris pouvait être défendu , ce n'était pas seulement par le maréchal Davout ni par tout autre de ses collègues. La première condition de la défense , c'était la présence de l'Empereur à la tête de Tar** mée , et l'Empereur fut sommé d'abdiquer un© seconde fois,

Le libéralisme parlementaire exigea ce sacrifice sans prévoir que sa sollicitude pour la liberté serait fatale à l'indépendance nationale. Fier de reparaître sous les auspices d'anciennes illustrations et de célébrités naissantes ; espérant trouver la nation docile à la voix de ses tribuns, il se crut assez populaire et assez fort pour se charger seul des des<^ tiuées de la France et pour entreprendre de la préserver de la contre-révolution, sans le bras et le génie du grand homme en qui la révolution s'était incarnée.

Quand cette illusion de quelques illustres vétérans de 89 et des jeunes libéraux de 1815 se produisit, elle souleva une méfiance universelle. L'armée criait : Plm d' Empereur , plus de soldats I Et le peuple, dans son admirable instinct, ne se montrait pas plus confiant que l'armée. C'était là ce qu'avait

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pressenti Camot , lorsqu'il s'était élevé seul dans le conseil contre Tabdication de TEmpereur; lui, le votant solitaire contre l'Empire , au sein du Tribu* nat ; lui , l'organisateur de la victoire sous la Convention; lui, le démocrate sage et ferme sous tous les régimes.

Le grand officier de l'Empire qui marchait à la trahison d'Essonne quand le républicain du Tribunal allait prendre la défense d'Anvers, dut juger autrement que lui la seconde abdication de Napoléon. Le duc de Raguse ne croyait plus depuis longtemps au prestige qui avait entouré autrefois le nom de son général ; sans cela il eût été moins prompt à abandonner la cause de l'Empire. N'a-t-il pas osé dire que dès 1 809 l'opinion publique était fortement prononcée contre le grand homme? Si , après Waterloo, le nom de l'Empereur est encore bruyamment invoqué , Marmont ne voit donc dans ces démonstra* tions que les cris insignifiants de quelques groupes d'ouvriers ou de gens du peuple^ qui pouvaient bien entretenir Napoléon dans ses illusions, mais qui étaient appréciés à leur juste valeur par les gens sensés de son entourage. (VII, 130.) A ses yeux, l'Empereur et l'Empire sont perdus pour toujours.

L'opinion de Marmont n'a pas été isolée. En dehors des ouvriers et des gens du peuple, qui forment, il est vrai, le gros de la nation, et dans ce monde plus élevé où Napoléon signalait, en 184 4,

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